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Fausse Interfaces

13 janvier 2004, 20:00

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Lors de la présentation du Budget 2003-2004, le gouvernement avait fait de la guerre contre la lourdeur bureaucratique une de ses priorités. A ce jour, peu d?industriels pourront affirmer que les choses se sont vraiment améliorées et que leurs dossiers sont traités avec beaucoup plus de convivialité par les différentes agences publiques.

Alors que les politiques ne cessent de se gargariser des termes tels que cadre facilitateur ou de guichet unique, l?entrepreneur, lui, continue à faire le tour de plusieurs ministères et autres départements pour obtenir un permis. Le Board of Investment (BOI) ne joue toujours pas son rôle d?accompagnateur et la promesse de la Mauritius Freeport Authority (MFA) pour un système de certification ?paperless? se fait toujours attendre.

Il est grand temps de réduire les points de décisions à leur strict minimum. Il y a des ?check points? qui ne servent vraiment à rien mais qui deviennent, hélas, des sources potentielles de corruption et de trafic d?influence. L?informatisation n?a pas vraiment aidé à éliminer la paperasserie et à réduire le nombre d?interfaces inutiles entre l?entreprise et l?administration publique.

Dans beaucoup de cas, on n?a pas fait mieux que de basculer les mauvaises habitudes sur le système informatique. A ce rythme, les ambitieux programmes de ?e-government? risquent fort de décevoir s?ils ne sont pas précédés d?une remise en question même du mode de fonctionnement et des notions de service-clientèle au sein de l?establishment.

Certes, les mécanismes de contrôle sont importants. Toutefois, une documentation complexe n?équivaut nullement à une meilleure authentification des dossiers. Une bureaucratie paralysante est la dernière chose dont nous avons besoin à un moment où les grands marchés émergents tels la Chine, le Brésil, la Russie et l?Inde retournent en force sur la voie de la croissance rapide, et deviennent de redoutables concurrents sur le marché international de capitaux.

Dans l?interview qu?il accorde à ?l?express? aujourd?hui, Gilbert Gnany, le ?Chief Economist? de la Mauritius Commercial Bank (MCB) avance que l?investissement est le seul facteur qui pourrait faire repartir l?emploi dans le court terme. Le temps presse et le problème du chômage risque de devenir insoutenable avec d?autres fermetures d?usines de textile. Le gouvernement doit donc se donner les moyens de reformer son administration le plus vite possible. D?ailleurs, il ne lui reste pas beaucoup de leviers pour agir dans un environnement de plus en plus dominé par des facteurs externes.

Le gouvernement annonce une refonte du fonctionnement du BOI et travaille sur une série d?initiatives en faveur d?un assouplissement du système de licences (de construction, de morcellement?) Mais la démarche visant à rendre les services plus conviviaux ne se limite pas à enlever les entraves pratiques dont sont victimes les entrepreneurs. Elle relève avant tout d?un choix de philosophie économique. L?Etat facilitateur est dépourvu de sens si la liberté d?entreprendre demeure excessivement schématisée. Le choix des entrepreneurs ne saura être compromis par certaines réalités et contraintes institutionnelles des agences d?accompagnement ou encore des préférences industrielles des décideurs politiques.

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