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Ferney : Ramgoolam ordonne l?arrêt temporaire des travaux

7 octobre 2005, 00:00

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Les écologistes se raccrochent à un dernier espoir. Le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, a réclamé, hier, l?arrêt temporaire des travaux de la construction de l?autoroute du Sud-Est des deux côtés de la vallée de Ferney. Cette décision, applaudie par différentes organisations non gouvernementales (ONg), fait suite à une visite du Premier ministre dans la vallée pour ?examiner de plus près? le tracé de la route mais aussi pour s?assurer que des travaux n?étaient pas en cours dans la vallée. Navin Ramgoolam a aussi donné l?assurance qu?une décision finale sera prise sur ce dossier avant le 15 octobre.

Accompagné d?une délégation ministérielle, ce dernier s?est également rendu sur le quatrième tracé alternatif proposé par la Mahébourg Citizens Welfare Organisation (MCWO).

Visiblement attentif aux revendications des trois ONG ? Eco Sud, Nature Watch et la MCWO ? présentes, Navin Ramgoolam à tenu à connaître les détails du tracé de l?autoroute actuellement en construction en s?aidant de plans très concis. Cette visite intervient sept mois après celle de l?ancien Premier ministre, Paul Bérenger sur le même site.

Sur ces plans, fournis par des officiers des divers ministères concernés, figurent l?emplacement de multiples plantes endémiques menacées de destruction. Plusieurs propositions, venant d?officiers de la Road Development Authority (RDA) pour éviter ces arbres n?ont pas semblé satisfaire Navin Ramgoolam. ?Pourquoi ces espèces endémiques ne figurent-elles pas sur le premier rapport ?? demande-t-il à l?un d?eux. Ce dernier fournit des explications quelque peu confuses qui n?ont convaincu personne.

Un peu plus tard, lors d?une conférence de presse improvisée sous une véranda, le Premier ministre s?est dit conscient de l?importance de la protection de l?écosystème : ?Enn valer enn pie rare pa kapav exprim li en term de roupies.? Toutefois, il a aussi tenu à rappeler les implications légales du contrat qui lie l?Etat mauricien à l?entrepreneur chinois. Et de souligner qu?il ne s?avancera pas sur ce sujet avant qu?une décision finale ne soit prise.

Une confusion, a laissé entendre Navin Ramgoolam, serait à l?origine de la poursuite des travaux de chaque côté de la vallée. ?Quand j?avais demandé de cesser les travaux, les techniciens ont compris qu?il fallait stopper les travaux dans la vallée?, a expliqué le Premier ministre aux différentes Ong présentes.

Le président de Nature Watch, Alvin Brigemohun, a pour sa part affiché sa satisfaction quant à l?attention portée par Navin Ramgoolam aux revendications des ONG. Parmi ces propositions figurent la conversion de la vallée de Ferney en parc naturel et l?adoption du quatrième tracé alternatif mis en avant par la MCWO. ?L?objectif du tracé que nous avons proposé est non seulement d?épargner la vallée, mais aussi de redonner vie à de nombreux villages côtiers qui bénéficieront ainsi du tourisme?, suggère Georges Ah-Yan, le président de la MCWO.

Évaluer le tracé alternative

Les organisations écologiques se sont dans l?ensemble dit ?très satisfaites? de l?issue de cette visite. ?Nous espérons que le gouvernement adoptera une solution plus écologique et que Nature Watch sera incluse sur l?Environment Monitoring Committee?, déclare Alvin Brigemohun.

Devant la détermination du président de la MCWO à voir adopter son tracé alternatif, Navin Ramgoolam a accepté de parcourir une partie de ce tracé pour constater de lui-même la viabilité de ce projet. Une fois de plus, le Premier ministre a tenu à être informé de tous les détails avant de donner l?assurance que ce tracé alternatif sera étudié de près par les techniciens. ?La balle est maintenant dans son camp?, laissent entendre, unanimes, les représentants des différentes organisations écologiques.

RECOURS LÉGAUX

La compensation de Rs 300 millions en question

■ L?arrêt des travaux, a souvent laissé entendre le gouvernement, entraînerait le paiement d?une compensation de quelque Rs 300 millions à la compagnie chinoise chargée de la construction de la route. ?Ce n?est pas aussi simple, le ministère des Infrastructures publiques n?a jamais dévoilé le contrat qui le lie au contracteur chinois et qui stipule que l?Etat devra effectivement payer ces Rs 300 millions?, affirme l?homme de loi de Nature Watch, Me Robin Mardemootoo. Il existe dans ce genre de contrat, explique-t-il, une clause d?arbitrage. ?Or, en cas de litige, le code de la procédure mauricienne donne la possibilité au gouvernement de s?opposer à l?exécution d?une sentence arbitrale si jamais l?arbitre saisi du litige le condamnait à payer des indemnités?, fait ressortir Robin Mardemootoo. Le gouvernement pourrait, selon lui, invoquer ?l?intérêt public? pour contrecarrer l?arbitrage. Et de souligner qu?en cas de procédure judiciaire, le gouvernement peut se défendre en invoquant un ?cas de force majeure? puisque les permis autorisant les travaux de construction ont été octroyés en se basant sur le rapport d?un consultant, considéré par de nombreux experts qui l?ont étudié ?profondément défaillant?. Le rapport en question ne mentionne en effet aucunement que cette forêt abrite des plantes et des animaux endémiques. ?Cette récente découverte constitue pour le gouvernement un moyen pour ne pas exécuter le contrat?, laisse entendre l?homme de loi. Finalement, en cas de clause pénale dans le contrat, explique Robin Mardemootoo, le Code civil prévoit que cette clause pénale est sujette au pouvoir discrétionnaire du juge de la Cour suprême devant qui le gouvernement pourra invoquer la récente découverte de faune et flore endémiques.

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