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Fanny Martin

23 décembre 2005, 20:00

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On a du mal à se frayer un chemin dans le bâtiment occupé par VersoPub Ltée à Port-Louis. La raison en est simple : cette compagnie, spécialisée dans la communication par l?objet, ferme ses portes le 24 décembre pour ne rouvrir que durant les premiers jours de janvier. De ce fait, ses 12 salariés comme les saisonniers embauchés pour l?emballage des cadeaux d?entreprises, doivent mettre les bouchées doubles pour terminer dans les délais.

Fanny Martin revient d?un rendez-vous professionnel comme une fusée. Lançant un gentil «bonjour tout le monde» à la ronde, c?est d?un pas décidé qu?elle gagne son bureau. De par son look naturel ? son visage est dénué de maquillage et elle porte un top à lacets sur un denim ? on sent qu?on a affaire à une femme pratique qui déteste les flaflas. Une fois la conversation entamée, elle n?est jamais à court d?argumentaires.

C?est à un très jeune âge que cette cadette d?un gestionnaire de sucrerie teste ses aptitudes à la vente. En effet, pendant les vacances scolaires, Fanny vend des produits allant de la carte postale aux vins. Son baccalauréat scientifique obtenu au Lycée Labourdonnais, elle met les voiles sur Cape Town pour des études en vue de devenir ingénieur chimiste. Fanny déchante au bout d?un an. Et pendant six mois, elle prolonge son séjour, faisant du porte-à-porte pour vendre des programmes éducatifs pour enfants. Elle est parmi les meilleures vendeuses, et l?argent obtenu lui permet de vivre et même de payer son billet d?avion retour.

Une fois rentrée au pays, elle se marie et donne naissance à un fils qui a aujourd?hui 20 ans. Trois autres enfants dont des jumeaux compléteront par la suite sa famille. Dès que son fils a un an, elle décide de se remettre au travail. Elle sera tour à tour représentante commerciale de répondeurs automatiques pour l?agence de pub MAB, vendra des publicités pour ladite agence, sera responsable de la première édition de l?annuaire Minas, représentante des ventes chez Marisa Buttons et agira comme numéro deux du département commercial de Multigraphic, compagnie spécialisée dans la signalétique. Emplois qui lui permettront d?affiner son approche du client et d?aiguiser son sens de la négociation.

Ireland Blyth Ltd qui représente la société BIC, recherche une personne capable de s?occuper de la branche de stylos publicitaires de BIC Graphic Europe. Fanny démissionne de Multigraphic car pour elle, c?est une occasion pour voler de ses propres ailes.

Mais avant de se jeter à l?eau, elle se rend en France chez BIC Graphic Europe pour mieux se familiariser avec les produits qu?elle doit représenter. Et là, elle découvre un monde fabuleux qui lui est inconnu jusqu?alors : celui de la communication par l?objet. C?est prendre un objet traditionnel et le transformer en objet de promotion, de publicité et de cadeau d?entreprise.

Fanny capte tout et regagne Maurice, bien décidée à représenter la société BIC Graphic Europe. N?ayant que sa détermination et sa conviction en ses capacités de vente, Fanny jette les bases de la société qui devient par la suite VersoPub Ltée.

«Je peux tout vendre»

Elle relance alors ses contacts acquis dans le passé et leur propose ses services. Elle propose l?objet de promotion, un objet pas cher accompagnant un nouveau produit qu?une compagnie veut lancer. Vient ensuite l?objet publicitaire qui accompagne des services ou produits ayant besoin d?affirmer leur marque pour finir par le cadeau d?entreprise destiné à fidéliser la clientèle et à récompenser les employés.

Sa porte d?entrée auprès des clients qu?elle contacte est les stylos BIC. Une fois devant eux, elle leur propose ensuite d?autres produits de promotion tels un parapluie, un t-shirt, une montre et toute une série d?objets pratiques et ludiques. Sa participation au Print Pack Expo, un an après l?entrée en opération de sa compagnie, fait ses affaires décoller. Son sens de la persuasion fait des miracles. «Je peux tout vendre, sauf un objet médiocre», souligne-t-elle.

Si au début, le mois le plus important pour son chiffre d?affaires est celui de décembre, aujourd?hui VersoPub Ltée a des commandes tout au long de l?année. «Nous ne vendons pas qu?un objet de promotion publicitaire mais un concept. Quand un client est en face de nous, nous le sondons pour connaître ses besoins, ceux de sa clientèle et sa motivation.» Fanny étant convaincue du bien-fondé de la participation de ses employés, fait ensuite une session de brainstorming avec ces derniers pour connaître leurs propositions.

Une fois l?idée retenue, les designers de VersoPub Ltée se mettent à l??uvre et réalisent une maquette qui est expédiée au client. «Nous avons deux types de clients. Il y a celui qui ignore tout de l?objet commercial et qui nous écoute bien volontiers. Puis celui qui a des idées arrêtées et qui choisit en fonction de son goût personnel. Nous lui donnons notre avis mais s?il persiste, c?est lui qui a le dernier mot.»

Affiliée à la PSI qui est l?association des producteurs et de distribution de communication par l?objet, Fanny se rend une fois l?an en Europe pour assister au Salon que cette association organise et reçoit régulièrement leurs catalogues d?objets qui vont du stylo au service à fondue ou au rafraîchisseur électrique de vins qui a les mêmes propriétés que la cave à vins. Si le choix proposé est vaste, la clientèle reste traditionnelle dans ses goûts. «Les nouveautés passent mal. Il y a cinq ans, j?ai proposé des tours de cou qui venaient juste de sortir en Europe. Personne n?en a voulu. Aujourd?hui, on en a vendu toute une pléthore. C?était pareil pour le porte-clés à mousqueton.» Le plus gros de sa vente demeure l?objet publicitaire et en particulier les stylos.

Si la moitié des objets qu?elle propose sont importés, elle essaie autant que possible de faire travailler les entreprises mauriciennes. Fanny n?est pas peu fière d?avoir réussi à convaincre plusieurs employeurs à offrir des cadeaux d?entreprise à leurs employés.

« Il est bon pour une compagnie de fidéliser sa clientèle et aussi de renforcer le sens d?appartenance des employés à l?entreprise», dit-elle.

Et cela fonctionne. Son indicateur est le fait que les employés utilisent l?objet pendant des années. «Quand Rogers a célébré ses 100 ans, nous avons fait des montres qui ont été données à tous les employés. Aujourd?hui encore, on peut voir cette montre au poignet de certains employés.»

Cette année, elle a lancé un nouveau service qui a l?air de séduire, celui de l?habillage de stands publicitaires et des vendeuses. Fanny est déjà en possession du plan de budgets 2006 de plusieurs entreprises qui lui font confiance et réfléchit déjà aux objets qu?elle va leur proposer. «Ce boulot est excitant car c?est être un peu dans le secret des dieux», dit-elle.

Elle est habitée par la même flamme de ses débuts. «Dès que je me réveille le matin en semaine, je n?ai qu?une envie, c?est de venir travailler. Le week-end est sacré car je le consacre à ma famille, surtout à mes enfants avec qui je pratique du sport et des loisirs.»

Fanny fait partie de ces personnes qui croient en la réussite de l?homme. «Je suis convaincue qu?à Maurice, tout le monde a sa chance de réussir sa vie professionnelle. Il suffit de croire en soi, de croire en la valeur de l?homme et de persévérer.» Une belle devise à adopter?

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