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Faut-il rendre obligatoire la rédaction d?anglais au CPE ?

27 février 2006, 00:00

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Pour justifier la réforme Gokhool, le ministère de l?Education cite des extraits du CPE Examination 2004 report du Mauritius Examinations Syndicate (MES), publié en mai 2005, qui tendent à prouver que le niveau au CPE baisse. Mais il n?en révèle pas toutes les raisons.

Le premier extrait cité indique que ?même s?il y a eu une hausse du pourcentage de réussite cette année, la qualité de la performance des candidats a baissé?. Le second souligne : ?Il est (...) très inquiètant qu?après six années de scolarité, un grand nombre d?élèves ne sont pas aptes à écrire des phrases cohérentes, encore moins une rédaction?.

Reste que ce constat fait par les rédacteurs du rapport concerne uniquement le papier d?anglais. Ils expliquent le pourquoi de ce phénomène.

En fait, l?origine de ce problème est simple. Etant donné que la note maximale de l?ancien système de grading était le A, qui valait 75 à 100 points, un élève pouvait et peut toujours obtenir un A sans faire sa rédaction d?anglais qui fait partie de la section B du papier. Un candidat peut réussir en répondant uniquement à la section A.

Ayant compris cela, des enseignants auraient encouragé les candidats au Certificate of Primary Education (CPE) à ne pas rédiger leur rédaction. Le rapport est d?ailleurs explicite sur ce point. ?Trop de candidats ont eu un zéro dans la section B, ce qui donne du poids au sentiment général qu?un certain nombre de candidats n?ont pas été préparés pour la section B du papier. Il se peut qu?ils aient été entraînés et conditionnés pour acquérir le maximum de points en section A.? Cette section est uniquement composée de questions à choix multiple.

Capacité à raisonner

Aussi, ?les correcteurs étaient inquiets du grand nombre de candidats qui n?ont fait aucun effort pour essayer de répondre à cette question?. Celle-ci demande de rédiger un petit texte. A cet effet, le rapport note que ?la plupart de ceux impliqués dans la correction du papier d?anglais ont le sentiment que l?on a dit au candidat de ne pas répondre à la question 6?.

Le MES conclut que ?malheureusement cette attitude a été désastreuse pour beaucoup de candidats qui n?ont eu qu?entre 20 et 29 points et qui auraient facilement pu avoir obtenu les 10 points restants s?ils avaient été adéquatement préparés?. Sont désignés les enseignants qui n?accordent pas d?attention à la rédaction et se concentrent sur les questions à choix multiple quand ils préparent les élèves.

Fallait-il pour cela introduire la compétition avec le A+ valant 90 points et plus, soi-disant pour faire remonter le niveau ? Trois anciens directeurs du MES répondent.

Pour Surendra Bissoondoyal, le gouvernement est trop extrême. ?Il suffisait de rehausser le grade A à 80 points. Les écoliers auraient été obligés de faire leur rédaction qui vaut 20 points parce qu?il leur serait extrêmement difficile d?obtenir le maximum à chaque question précédente.?

Cet avis est partagé par un autre ancien directeur du MES, qui souhaite rester anonyme. ?Si le ministère veut que les enfants acquièrent une compétence en rédaction, il fallait rendre cela obligatoire et le problème aurait été réglé. Si les élèves sont obligés de le faire pour avoir un A, ils devront apprendre à rédiger en classe. Le problème, c'est que le système les encourage à apprendre par c?ur, et cela ne changera pas avec la réforme.?

Se basant sur une expérience qu?il a lui-même réalisée il y a 10 ans, il affirme que si le ministère avait vraiment voulu bien faire son travail, il aurait dû revoir tout le système. ?A l?époque, j?avais pris 12 enfants qui avaient obtenu 90 points au CPE. Lorsqu?ils étaient en Form III, je leur ai demandé de répondre au même questionnaire et ils avaient obtenu moins de 70 points. Cela prouve que notre système, est trop exam-oriented, ne répond pas aux besoins réels.?

Mahadeo Ramnohur, autre ex-directeur du MES, pose le problème différemment. Il souligne que la section A des papiers d?examens du CPE qui valent 60 points évalue si le candidat a acquis les Essential Learning Competencies (ELC), c?est à dire les compétences de base acceptables pour un enfant arrivé à la fin du cycle primaire. La section B, qui vaut 40 points, teste les Desirable Learning Competencies (DLC). C?est-à-dire la capacité à raisonner de l?enfant. Elle n?est pas essentielle pour passer à une étape supérieure.

?Chaque enfant n?a pas la même intelligence. En acquérant les ELC, l?enfant a ce qu?il faut pour passer à un niveau plus élevé. Pour acquérir les DLC, il faut une capacité intellectuelle plus élevée et c?est le cas de la rédaction. C?est pour cela que la rédaction se situe dans la partie B du questionnaire?, déclare Mahadeo Ramnohur.

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