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Nouvelle géopolitique des blocs

Trump et Xi Jinping façonnent : Le xxie siècle à leur guise

2 octobre 2026, 20:20

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Trump et Xi Jinping façonnent : Le xxie siècle à leur guise

En 1945, les trois grands – Roosevelt pour les États-Unis, Staline pour l’URSS, et Churchill pour le Royaume-Uni – ont dessiné la carte du monde pour la deuxième moitié du XXe siècle. Partage des colonies, bloc communiste en Europe de l’Est, bloc occidental. C’est ce qui s’est passé avec des soubresauts comme la décolonisation et la chute du communisme. À la récente rencontre au sommet entre Donald Trump et Xi Jinping, les deux grandes puissances adversaires ont posé les jalons pour le XXIe siècle. Les deux mastodontes ont redistribué les cartes.

À toi, à moi

Dans son discours d’accueil, Trump a fait... du Trump. «Nous sommes les meilleurs en tout», et cela, grâce à sa présidence. Il déverse tellement le même salmigondis qu’on devine d’avance ce qu’il va débiter, même si la réalité est tout autre. Même ceux de son bord commencent à quitter le navire. Rendez-vous aux mid-term elections en novembre. Il est en baisse dans les sondages. Peu importe, il se passera alors du Congrès, allant à l’encontre de la Constitution, qui vient de lui rappeler qu’il ne peut pas interdire certains médias comme CNN à la Maison-Blanche.

Sa ligne de conduite se résume à une formule : «We are the best», mais le ton était apaisé. Une première : il s’est personnellement déplacé pour accueillir le président chinois à son arrivée à l’aéroport, geste qu’il ne fait jamais. C’est la preuve qu’il ne sous-estime pas son invité devenu son égal au XXIe siècle. En vérité, le sort des deux grands est lié s’ils veulent garder la haute main sur l’économie mondiale via les échanges commerciaux. Ils sont obligés de trouver un consensus pour, bien qu’ils soient adversaires, garantir la paix malgré les escarmouches. (Voir les BRICS plus loin).

Un accord semble être intervenu sur l’annexion de certains pays. Les États-Unis vont construire deux énormes bases militaires au Groenland – qu’ils lorgnent – et ferment un œil sur les visées de la Chine sur Taïwan. C’est de la poudre aux yeux puisque Taïwan est le principal fournisseur de semi-conducteurs et de puces destinées à l'intelligence artificielle (IA) aux États-Unis. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette.

La stabilité

Discours de Xi Jinping plus pragmatique. Il riposte que si on veut préserver la paix et la stabilité, les États-Unis doivent cesser de brandir à tout bout de champ la guerre tarifaire en jouant sur les droits de douane. La coopération doit dominer sur les rapports de force.

Que ce soit sur le changement climatique et le ralentissement de l’expansion de l’IA, le sort des deux grands est une fois encore lié. Les deux ont tout à perdre dans une confrontation. Ils doivent se montrer responsables en prêchant la coopération pacifique. Cependant, la Chine veut que les États-Unis desserrent la ceinture du protectionnisme américain. Il faudrait arrêter la course au nombre de missiles disponibles.

Contrairement au siècle précédent, l’absence de référence à la Russie est flagrante. L’URSS, c’est fini et la Russie est devenue le vassal de la Chine. Pour montrer sa bonne volonté, la Chine se propose d’accueillir 100 000 jeunes Américains durant les cinq prochaines années. Un exemple de travail en commun. Voilà pour les beaux discours qui se veulent rassurants.

Des cailloux dans la chaussure

Les faits contredisent ce tableau rassurant. Le monde assiste à la perte de vitesse de certains grands blocs et institutions. L’Europe, également absente, est en pleine déliquescence. Elle prétendait incarner une troisième puissance, mais elle connaît des crises multiples : invasion des Marocains en Espagne ; l’Allemagne divisée sur le plan électoral ; la France endettée jusqu’au cou avec un président au bord du précipice ; l’Angleterre qui fait les yeux doux à Nigel Farage, le parangon de l’extrême droite; l’aide à apporter à l’Ukraine ; les États-Unis qui ne veulent plus servir de parapluie en cas d’attaque de l’OTAN.

Face aux normes imposées par l’Union européenne, chaque État veut maintenant récupérer sa souveraineté face au diktat de Bruxelles... Seule Giorgia Meloni (voir photo plus bas) bat des records de longévité et de croissance économique en Italie. La zone Asie-Pacifique concurrence l’Europe de plus en plus aux yeux des grands. Même les Nations unies prêchent dans le désert. Cette gigantesque institution, qui devait régir la paix dans le monde, est inerte. «Ce machin», comme le qualifiait de Gaulle, tourne en rond. Même son secrétaire général, António Guterres, réclame une réforme en profondeur du Conseil de sécurité où, par exemple, l'Afrique est quasi absente, sauf ses trois sièges non permanents détenus par le Libéria, la RDC et la Somalie.

Ce n’est pas tout. Derrière les beaux discours cités plus haut, un organisme parallèle conteste l’ordre actuel. Les BRICS réunissent, en dehors de l’ONU, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine (principal architecte de cette nouvelle institution), l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, l’Iran (tiens, le revoilà), l’Indonésie, l’Égypte, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite (en suspens).

L’objectif avoué de cet agrégat est de contrer la domination américaine en «dédollarisant» le commerce international actuel, qui se fait en dollar américain. Et pourquoi ne pas instaurer une nouvelle monnaie ? Les BRICS deviennent incontournables en raison de leur poids économique et démographique. Cette nouvelle répartition géopolitique du pouvoir permet à Londres de tourner casaque et de ne pas verser le montant du loyer annuel d’environ Rs 10,6 milliards prévu par le bail de 99 ans de la base militaire de Diego Garcia. Le Premier ministre se précipite à Londres, mais le Royaume-Uni semble s’être rangé sous l’aile de Trump, qui rejette complètement cet accord.

Ces changements géopolitiques agissent tel un ricochet sur l’eau. L’Europe est le principal bassin pour nos touristes, d’où notre recherche (timide ?) de nouveaux marchés. Toujours la même poule aux œufs d’or ? Notre lacune en autosuffisance alimentaire ne se résoudra pas du jour au lendemain. Nous devons produire plus de Made in Moris; mais pour l’exporter où ?

Pour des raisons économiques, notre marché local se rétrécit. Le temps du beurre et – de l’argent du beurre – tire à sa fin et nous ne coupons pas assez dans certaines dépenses ostentatoires. Même nos voisins – notamment les Seychelles et Madagascar – semblent prendre des mesures correctives et incitatives avant nous.

Dal napa pou kwi ?

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