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Faut-il une bouée d?amarrage pour pétroliers à Mahébourg ?

12 novembre 2005, 20:00

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Georges Ah Yan président de la Mahébourg Welfare Citizens Organisation

Pourquoi faut-il un tel développement à Mahébourg ?

Tout projet dans l?intérêt social, écologique et économique de Mahébourg, des villages avoisinants et de l?île Maurice est bon à prendre. Et si le projet de bouée d?amarrage pour pétroliers offre toutes les garanties que nous souhaitons, il serait dommage de le rejeter. Cette région doit rattraper son retard par rapport aux autres. Ce projet pourrait, dans une certaine mesure, réhabiliter la vocation portuaire que Mahébourg a perdue au profit de Port-Louis.

Georges Ah Yan a-t-il changé de bord ?

Il refuse de s?opposer à tout aveuglément. Oui au développement de Mahébourg, mais pas à n?importe quel prix. Ce développement doit être durable. Si le projet de bouée d?amarrage comporte des avantages, il entraîne également des risques. Le plus gros danger est celui d?une dégradation probable sur le long terme de l?écosystème, en raison des conduites sous-marines. Si cela se produisait, ce serait une catastrophe irréparable pour des centaines d?individus qui dépendent de la pêche pour vivre. Des contacts ont déjà été pris avec des personnes compétentes en économie, écologie, océanographie, biologie marine pour un constat des multiples implications du projet. Les travaux de ces experts nous permettront de cerner la nature d?une telle infrastructure et ses implications multiples.

Une mobilisation générale est-elle envisagée si les critères préconisés sont ignorés ?

La mobilisation en faveur de la vallée de Ferney était un appel au dialogue. Cet appel a été entendu. Il faut souhaiter que cette prédisposition à dialoguer va prévaloir aussi dans le cas du projet de bouée d?amarrage. Le recours à des spécialistes démontre notre volonté de ne pas être des contestataires aveugles, mais des citoyens responsables capables de faire des critiques constructives dans l?intérêt commun. Nous prendrons connaissance des rapports officiels. Il n?y a pas de développement sans risque. Mais ces risques doivent être gérables à court, moyen et long termes. Là où c?est possible, des propositions alternatives doivent être faites. Nous ne voulons pas une répétition de l?expérience vécue par les habitants de Mare-Chicose.

Marcel Descroizilles « managing director » d?Esso

Maurice dispose-t-elle des moyens pour réaliser un tel projet ?

Pour le moment, elle ne dispose pas de moyens financiers et techniques pour mettre en place un projet d?une telle envergure, sans compter le risque écologique et le risque de pénurie en cas d?incendie ou d?accident.

Est-ce une raison suffisante pour bouder ce projet ?

Il est réalisable mais il a un coût ! Un tel projet requiert préalablement la mise en place d?une étude de faisabilité tenant compte de toutes les implications. Elle devrait comparer les coûts capitaux et d?opération, les avantages et les points faibles du système actuel à ceux du projet. Seuls les résultats d?une telle étude permettront de statuer si actuellement le pays a besoin et peut se permettre une telle infrastructure. Personnellement, je n?en suis pas convaincu. D?autre part, le projet nécessiterait la construction d?une capacité supplémentaire de stockage de 30 000 tonnes de kérosène à Plaisance, afin de pouvoir décharger les pétroliers. La totalité du stockage de kérosène du pays se trouverait donc concentrée dans un seul endroit? je vous laisse deviner la suite en cas d?accident ou d?incendie à Plaisance !

Ce projet n?est quand même pas dépourvu d?avantages ?

Bien sûr que non. Ainsi, l?augmentation de notre capacité de stockage en gasoil à Port-Louis est une urgence en prévision de développements futurs. Si ce projet voit le jour, les installations existantes à Port-Louis seraient libérées et permettraient de stocker, par exemple, du gasoil. Les camions-citernes ne feraient plus le trajet entre Port-Louis et Plaisance 24 fois par jour comme c?est le cas actuellement. Cela pourrait contribuer à réduire, dans une infime mesure, la congestion routière. Les offres d?emplois pendant le projet seraient temporaires. Par la suite, les emplois permanents seraient limités.

N?y a-t-il pas un manque de cohésion entre le gouvernement et le privé ?

En tant qu?investisseur et distributeur de produits pétroliers, nous sommes un partenaire privilégié du gouvernement. Nous avons appris l?existence de ce projet en même temps que tout le monde. C?est regrettable. L?absence de données s?est greffée à la liste de facteurs qui nous empêchent d?être emballés par ce projet.

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