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Folles rumeurs, soupçons et ouï-dire

10 juillet 2004, 20:00

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C?est la trame classique pour les assassinats. Tout le monde devient un suspect potentiel par la police, même les proches de la victime. Voilà pourquoi dans l?affaire Nadine Dantier, le petit ami, Bruno Tadebois, et l?époux de la mère, Jean-Yvon Dantier, ont subi des prélèvements qui ont été comparés aux empreintes génétiques masculines trouvées sur le corps de la malheureuse.

Au début de l?enquête qui a démarré après la découverte du cadavre de la jeune fille dans un terrain abandonné à Albion, les enquêteurs n?avaient qu?à ouvrir les oreilles pour écouter les folles rumeurs qui circulaient.

À l?époque, des renseignements étaient fournis quant à une hypothétique liaison amoureuse de Nadine Dantier avec un autre jeune. Le beau-père n?a pas non plus été épargné par les mauvaises langues.

Il a aussi été question d?une querelle entre Nadine et son petit ami à la gare routière de Rose Hill, quelques heures avant qu?elle ne soit portée manquante.

Bruno n?aurait pas pris le bus jusqu?à St-Martin comme il l?aurait déclaré, croient même savoir des proches de la victime, se fondant sur certaines informations recueillies après le drame.

La présence d?un « deuxième homme »

Voilà pourquoi trois semaines après les funérailles de Nadine, et après avoir appris l?existence de la lettre, les Dantier ont voulu réclamer une exhumation pour récupérer le document glissé par Bruno dans le cercueil.

Non pas qu?ils soupçonnent le jeune homme d?être l?auteur de la tragédie qui les affecte, mais pour voir plus clair dans la relation entre les deux tourtereaux.

« Ils pensent peut-être que Bruno sait des choses, mais qu?il ne veut pas parler », avoue l?un d?eux. Les parents sont même partis à la rencontre d?un haut responsable du Central Criminal Investigation Department (CCID) pour faire aboutir leur projet.

Mais à l?époque, les limiers du CCID et de la police criminelle d?Albion pensaient être sur une bonne piste. De fait, Marcellin Azie a alors été arrêté un mois après et, ayant avoué le crime, les proches de la victimes n?ont pas donné suite à ce projet.

Dans l?intervalle, un rapport préliminaire des examens ADN est arrivé d?Afrique du Sud. Signalant la présence de l?ADN d?un « deuxième homme » sur les lieux du crime, il lavait de tout blâme ceux qui se sont prêtés à des prélèvements.

Des résultats qui tardent

Même Marcellin Azie, qui entretemps, clamait son innocence et déclarait avoir fait des confessions parce qu?il avait peur de la police.

Le doute s?est donc installé de nouveau chez les Dantier. Pour n?épargner aucune piste pouvant amener à élucider l?assassinat de leur enfant, ils ont juré un affidavit en fin de semaine dernière pour réclamer l?exhumation.

Quoi qu?il en soit, il nous revient que le Parquet n?accédera pas à la requête des Dantier, selon des milieux proches des Casernes centrales. En effet, cette exhumation n?est pas faite dans le cadre d?une contre autopsie.

Un médecin légiste explique que même si la requête de la famille de Nadine est acceptée, il y a peu de chances que la lettre soit en bon état, ayant sans doute été abîmée par les fluides du corps en décomposition.

Au niveau des enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT), qui a repris le dossier, on indique qu?aucun soupçon ne pèse sur Bruno Tadebois.

Par rapport aux informations données aux proches de la victime à l?effet qu?il ne serait pas monté dans l?autobus de l?UBS à la Place Margéot, les limiers expliquent qu?aucun témoin n?est venu à ce jour pour soutenir de tels propos.

De son côté, Bruno Tadebois se refuse à tout commentaire. Cependant dans les milieux proches du jeune homme, l?on indique que celui-ci est très serein et qu?il n?est pas inquiet quant à la démarche de la famille Dantier.

« Je n?ai aucune objection à l?exhumation pour que l?on puisse lire la lettre glissée par moi au su et au vu de tous dans le cercueil de Nadine. Si cela peut aider à faire la lumière sur tout ce qui s?est passé et faire avancer l?enquête, je n?ai strictement rien à cacher », faisait-il ressortir dans les colonnes de l?express, mardi.

De son côté, Me Rama Valayden, l?avocat du principal suspect, Marcellin Azie, voit là un signe que les proches de la victime considèrent son client comme « innocent ».

La semaine prochaine, il compte présenter une motion de remise en liberté conditionnelle pour Azie auprès du tribunal de Bambous. Pour l?avocat, il n?y a pas suffisamment de preuves contre son client.

« Les témoignages des proches et des amis de mon client démontrent qu?il ne pouvait être sur les lieux du crime. Il n?y a pas non plus de trace de son ADN sur la victime », déclare Me Valayden. Il a transmis une lettre à l?adjoint au commissaire de police (DCP) Tangavel Seerunghen, responsable du CCID, le 29 juin dernier, lui demandant de revoir l?accusation portée contre son client.

À ce jour, seuls les résultats des tests ADN sur les autres suspects interrogés récemment détermineront qui est le coupable du viol et de l?assassinat de Nadine Dantier. Mais ils tardent? En France, en décembre dernier, la police a pu retrouver le meurtrier d?une adolescente grâce au test ADN après quatre mois. Plus de 200 suspects avaient été soumis à des prélèvements.

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