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Affaire des 155,7 kg de cannabis
Les avocats de Gulshan Govind contestent le mandat de perquisition
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Affaire des 155,7 kg de cannabis
Les avocats de Gulshan Govind contestent le mandat de perquisition
■ L’époux de Véronique Leu-Govind reste en détention. La prochaine échéance est fixée au 7 septembre.
Un nouveau front judiciaire s’est ouvert avec l’affaire des 155,7 kilos de cannabis, évalués à environ Rs 233,55 millions. Devant le tribunal de Bambous, les avocats de la défense de Gulshan Govind ont commencé à contester la charge provisoire de complot en vue d’importer cette drogue à Maurice. Les débats, amorcés le 26 août, reprendront le 7 septembre à 13 heures.
Au cœur de cette contestation se trouve notamment le mandat utilisé par les enquêteurs de l’Anti-Drug and Smuggling Unit lors de la perquisition au domicile de Gulshan Govind, ainsi que les circonstances dans lesquelles cette opération policière a été effectuée. La défense entend ainsi examiner les conditions ayant précédé et entouré cette intervention, dont les résultats ont alimenté les premières étapes de l’enquête visant le suspect.
Lors de cette perquisition, les policiers avaient découvert quatre plants de cannabis ainsi qu’une fiole contenant de la méthadone. Gulshan Govind avait reconnu que les plants lui appartenaient. Au sujet de la méthadone, il avait expliqué aux enquêteurs l’avoir achetée dans l’intention de tenter de se libérer de sa dépendance à la drogue.
Mais ces éléments appartiennent à un volet distinct du dossier. La charge aujourd’hui contestée concerne, elle, le présumé projet d’importation de l’importante cargaison de cannabis à partir de La Réunion. C’est précisément le lien entre Gulshan Govind et cette opération que la défense cherche désormais à mettre à l’épreuve devant la justice.
La motion visant à obtenir la radiation de l’accusation provisoire de complot n’a pas encore été tranchée. L’audience du 26 août a surtout permis à la défense de poser les premiers jalons de son argumentation, avant la reprise des débats. En attendant, Gulshan Govind demeure en détention. La prochaine échéance est fixée au 7 septembre à 13 heures, au tribunal de Bambous.
Derrière cette bataille procédurale se joue une question essentielle pour la défense : les circonstances dans lesquelles les enquêteurs ont obtenu et exécuté le mandat, ainsi que les éléments recueillis à cette occasion, peuvent-ils contribuer à justifier le maintien de la charge de complot ? La réponse appartiendra désormais à la cour.
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Les enquêteurs face à des versions contradictoires
Alors que les enquêteurs de l’ADSU multiplient les interrogatoires, les différents protagonistes avancent chacun leur propre version des faits, compliquant davantage la tâche des enquêteurs chargés de démêler les responsabilités de chacun.
Au cœur du dossier figure Ravindra Chimajee. Entendu longuement en présence de son avocat, Me Nabiil Kaufid, hier, il a rejeté les allégations susceptibles de l’incriminer directement dans l’organisation du trafic. Il n’aurait ni confirmé ni infirmé certaines informations relatives à l’utilisation d’une embarcation qui aurait servi au transport de la marchandise. Face aux questions des enquêteurs, il aurait maintenu une ligne de défense prudente, tout en contestant toute implication dans l’opération.
Le nom de Shaan Kumar Choolun alias «Mithun» revient cependant avec insistance dans les auditions. Considéré comme un maillon important dans les investigations en cours, ce dernier a comparu devant le tribunal de Bambous hier. La police s’est opposée à sa remise en liberté, estimant que l’enquête nécessite encore plusieurs vérifications. L’affaire a ainsi été renvoyée au 7 septembre. Entre-temps, «Mithun» Choolun doit être de nouveau interrogé par les enquêteurs de l’ADSU afin d’éclaircir plusieurs zones d’ombre relevées dans le dossier.
Parallèlement, les autorités réunionnaises poursuivent leurs propres investigations. L’un des suspects arrêtés sur l’île sœur, un agriculteur d’une cinquantaine d’années sans antécédent judiciaire, a lui aussi livré sa version des faits devant la justice. Cet homme avait été appréhendé après la découverte de plusieurs valises contenant au total 155,7 kg de cannabis, dissimulées près du littoral de Bras-Panon.
Selon ses déclarations, il aurait accepté d’apporter son aide à deux connaissances sans mesurer pleinement les conséquences de ses actes. Il reconnaît avoir participé à la préparation et au déplacement des bagages vers une zone côtière où la cargaison devait être récupérée avant d’être expédiée vers Maurice. Toutefois, il minimise son rôle et soutient ne pas être l’organisateur du réseau.
Lors d’une demande de remise en liberté, son avocat a insisté sur sa situation personnelle et familiale. L’agriculteur affirme devoir s’occuper de son élevage et de ses plantations d’ananas, expliquant que son absence mettrait en péril son exploitation. Les autorités judiciaires réunionnaises n’ont toutefois pas été convaincues par ces arguments. Elles considèrent que l’enquête n’en est qu’à ses débuts et que plusieurs aspects d’un trafic présumé opérant depuis de nombreux mois restent à élucider.
Entre Maurice et La Réunion, les enquêteurs tentent désormais de reconstituer avec précision la chaîne de responsabilités. Alors que les versions divergent et que chacun cherche à minimiser son implication, les prochains interrogatoires pourraient s’avérer déterminants. Les autorités soupçonnent l’existence d’un réseau structuré et transfrontalier dont tous les contours restent encore à établir.
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