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Femmes au service de l?info

5 mars 2006, 00:00

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Karishma Beeharee : la nouvelle avant tout

Depuis quatre ans, Karishma Beeharee fait corps avec l?information. Journaliste-présentatrice à Radio One, elle présente chaque matin, la tranche info de la matinale. Radio One a souri à Karishma Beeharee, comme elle sourit à Radio One. C?est là qu?elle s?est épanouie, pour devenir aujourd?hui, la Miss Info de la station de la rue Brown-Sequard. Chaque matin, dans Morning One, c?est elle qui délivre les bonnes comme les mauvaises nouvelles. Sa voix est imposante, sa maîtrise parfaite.

A la radio, on ne triche pas. Il faut autant d?assurance que de technique, pour entamer, sept minutes durant, une véritable course contre la montre, pour ne faire que de l?information. Journaliste-présentatrice, Karishma Beeharee remet chaque jour à l?ouvrage, ses qualités de jeune femme rigoureuse et précise.

Tombée dans la marmite du journalisme alors qu?elle devait suivre les traces de son père, devenu avocat à presque cinquante ans, Karishma Beeharee a aujourd?hui le virus de l?information et de la radio. « Dans ce métier, il faut être curieux de tout. Je ne pourrai jamais me limiter à faire que de la présentation. Etre sur le terrain, c?est une manière intense d?appréhender l?information. Etre à l?antenne, c?est savoir par quel chemin il faut passer avant de divulger une information. Pour moi, ces deux rôles sont indissociables,» explique-t-elle enthousiaste.

Qualité principale dans son métier : avoir l?esprit critique, pour jauger de la véracité de la nouvelle. « Il n?y a pas de petite ou de grande nouvelle, il n?y a que la nouvelle, » explique-t-elle. Et Karishma Beeharee part au quart de tour, lorsqu?elle s?attarde sur les « secteurs » dont elle s?occupe : la politique, le judiciaire, la fraude et la corruption, le commerce et l?industrie. « Quand je suis à l?antenne, j?ai envie de communiquer ma propre curiosité aux auditeurs. J?ai également envie de connaître le dénouement dans telle ou telle affaire. C?est primordial pour moi. Je pense que le jour où je m?intéresserais plus à tous les petits détails qui font un tout, il me faudra changer de métier.»

Depuis quatre ans qu?elle fait ce métier, Karishma Beeharee avoue apprendre chaque jour à devenir meilleure. « Radio One est une école où l?on apprend chaque jour. J?ai appris la rigueur et la persévérance et je pense que je ne cesserai jamais d?apprendre. » Jamais en terrain conquis, elle lit toute la presse, locale et étrangère, pour se tenir constamment informée de tout. Chaque matin, debout à 3h30, arrivée à la station une heure plus tard, elle commence sa course quotidienne contre la montre. Elle épluche chaque texte qu?elle lira à l?antenne, vérifie que chaque bande sonore est calée, parcourt le journal du jour, et la voilà prête pour le flash info de 5 heures. « A l?antenne, je suis seule derrière le micro. Tout doit être clair et limpide pour l?auditeur. Je n?ai pas droit à l?erreur, même si rien n?est acquis. Etre en direct c?est être constamment aux aguets. »

Adepte du yoga

Et c?est là, que Karishma Beeharee sait donner le meilleur d?elle-même. « Je sais parfaitement quand j?ai bien fait mon travail et quand j?aurais pu mieux faire. Il faut aussi savoir être honnête avec soi-même. » Dans ce métier, avance-t-elle, on n?est pas là pour récolter les lauriers de la gloire, mais pour rapporter des faits, et c?est une énorme responsabilité. Il faut du caractère, pour aller au fond des choses, quitte parfois à déranger. Et du caractère, Karishma Beeharee en a ! Forte personnalité, parfois forte tête, elle avoue aujourd?hui s?être un peu assagie. « Je suis devenue un peu plus flexible. Je m?adapte aux gens et aux situations. Je réagis moins sur le vif et je prends davantage de recul. »

Adepte du yoga et du badminton, elle cultive désormais la zen attitude. « C?est primordial pour être bien dans sa peau et dans sa tête ! » lance-t-elle dans un éclat de rire. C?est peut-être en cela, que tient toute sa réussite. « J?ai la chance d?être soutenue et bien entourée et j?ai surtout la chance de faire un métier qui me passionne et qui me permet chaque jour de m?épanouir. » Jamais lasse de se lancer de nouveaux défis, Karishma Beeharee est loin d?avoir dit son dernier mot.

