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Fausto retourne à l?école à? 68 ans !

4 mars 2006, 20:00

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Il y a les téméraires qui croient qu'ils savent et les sages qui savent ce qu'ils croient », disait Edmond Rostand. C?est justement dans cette perspective qu?Alain Dalais, dit Fausto, est retourné sur les bancs de l?école? de pilotage.

Le président du club AutoSport a effectivement profité de l?ouverture de l?École de pilotage Malik Unia pour perfectionner sa conduite. Étonnant, a priori, car à 68 ans, dont 50 de conduite dans des voitures de maître, voitures de rallye et karts, on peut penser qu?il en connaît un rayon sur la conduite et le pilotage. Pas dans le sens ou on pourrait le croire?

En fait, durant toutes ces années, Fausto a roulé « à l?instinct ». « Je n?ai jamais été formé par qui que ce soit. J?ai fait plus d?erreurs que de bonnes choses. C?est pour cela que j?estime que nous n?avons jamais assez de techniques, surtout dans la maîtrise du véhicule dans des situations embarrassantes », fait-il ressortir.

Fausto fait partie des premiers stagiaires de cette école de pilotage qui a ouvert ses portes mardi dernier. C?est le Réunionnais Malik Unia qui dispense des cours, lui qui est fraîchement détenteur d?un Brevet professionnel de la Jeunesse de l?éducation populaire et du sport. Il fait le va et vient entre Maurice et l?île soeur dans la mesure où il dispense aussi ses cours dans son école de pilotage version réunionnaise. Il est aidé dans sa tâche par ses deux partenaires, le Réunionnais Fred Morin et le Mauricien Manoj Rampersad.

Entre deux lectures, jeudi dernier, le triple champion de la Réunion ne cachait pas sa satisfaction de voir son « plus vieux stagiaire » suivre passionnément son stage. « Cela prouve que cette école est ouverte aux personnes de tout âge », lance-t-il.

Contrairement à un autre stagiaire qui avouait que cela lui prendrait pas mal de temps avant de mettre ce qu?il a appris en pratique et ainsi changer de vieilles habitudes, Fausto est d?avis que cela ne lui prendra que quelques jours. «Tout est une question de volonté. Quand on comprend la raison et le motif du changement et qu?on veut le changement, cela devient plus facile à changer », estime-t-il. Tiens, tiens, un brin de sagesse?

Ce motif du changement, il est très simple : la sécurité. La voiture, quand on ne la maîtrise pas, peut devenir un réel danger. Les exemples ne manquent pas d?accidents fatals ou bénins, où, lorsqu?on interroge le chauffeur, il avoue avoir « perdu le contrôle de son véhicule ».

Alain Dalais a une idée bien arrêtée sur le sujet. « Il faut connaître ses limites et les limites du véhicule. Or, durant les stages, on se met en situation de danger, par exemple le freinage d?urgence. À force de le travailler, cela devient un réflexe », laisse-t-il entendre en ajoutant : « Ce n?est pas en situation réelle que l?on va découvrir comment freiner en urgence en cas de danger. »

Fausto avance d?autres exemples de technique de base qui l?ont poussé à suivre le stage. « Il y a le réglage de la position du siège du conducteur. Il n?y a qu?une position idéale pour être maître de son véhicule, soit avoir le pied gauche bien calé au fond et le dos bien calé au siège. Lors des virages, on ne peut être débalancé par la force centrifuge et on a un parfait contrôle du véhicule, contrairement à celui qui doit s?accrocher à son volant. Il y a des paramètres à respecter », insiste-t-il.

Il est même d?avis que cette formation doit devenir obligatoire. « On apprend beaucoup plus qu?à simplement faire le signal de la main », ironise-t-il et de renchérir sur un ton plus sérieux : « Je pense que même les moniteurs d?auto-école devraient suivre ce cours et ainsi à leur tour former les autres aux techniques de conduite en termes de sécurité. » Parole de sage?

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