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Flatteries

27 novembre 2006, 00:00

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A Solitude, hier, Navin Ramgoolam a tiré à boulets rouges contre Paul Bérenger mais a distribué des compliments au MSM. L?honneur qui est fait à Pravind Jugnauth ne lui fera pas forcément rougir de plaisir. Il sait qu?entre politiciens les flatteries ne sont jamais sincères. Si le leader du PTr dit qu?il trouve désormais des qualités au Mouvement socialiste militant (MSM), c?est sans doute parce qu?il veut semer la zizanie au sein de l?opposition.

Navin Ramgoolam ne veut prendre aucun risque. Son équipe connaît des difficultés sur le terrain et il compte sur la désunion de l?opposition pour surmonter l?épreuve. Il sait qu?un front électoral se profile depuis quelque temps pour organiser l?alternance mais que les tractations sont laborieuses. Un froid s?est installé, ces derniers jours, entre le Mouvement militant mauricien (MMM) et le MSM et le leader du Parti travailliste (PTr) en profite pour accentuer la mésentente. C?est de bonne guerre.

Le Premier ministre déclare que le MSM, contrairement au MMM, émet des ?critiques positives?. Il se réjouit de la destitution de l?ancien leader de l?opposition et trouve que c?est ?surtout? le MMM qui fait de la démagogie. Il reprend avec délectation des propos de l?ancien leader du MSM, Anerood Jugnauth, sur la motivation de la diaspora mauricienne mais affiche la hargne envers le leader du MMM. Il prédit que Paul Bérenger ne retournera jamais au pouvoir. Tout cela est cohérent. Sa tactique est transparente.

Navin Ramgoolam n?aura pas trop d?efforts à faire pour retarder la concrétisation d?une alliance entre le MSM et le MMM. La sortie du tunnel est encore loin pour ces deux partis. Ils ont des vues inconciliables sur le poste de Premier ministre de l?alternance. Pour Pravind Jugnauth, il n'est pas question que Paul Bérenger présente sa candidature à ce poste. Cela permettra, selon lui, au PTr d?axer sa campagne sur un argumentaire ethnique et conduira à une nouvelle défaite de l?alliance MMM-MSM. Pour sa part, le MMM argue que son ancrage électoral est de loin plus solide que celui de son éventuel partenaire et qu?il n?est pas question de demander à son leader historique de s?effacer devant le chef d?un petit parti. Entre ces deux positions, il ne sera pas facile de trouver une formule qui satisfait les deux partis à la fois.

Pendant qu?ils sont à la recherche d?un terrain d?entente, leur adversaire commun tentera de mettre des bâtons dans leurs roues. C?est son droit. Mais Navin Ramgoolam n?est pas crédible quand il qualifie les propositions du MSM de ?constructives?. Pour séduire l?électorat, le parti de Pravind Jugnauth n?hésite pas à proposer des mesures populistes et aussi dangereuses que le transport gratuit des travaillistes. Il y a deux semaines, à Rivière-du-Rempart, il promettait, qu?en cas de retour au pouvoir, il abolira la National Residential Property Tax et la taxe sur les intérêts bancaires. Il affirme qu?il éliminera graduellement l?Income Tax et la Corporate Tax. Il s?est gardé, bien évidemment, de révéler comment l?Etat fera pour équilibrer son budget s?il sacrifie tous ces revenus.

Le PTr tentera d?instiller le poison de la méfiance car il craint une opposition unie. Le MMM et le MSM peineront à avancer dans leurs négociations car ils disposent de peu de marge de manoeuvre pour un compromis. Ce sera le statu quo pour longtemps à moins que nos politiciens, fidèles à leurs infidélités, nouent des alliances inédites.

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