Laxmi Lotha : l?instant présent

Depuis mai dernier, Laxmi Lotha intervient sur les ondes de Radio Plus. Catapultée au grand journal, cette jeune femme confie être toujours étonnée du grand nombre de crimes dans le pays.

Née à Strasbourg de parents mauriciens, Laxmi Lotha veut devenir journaliste. Pour y parvenir, elle se rend à l?école de Tours pour y préparer une licence en journalisme. Elle commencera par la presse écrite pour y faire ses premières armes. Pourtant, un autre désir la titille. Celui de faire de la radio. Laxmi Lotha s?y lance et se rend vite compte que la presse écrite n?a rien de commun à la radio si ce n?est la recherche de nouvelles.

Quand dans la presse écrite, on peut prendre le temps et le plaisir d?écrire, quand on peut s?étendre pour expliquer et présenter, à la radio, tout est différent. Il y a un phénomène d?instantanéité qui rend la chose encore plus compliquée. A la radio, pas le temps de revoir quinze fois une phrase. Tout se joue dans un espace fortement calculé et contrôlé. «Tout cela me plaît. On peut jouer sur les mots tout en faisant très attention », nous déclare Laxmi Lotha.

Ses premiers pas à la radio, elle les effectuera à Radio France. Elle aura l?occasion de se rendre dans différents endroits à l?intérieur de la France. La Picardie ou encore le Périgord en Dordogne seront ses destinations. « Ce que j?aime dans ce métier, c?est le terrain. Aller à la rencontre des gens. Lorsque je suis allée à RFI Paris, j?ai découvert un tout autre monde. Les gens sont différents. Ils se prennent beaucoup trop au sérieux », raconte la jeune femme.

Pire, elle est confinée dans l?enceinte du bâtiment, une bonne partie de son travail pouvant être faite par téléphone. Les contacts de Laxmi Lotha avec les gens s?amenuisent. Mais elle a la chance peu après d?aller au service culture à la campagne pour un festival.

Pourtant, le problème est tout autre pour la jeune femme. Trouver un emploi à contrat indéterminé est très difficile. Surtout lorsque l?on a un nom qui ne cadre pas avec le pays dans lequel on vit. « Je n?avais que des contrats à durée déterminée et des piges. C?est extrêmement difficile de trouver du boulot. On a beau avoir les mêmes diplômes, les mêmes qualités et sortir des mêmes écoles, ce n?est pas facile de trouver un emploi quand on a un nom à consonance étrangère », souligne Laxmi Lotha.

Les moments difficiles commencent alors. Elle n?a que quelques piges par mois. Rien de bien consistant. Elle s?interroge alors sur son avenir. Avec son copain, devenu son mari, ils viennent en vacances à Maurice. Mais avant, ils envoient tout de même des emails et passent plusieurs appels à des potentiels employeurs mauriciens. Si elle a toujours voulu découvrir Maurice, ce qu?elle voit est loin de l?image carte postale idyllique. Elle découvre notamment les trajets interminables en autobus. Radio Plus sera la plus prompte à répondre à ses demandes.

Nouvelle aventure

Le 23 mai 2005, elle commence cette nouvelle aventure. L?intégration est rapide, l?équipe étant essentiellement composée de jeunes. Trois jours après son arrivée, elle se retrouve aux commandes du grand journal.

Si elle a la peur au ventre, elle se lance tout de même. « En France, un grand journal dure entre six et sept minutes. Ici, il est de quinze minutes. Le temps est carrément doublé. Ce n?était pas facile au début. Surtout quand on a une information qui tombe à la dernière minute, il faut faire avec », souligne-t-elle.

Depuis qu?elle est à Radio Plus, ce qui impressionne le plus la jeune femme, c?est le nombre de meurtres et d?accidents. « Ce qui m?a choquée, c?est quand on m?a dit qu?on aura en interview un prisonnier qui allait se rendre après avoir été en cavale pendant un bon moment. Mais on s?habitue », ajoute-t-elle en souriant.

Et l?animation ? Laxmi Lotha nous explique qu?elle pense ne pas pouvoir en faire. « Je suis davantage faite pour l?information plutôt que le divertissement. Je n?ai pas été formée pour ça », reconnaît-elle simplement. Laxmi Lotha présente aussi un magazine Frisson+.

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