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Financements à hauts risques
Jacques de Navacelle, le patron de la Barclays, à Maurice prône la prudence parmi les banques commerciales. Dans l?entrevue qu?il accorde à ?l?express? (voir en page 13), il explique pourquoi les banquiers devront se montrer plus disciplinés avant d?avancer des financements. Les institutions bancaires ont certes besoin de mieux gérer leurs risques de crédit. Mais il y a toujours le risque que l?activité économique puisse souffrir de ce retour aux pratiques défensives. La nouvelle économie, soit un ensemble d?activités à hauts risques financiers, sera peut-être la première victime.
La ?narrow banking? ne servira pas les intérêts de la transformation économique tant promise. Pourtant, les banques ont un grand besoin d?être très sélectives et de ne rien faire pour saper la confiance de leurs déposants, surtout après les récents scandales financiers. Comment donc réconcilier cette préoccupation avec la nécessité de mieux soutenir la croissance ?
Le TEST (?Textile Emergency Support Team?) propose une manière très intelligente d?aborder la problématique. L?argent sera disponible aux entreprises en difficulté mais qui ont tout de même des chances très nettes de s?en sortir. Les banques commerciales qui ont été parfois un peu trop généreuses à l?égard de certains canards boiteux n?auront aucune raison d?avancer des prêts de façon indisciplinée.
Quelle est donc la solution qui s?offre aux industries de technologie que le pays veut promouvoir ? L?histoire récente des activités à forte intensité technologique a prouvé que des plans d?accompagnement financier innovants et audacieux sont une condition sine qua non pour la réussite. Si les banques ne peuvent plus faire le jeu, il est grand temps d?identifier et de développer des modes de financement alternatifs.
Les fonds de capital-risques (?venture capital funds?) ont donc un rôle plus positif à ce chapitre, car ils correspondent mieux au profil risques-retours des activités concernées. Ils ont fait leurs preuves dans le ?technology-financing? en Europe et aux Etats-Unis, même si beaucoup d?entre eux ont fait naufrage après l?explosion de la bulle Internet au début de la décennie. Le boom IT est de retour, et les pourvoyeurs de ?venture capital? ont aujourd?hui plus de métier pour éviter les erreurs d?hier.
Pourtant, Maurice, cyber-île en devenir, reste loin de toute cette mouvance. Il y a plusieurs niveaux de transfert de connaissance à effectuer. Importer le savoir-faire technologique uniquement ne suffit pas. Toute l?infrastructure de support, dont les incubateurs et les solutions financières, doit aller de pair.
Le paysage financier mauricien s?habitue graduellement aux concepts de capital-risques. Le National Equity Fund (NEF) a été lancé l?année dernière, tandis que la Mauritius Commercial Bank (MCB) met en place son Equity Fund. Mais ces fonds visent essentiellement une clientèle de grosses entreprises. Les petites et moyennes entreprises (PME) ne s?y retrouvent pas.
Pourtant, ce sont elles qui sont plus à même de développer les technologies nouvelles. Le SMEFIN, plan de financement qui était destiné aux petits et moyens entrepreneurs est un mort-né. S?il existe une grande volonté politique en faveur de la promotion des technologies de l?information et des communications (Tic), il y a une nette insuffisance concernant les moyens à encadrer convenablement les techno-entrepreneurs.
Le support aux opérateurs, même s?il existe, reste très institutionnel. Le défi c?est de concevoir des plans de soutien avec les besoins et attentes des entrepreneurs comme véritable point de départ.
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