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Faut-il réglementer les émissions politiques des radios privées ?

18 octobre 2003, 20:00

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<B>NON Finlay Salesse</B> directeur général de Radio One

Pourquoi ne faut-il pas réglementer les émissions politiques ? L?Independent Broadcasting Autho-rity (IBA) peut les réglementer. Celui ou celle qui se sent lésé par la diffusion d?une nouvelle peut toujours avoir recours à l?IBA pour réparation.

> À quoi attribuez-vous la démarche du MSM et du MMM ?

Je peux comprendre qu?à cause des risques de dérapage, ils veulent prendre une double précaution. Celle-ci est prématurée. La presse écrite fonctionne sur des critères bien établis. L?absence d?une autorité régulatrice ne l?empêche pas de respecter les intérêts de chacun. Une radio privée fonctionne sur le même principe qu?une presse indépendante. Elle ne devrait pas subir les coups de semonce d?une autorité. Elle ne devrait pas non plus se référer à celle-ci pour assurer le respect de l?équilibre de ses émissions politiques.

> La démarche des deux partis n?est-elle pas justifiée à cause d?éventuels dérapages que des interventions en direct peuvent provoquer ?

À moins d?afficher ouvertement sa couleur, ce serait suicidaire pour une radio de privilégier la propagande au détriment de l?information. Une radio est tenue de respecter l?intérêt de chacun et en particulier celui de ses auditeurs, qui sont de toutes sensibilités politiques.

> Comment combattre le risque de perception de parti pris ?

Il faut rétablir l?équilibre lorsque cette perception existe. En revanche, si certains protagonistes refusent de faire des déclarations de peur qu?on étale leur médiocrité, nous n?y pouvons rien.

> L?inquiétude du MSM et du MMM n?est-elle pas due au flou qui existe autour du droit de réponse ?

Cette inquiétude témoigne de la méconnaissance des partis politiques du fonctionnement d?une radio. Nous n?avons aucun intérêt à favoriser un parti au détriment d?un autre, ne serait-ce que par déontologie et par respect pour nos auditeurs. Trop habitués à ce que fut la MBC, ils craignent une manipulation. Nous n?avons pas de compte à rendre. Nous n?avons pas été nommés.

> Comment ce droit doit-il s?exercer dans le cadre de la campagne électorale ?

Dans le respect du droit de réponse à celui qui se sent lésé comme c?est la pratique dans la presse écrite.


<B>OUI Veda Baloomoody</B> député du MMM

> Pourquoi les émissions politiques doivent-elles être réglementées ?

Pour protéger l?intérêt de tous les candidats. Cette réglementation s?avère d?autant plus nécessaire que ce sera la première campagne électorale depuis la libéralisation des ondes. Les risques de dérapage se sont amplifiés, d?où la nécessité de s?assurer que les uns n?utilisent pas les radios au détriment des autres.

> C?est presque de la censure?

Il n?est pas question de contrôler la programmation des émissions, encore moins d?analyser leur contenu avant leur diffusion. La démarche ne concerne pas seulement le candidat de l?alliance MSM-MMM, mais vise à protéger l?intérêt de tous les candidats.

> Quelles sont vos craintes ?

En l?absence d?une réglementation, l?accaparement du temps d?antenne à des fins publicitaires par des candidats potentiellement riches est possible. Si un tel scénario se produit, les conditions nécessaires à l?organisation d?élections free and fair ne seront pas réunies.

> Aux termes de l?article 4 (i) 111 de la loi sur la libéralisation, l?IBA doit veiller au respect de cet équilibre. Votre demande n?est-elle pas suspecte ?

Nous voulons que cet article soit appliqué à la lettre. Nous avons déjà eu l?expérience de dérapages audiovisuels. L?arrivée des radios privées a multiplié les risques. Elles organiseront pour la première fois des émissions politiques dans le cadre d?une campagne.

> Quelles sont, en gros, les caractéristiques du cahier des charges qui sont proposées ?

L?IBA doit veiller à ce que la diffusion des émissions politiques, l?intervention des auditeurs dans des émissions en direct s?effectuent dans les paramètres qu?elle aura déterminés. Les radios devraient s?équiper d?un appareil pour retarder d?au moins trente secondes le passage d?une intervention lors d?une émission en direct pour éviter tout propos diffamatoire.

> N?aurait-il pas été mieux de laisser l?initiative aux radios privées d?exposer leur réglementation interne ?

Cela aurait été l?idéal. Mais l?expérience a montré qu?il y a eu des dérapages qui ont nécessité l?intervention de l?IBA. Nous avons fait appel à elle, parce qu?en tant qu?autorité indépendante et régulatrice de l?audiovisuel, elle peut prendre des sanctions.

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