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?Food Act? : des amendements pour une meilleure application

19 septembre 2007, 20:00

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La réglementation stricte votée en 1998 sur l?alimentation s?applique difficilement. A l?heure où il est encore question de l?amender à nouveau, force est de constater que cette loi Deerpalsing reste un bouledogue sans dents sur certains aspects, notamment sur celui de l?hygiène.

La preuve : les marchands de ?mine?, de ?briani? ou de ?rotis? à proximité de la gare Ian Palach à Curepipe. Le chef inspecteur sanitaire au ministère de la Santé, Sunil Sohun, fait cependant valoir que ?nous faisons de notre mieux. Et autant que je m?en souvienne, ces personnes à Curepipe ont déjà été prises en contravention?.

Plus de 74 amendements au Food Act font actuellement l?objet de discussions entre le ministère de la Santé et le State Law Office. Il s?agira, entre autres, de contrôler le taux d?épices, d?exiger que les restaurateurs et marchands indiquent de manière visible les plats végétariens, le contrôle des mélanges d?huiles ? car l?huile de palme contient plus de graisses saturées ? et la révision du minimum de ?nutrient level? de différents composants dont les protéines et les hydrates de carbone. Il est même question que la vente de poissons et ses conditions de stockage soient bien définies. Des règlements par rapport au contenu minimal de certains composants dans les produits pour enfants et nourrissons sont aussi à l?étude.

Mais il n?empêche que, déjà, l?application du Food Act laisse à désirer. Des sources proches du dossier font ressortir qu?à Port-Louis, il n?y a eu qu?une seule contravention pour les trois derniers mois concernant la vente de nourriture. A Rose-Hill, les inspecteurs sanitaires ont épinglé trois personnes pour non-respect des normes sanitaires. Mais ces quelques rares contraventions interpellent. Cette situation est due au manque d?effectif mais il est aussi question de relâchement. ?Cette législation sévère, qui avait pourtant de bonnes intentions, est laborieuse dans son application. Cela, pour diverses raisons?, font valoir des proches du dossier.

<B>Marchands de grillades</B>

Un inspecteur sanitaire explique, à titre d?exemple, que les marchands de ?dholl-puris? doivent avoir, à leur côté, quelqu?un qui s?occupe des paiements. Mais, pour des raisons pratiques, les marchands ne veulent pas employer une autre personne.

Autre difficulté, relate l?inspecteur sanitaire : le port de gants par les marchands de ?rotis?. Ces derniers ont souligné que ces gants les gênent dans leur travail et les inspecteurs sanitaires sont indulgents à ce sujet.

Sunil Sohun réplique que ?s?il est possible de se laver la main à plusieurs reprises, il n?en est pas de même pour les gants qui peuvent être contaminés à la suite de diverses manipulations. Par contre, nous exigeons que les marchands de gâteaux utilisent des gants ou des pincettes?.

Plusieurs autres dispositions de la loi restent lettres mortes : le port d?un bonnet, surtout pour les femmes qui vendent des aliments, fumer en vendant de la nourriture? Ces délits échappent souvent à la vigilance des inspecteurs sanitaires. L?excuse avancée est que l?ancien ministre, Kishore Deerpalsing, aurait été trop loin dans ses mesures.

Aujourd?hui, les inspecteurs sanitaires sont impuissants face à ces nombreux marchands de grillades qui se sont installés aux quatre coins de l?île. ?Comme nos horaires de travail sont de 8 h 45 à 16 heures, après les heures, il n?y a pas de contrôle. Mais devant cette prolifération, j?ai demandé qu?il y ait une unité spéciale après les heures pour mettre de l?ordre. J?attends la réponse du ministère?, précise Sunil Sohun.

<B>?Un vrai danger?</B>

S?agissant des grillades, l?ancien ministre de la Santé, Ashock Jugnauth, fait ressortir que ?j?avais insisté pour que ce soit dans des espaces fermés. Mais, depuis, il y a un laisser-aller sur ce dossier?.

Le technicien Sunil Sohun est également d?avis qu?il n?est pas acceptable que ces grillades se fassent en plein air dans la poussière et à la portée d?insectes et de mouches. ?C?est un vrai danger pour la santé publique?, insiste-t-il.

C?est pour cela, dit-il, que les inspecteurs visitent régulièrement les cuisines pour les nouveaux food premises en particulier ou encore, ils prennent des échantillons de l?huile?.

Mais il faut, insiste Sunil Sohun, que la population nous aide en dénonçant ces marchands peu scrupuleux en appelant au bureau sanitaire. Il se souvient qu?il a été bousculé par les habitants le jour où il s?en est pris aux marchands de légumes de Curepipe?

Un autre de ses collègues explique qu?il avait servi quatre contraventions à un marchand de grillades à Bel-Air. Ce dernier a été poursuivi et a payé Rs 7 000 d?amende. Mais aujourd?hui encore, il pratique toujours dans les mêmes conditions? Sans compter ceux qui utilisent, selon un responsable sanitaire, des leviers politiques pour ?casser leur contravention?.

En revanche, Sunil Sohun se dit fier du travail de son équipe concernant l?étiquetage. ?Notre loi est vraiment stricte à ce sujet mais, petit à petit, nous y sommes arrivés. Il y a l?exemple d?un hypermarché dont les produits ne correspondaient aux critères de labelling. Ses produits ont été rejetés. Après maintes condamnations, il respecte désormais scrupuleusement les règles.?

A ce niveau, l?ancien ministre de la Santé, Ashock Jugnauth, trouve que si la loi de 1999 va dans une très bonne direction, il ?n?empêche, comme nous sommes un petit marché, que les importateurs n?arrivent pas toujours à convaincre leurs fournisseurs de respecter les critères de la loi sur le labelling?.

Entre-temps, la loi essaie quand même de diminuer les imperfections...

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