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Formation : guerre ouverte entre internes et spécialistes
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Formation : guerre ouverte entre internes et spécialistes
Les médecins spécialistes sont en colère. Ils se réunissent en urgence aujourd?hui pour discuter des difficultés relatives à la formation des jeunes médecins. Leurs méthodes d?évaluation ont été publiquement contestées par les internes, dans une lettre publiée par l?express. Cette lettre est donc le signe d?une guerre ouverte entre internes et spécialistes, relançant ainsi le débat sur la nécessité d?un examen avant l?enregistrement des médecins.
Ainsi, après avoir lu dans l?express les récriminations des internes, l?association des médecins spécialistes a vivement réagi. Son secrétaire général, le Dr Baboo Servansingh, a fait part de sa «grande irritation. Nous n?allons pas laver notre linge sale en public, mais nous comptons bien reprendre la question avec le ministère de la Santé. Cette lettre cause énormément de préjudices. Comment voulez-vous que les gens aient confiance dans le système si les spécialistes sont traités de la sorte ?»
<B>Arbitraire</B>
Un des jeunes médecins en formation se dit outré de l?attitude des spécialistes : «Loin de nous valoriser et de nous aider, ils ne font que nous traiter comme des incompétents. Il règne la perception que ceux qui étudient à Maurice ou dans des pays de l?Est sont forcément d?un mauvais niveau. C?est du bashing.» Dans leur lettre, les jeunes internes n?hésitent pas à remettre en question les compétences de ceux qui les forment et les évaluent. Ils accusent aussi les spécialistes de les empêcher arbitrairement de passer avec succès leurs évaluations.
A cela, un spécialiste en pédiatrie réplique qu?«il y a eu peut-être quelques dérapages, mais c?est faux de dire que les spécialistes s?acharnent sur ces jeunes médecins. Ils sont la relève de demain et nous devons nous assurer qu?ils aient le niveau nécessaire». Avant de faire remarquer que le niveau de certains jeunes n?est pas très élevé?
Le spécialiste espère que la nouvelle disposition de loi exigeant des critères minimaux de qualification avant d?entreprendre des études médicales aidera à rehausser le niveau des aspirants. De son côté, le Dr Rajendra Goordyal, président du Conseil de l?Ordre des médecins, ne souhaite pas s?exprimer quant à sa proposition d?examen avant l?enregistrement des médecins : «Il y aura des discussions sur ce sujet, mais nous ne comptons pas en parler pour le moment.»
Il faut dire que ce dossier n?a pas beaucoup avancé au ministère de la Santé. Car les propositions pour améliorer le système ne manquent pas, mais sont souvent contradictoires. Au Mauritius Institute of Health, (MIH), on n?est pas en faveur des examens. Le MIH est d?avis qu?un comité indépendant, présidé par le Regional Health Director, est plus à même de suivre et d?évaluer la formation des internes. De leur côté, les consultants des hôpitaux avaient suggéré la présence d?un comité de consultants dans chaque spécialité, pour évaluer la formation des étudiants en médecine.
<B>Harmonisation</B>
Pour le moment, il n?y a pas d?harmonisation des méthodes entre les hôpitaux. Après avoir travaillé dans des départements spécifiques à l?hôpital, les internes sont évalués par des spécialistes de l?unité. A la pédiatrie de Flacq, par exemple, ils doivent passer des interrogations écrites et orales. Mais tous les hôpitaux ne procèdent pas de la même manière.
Il y a un an, à la demande du Conseil des ministres, le MIH avait remis au ministère de la Santé un rapport évoquant les manquements de l?internat. Depuis les choses n?ont pas changé : les prises de bec entre spécialistes et internes continuent de plus belle. Au MIH, on est surtout convaincu que, vu le nombre grandissant d?internes, il faut structurer la formation. L?institut attend que ses propositions soient discutées au niveau des autorités.
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