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Formation : passer du textile à la restauration

1 décembre 2005, 00:00

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Une lueur d?espoir pour les ex-employées de la zone franche. Le ministère des Droits de la femme propose des cours de restauration à celles ayant perdu leur emploi dans le secteur de l?habillement. Financés par un fonds des Nations unies, les cours visent à les aider à créer leur propre entreprise. Le lancement de cette formation a eu lieu samedi à l?école hôtelière en présence de la ministre Indira Seebun.

Au départ, ce sont 15 femmes de la région sud qui bénéficieront du programme. Le ministère compte ensuite étendre le projet à d?autres endroits. Les cours s?échelonnent sur cinq mois et ont lieu chaque samedi, de 8 heures à 14 heures.

Lors de son discours, Indira Seebun a souligné que cette formation est un moyen inespéré pour ces femmes de pouvoir voler de leurs propres ailes. ?A la fin de cette formation, je veux que vous lanciez votre entreprise de restauration?, a-t-elle lancé en guise de motivation. Et pour les aider encore plus : elle leur promet la priorité pour les contrats de restauration dans différents ministères. Des facilités financières leur seront également offertes pour l?achat d?équipement, notamment à travers des emprunts auprès de la Development Bank of Mauritius, à des taux très compétitifs.

Monique Betty, 56 ans, fait partie de ces 15 femmes qui suivront ces cours. Employée de l?usine de textile Floréal Knitwear, elle s?est retrouvée à la porte en 2004. ?C?est à ce moment-là que le monde s?est écroulé pour moi?, explique-t-elle. Cette mère de trois enfants était machiniste. Elle touchait Rs 7 000 par mois en comptant les heures supplémentaires. Depuis qu?elle n?a plus de job, vivre est devenu un vrai parcours du combattant.

Elle a contracté un emprunt de Rs 60 000 qu?elle doit rembourser tous les mois à hauteur de Rs 1 334. Et c?est sans compter la location de sa maison de Rs 1 200 et les dépenses de tous les jours.

?La vie est devenue trop chère. D?un seul coup, moi qui assurais une partie de ces frais, je me suis retrouvée sans rien. C?est dur à vivre?, avoue-t-elle. Des repas avec de la viande ou du poulet, ce n?est pas tous les jours qu?elle peut se le permettre.

Son mari touche un salaire modeste et prendra sa retraite dans un an. Sa pension n?étant pas importante, elle espère qu?après cette formation, elle pourra monter sa propre boîte.

Comme elle, Collette Quirin,38 ans, lutte pour survivre. Cette mère de trois enfants a perdu son emploi, rémunéré Rs 4 000 par mois, en août 2004. L?entreprise, comme beaucoup d?autres, a dû licencier car elle n?avait plus de commandes. ?C?était un véritable choc pour moi. Perdre son emploi du jour au lendemain n?est pas une chose facile. Mon mari qui est soudeur dans la propriété de Mont Trésor ne peut à lui seul subvenir aux besoins de la famille?, explique-t-elle.

A la fin du mois, c?est à peine si elle arrive à joindre les deux bouts. Son souhait : que cette formation lui permette d?arriver à créer sa propre entreprise. Et de pouvoir enfin sortir la tête de l?eau.

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