Publicité

?Faux médicaments? : deux compagnies sous scellés

16 octobre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Deux compagnies opérant dans la zone portuaire mises sous scellés, des produits psychotropes, soit 185 000 comprimés, dont Xolnox, Tramadol Biotram et Zolp, saisis, une Seychelloise et un Sud-africain arrêtés puis libérés sur parole. Tels sont les résultats de l?opération menée, samedi soir, et au terme de laquelle des médicaments considérés douteux ont été expédiés en Afrique du Sud pour analyse dans un laboratoire certifié et reconnu internationalement.

Un reportage de France 5, intitulé ?Trafic Mortel ? Quand les médicaments tuent?, diffusé par la télévision locale la semaine dernière, mettait le port franc de Maurice à l?index. Des développements importants sont intervenus ce week-end, avec un raid d?envergure effectué dans les locaux du port franc. Les services de la douane, l?Anti- Drug and Smuggling Unit (Adsu) et le personnel du government pharmacist department du ministère de la Santé sont intervenus danscette opération.

C?est ce qu?a confirmé hier, à l?express, Bert Cunningham, receveur des douanes. Il a précisé que ?les autorités mauriciennes, notamment la douane, la Santé, l?Adsu, ont réagi très vite suite au reportage télévisé et à l?article de presse sur les faux médicaments?.

Ces médicaments douteux pourraient apporter une réponse aux craintes exprimées par certains pharmaciens de Maurice. Ils soupçonnent que du subutex et autres produits psychotropes qui envahissent le pays depuis plus d?une année, pourraient entrer par le port franc. Il serait également possible que certains ?faux médicaments? en provenance de l?Inde et destinés à l?Afrique aient pu être frauduleusement écoulés en petite quantité dans le circuit commercial mauricien.

Mais un proche du ministère de la Santé se veut rassurant. Il a déclaré à l?express qu?il existe des relevés de stocks, de même que des échanges d?informations réguliers, entre les pharmacies et le ministère de la Santé. ?Le contrôle est rigoureux et les pharmacies courent le risque de perdre leur permis d?opération si elles transgressent les règlements relatifs au Pharmacy Act?, dit-il.

Ceux accusés de ce trafic ont affirmé détenir des permis d?opération. Mais Bert Cunningham est catégorique : ?Ils n?ont ni permis d?importation ni permis d?exportation pour un certain nombre de médicaments.? Il a une fois de plus souhaité que Maurice dispose de plus d?un laboratoire d?analyse pour vérifier la qualité des médicaments importés et commercialisés sur le marché local.

<B>Manque de personnel</B>

Un haut responsable du ministère de la Santé a précisé, hier, que ?c?est un vieux projet, mais c?est très coûteux. Il y aussi un autre problème, celui du personnel qualifié, notamment des chimistes formés qui devront être rémunérés comme il se doit.? A la suite du problème surgi dans le port franc mauricien, le ministère de la Santé envisage le recrutement de pharmaciens additionnels qui seront postés au port et à l?aéroport.

Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien (MMM), a, lors d?un point de presse samedi, jugé ce trafic allégué de faux médicaments comme extrêmement grave pour ce qui est de l?image du port franc. Il a souhaité une enquête approfondie, avec l?aide d?Interpol.

Le reportage de la télévision française a été réalisé par Michel Koutouzis, expert auprès de la Commission européenne et des Nations unies en matière de santé, et par Patrice du Tertre. L?enquête de ces réalisateurs les a conduits à Mumbai, en Inde, où ils se sont fait passer pour des trafiquants qui écoulent de faux médicaments sur le marché africain.

A Mumbai, ils ont rencontré des grossistes qui produisent des ?copies? de médicaments en diminuant, ou en ôtant, leurs principes actifs. Ils ont constaté que passer commande auprès de ces grossistes ne présentait aucune difficulté. Ils ont aussi visité des usines qui travaillent pour le compte de multinationales et de filières parallèles, livrant, dans l?indifférence, de vrais et de faux médicaments. Ce même reportage a permis de mettre au jour le cheminement secret des paiements qui transitent par Dubayy, passage obligé, selon ses auteurs, pour tout ?financement occulte?.

Les deux enquêteurs ont fait escale à Maurice. Ils disent qu?ils ont constaté que les faux médicaments en provenance de l?Inde arrivent au port franc en vrac avant d?être empaquetés. Puis, dit la journaliste Anne Laure Fournier qui présentait l?émission 52 minutes, ils sont expédiés vers Zanzibar?

Publicité