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Faut-il interdire le démarcharge du cyanure ?

11 septembre 2004, 20:00

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<B>oui

Ben Veeraragoo ex-président du Pesticide Control Board</B>

<B>Pourquoi le démarchage du cyanure devrait être interdit ?</B>

Les transactions commerciales effectuées dans le cadre de ce système de marketing n’offrent pas toutes les garanties qu’un produit aussi toxique que le cyanure ne tombera pas aux mains d’une personne qui n’est pas autorisée à l’utiliser. Un démarcheur peu scrupuleux peut facilement exploiter le système actuel à son profit.

<B>Que faut-il faire pour réduire ces possibilités de malversation ?</B>

Les opérateurs doivent détenir non seulement une licence pour utiliser le cyanure mais également une autorisation pour s’en procurer. Ce document devrait spécifier la quantité de cyanure à laquelle l’opérateur a droit. Il faut introduire un système qui permet de muscler les moyens de retracer l’itinéraire du produit depuis la date de l’achat jusqu’à la date de l’utilisation. Ce système doit prévoir la tenue d’un registre qui récapitule systématiquement l’utilisation du produit. Ce registre fera régulièrement l’objet de vérification par les autorités compétentes.

<B>L’élimination du cyanure de la liste des produits chimiques pour lesquels un agent agréé peut solliciter la vente, ne paraît-elle pas plus justifiée ?</B>

Tout est une question d’équilibre entre la santé publique et l’existence même des entreprises. Il faut appliquer la même politique de contrôle en vigueur actuellement pour certains médicaments dont la vente ne peut s’effectuer que sur prescription médicale. Le Pesticide Control Act contient un répertoire de produits chimiques, dont le cyanure, qui sont contrôlés. Rien n’empêche l’émission d’une ordonnance qui exige que les acheteurs potentiels de cyanure se fassent désormais enregistrer auprès du Pesticide Control Board. Ce sera un moyen efficace d’exercer un contrôle sur le mode de distribution de ce produit.

<B>En tant qu’ex-président du Pesticide Control Board vous avez été partie prenante de l’élaboration du projet de loi dont le texte final vient d’être promulgué cette année. Que reprochez-vous à ce texte de loi ?</B>

Il n’y a pas eu assez d’emphase sur l’importance de suivi médical des personnes qui manipulent les produits toxiques.

<B>Non

Deotam Santokhee secrétaire de la Mauritius Jewellery Owners’ Association</B>

<B>Pourquoi le démarchage du cyanure ne devrait-il pas être interdit? </B>

Les agents de firmes distributrices de cyanure nous offrent un service complet. Il inclut, entre autres, une sollicitation de vente par téléphone ou par contact direct, une livraison dans les délais souhaités, un conditionnement conforme aux normes de sécurité exigées par la loi. Tous ces avantages se transforment en une baisse du coût d’opération si on compare le système actuel de distribution à l’ancien.

<B>L’élimination du cyanure de la liste des produits chimiques pour lesquels un agent agréé peut solliciter la vente, ne paraît-elle pas plus justifiée ? </B>

La forte toxicité du cyanure n’est pas une raison pour que sa commercialisation ne s’appuie pas sur le mode de vente par sollicitation qu’est le démarchage. La toxicité du cyanure n’est pas plus prononcée que pour les autres produits chimiques tels les pesticides et les herbicides. Le public peut facilement acheter ces produits. Les bijoutiers, à quelques rares exceptions, ont jusqu’ici utilisé le cyanure conformément aux règlements qu’exige la profession. Il n’y a aucune justification que la vente soit exclue du démarchage.

<B>Comment la distribution du cyanure se pratiquait-elle avant le démarchage ? </B>

L’opérateur autorisé à utiliser du cyanure présentait sa pièce justificative au moment de l’achat. Le cyanure était également disponible dans certaines pharmacies.

<B>Ce système offrait-il plus ou moins de garantie de sécurité comparativement au système actuel ? </B>

Le système actuel offre de loin de meilleures garanties à tous les niveaux. L’importation, le stockage, l’utilisation du cyanure sont strictement contrôlés. Des normes rigoureuses sont suivies au niveau du transport et du conditionnement du produit. Des visites de contrôle sont régulièrement effectuées par les inspecteurs du ministère du Travail.

<B>Le démarcheur ne crée-t-il pas une situation où le cyanure est placé dans des mains non désirables ? </B>

Ce risque existe. C’est aux autorités compétentes et aux entreprises de distribution de mettre en place les mesures susceptibles d’annuler ces risques ou de neutraliser leurs effets s’ils se matérialisent.

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