Publicité

Faut-il revoir le « time off » ?

23 avril 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Venkatassawmy Kumaraswamyex-syndicaliste et ex-conseiller au ministère des Finances. </B>

<B>L?emploi du temps d?un président de fédération syndicale peut-il empiéter sur ses obligations professionnelles ?

J?ai été à la tête de la Fédération des syndicats du service civil et du Front syndical national, et la tâche d?un président n?est pas de tout repos. Outre ses attributions spécifiques, le président d?une fédération est souvent appelé à assumer des responsabilités au niveau national et international. Et ses engagements associatifs empiètent, malgré lui, sur ses obligations professionnelles.

<B>Le devoir d?un employé élu représentant syndical n?est-il pas avant tout envers son employeur ?

C?est exact, mais ses responsabilités associatives ne doivent pas être négligées. Un syndicat responsable et bien organisé contribue autant qu?un manager éclairé à la bonne marche d?une entreprise. Une société qui reconnaît le rôle du syndicalisme doit accorder aux représentants syndicaux les moyens qui leur permettront d?assumer au mieux leurs responsabilités. Donc leur donner tout le temps dont ils ont besoin.

<B>Le recours à des professionnels ne contribuera-t-il pas à régler les problèmes liés au time off ?

C?est une possibilité. Si elle est adoptée, cette formule viendra bouleverser le système actuel où des employés, aussi représentants syndicaux, sont soutenus dans leur tâche par les négociateurs des mouvements syndicaux auxquels ils sont affiliés. La formule actuelle de représentation syndicale a fait ses preuves. Ce n?est pas parce qu?un chef d?entreprise a du mal à s?y adapter qu?il faut tout chambouler. C?est dans l?intérêt d?une entreprise que ses représentants syndicaux soient des membres de son personnel.

<B>Que se passera-t-il si un patron refuse de faire des compromis ? </B>

Les problèmes liés au time off peuvent être réglés autour d?une table. Un chef d?entreprise qui harcèle un représentant syndical en se servant des problèmes associés au time off enverrait un mauvais signal aux travailleurs. Son geste pourrait être perçu comme une tentative de faire peur aux travailleurs en intimidant leurs dirigeants syndicaux. C?est un facteur qui peut générer de la méfiance et à la longue provoquer une détérioration des relations industrielles.

<B>Laval Wong Moi

Sang conseiller juridique à la Mauritius Employers? Federation</B>

<B>Le time off peut-il créer des conflits entre employeurs et syndicats ? </B>

Oui, en l?absence d?un cadre spécifique qui réglemente son application. Le meil-leur moyen d?éviter des conflits, c?est de l?inclure dans le collective agreement qui lie une entreprise à un syndicat, les modalités qui réglementent l?application du time off.

<B>L?absence d?un quantum définitif dans l?Industrial Relations Act ne favorise-t-elle pas des abus ? </B>

Oui, et il est nécessaire pour une entreprise et un syndicat de déterminer les modalités d?application du time off. En règle générale, ce quantum tourne autour de 40 à 45 heures par an. L?application du time off pourrait constituer un sérieux obstacle à l?épanouissement des petites unités qui emploient deux ou trois personnes dont une est représentant syndical. Il serait souhaitable que ces petites unités ne soient pas tenues d?accorder le time off.

<B>Que se passe-t-il dans le cas où plusieurs organisations syndicales sont reconnues par une même entreprise ? </B>

Le quantum reste inchangé pour un syndicat qui compte plusieurs représentants dans une même entreprise. Lorsque plusieurs organisations syndicales y sont représentées, le quantum est déterminé par leur importance respective. Elles peuvent aussi constituer un panel au sein duquel elles négocient les modalités de l?application du time off.

<B>Quelle alternative reste-t-il à un syndicaliste dont le quantum est épuisé prématurément ? </B>

Dans ce cas, un syndicaliste peut faire une demande de prélèvement sur ses congés annuels ou un congé sans solde auprès de son employeur.

<B>Un syndicaliste, qui s?absente sans l?accord préalable de son employeur et ce, en raison de ses engagements associatifs, doit-il être sanctionné ? </B>

La loi prévoit que c?est aussi la responsabilité des organisations syndicales d?employer des permanents et de ne pas limiter la tâche de défendre l?intérêt de leurs membres qu?à des syndicalistes employés par une entreprise. À mon avis, le travailleur est plus redevable envers son contrat de travail qu?envers ses engagements syndicaux. Si un syndicaliste ne respecte pas les modalités du time off, il sera sanctionné pour absence non autorisée, voire abandon de poste.

Publicité