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Fallait-il revoir l?allocation de mauvais temps ?
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Fallait-il revoir l?allocation de mauvais temps ?
<B>Oui
Arvin Boolell ministre de l?Agro-industrie et de la Pêche</B>
<B>Pourquoi fallait-il revoir l?allocation en cas de mauvais temps ? </B>
Les remarques du directeur de l?Audit, dans son rapport de 2000-2001, sur le critère adopté pour compenser les pêcheurs en période de mauvais temps et la volonté du nouveau gouvernement de combattre le gaspillage, ont largement contribué à l?élaboration d?une nouvelle formule.
Le directeur de l?Audit a exprimé son regret de constater qu?en dépit des recommandations des services météorologiques, la vitesse du vent continue à être un critère de compensation, plutôt que l?état de la mer. La vitesse du vent plaçait toutes les régions à la même enseigne, ce qui n?est pas équitable. Or, elle n?affecte pas toutes les côtes de la même manière. Ainsi, l?allocation pouvait toucher une région qui n?était pas affectée.
La nécessité de rationaliser son attribution s?impose d?elle-même. Cette démar-che cadre avec la philosophie du gouvernement d?assainir la gestion de ses ressources financières et de les réorienter lorsque la situation l?exige. L?ancien gouvernement avait envisagé ce changement, mais il n?a pas eu le courage politique de le mettre en pratique.
<B>En quoi consiste la nouvelle formule ? </B>
Elle a été élaborée à partir de données scientifiques qui ont fait l?objet de discussions entre les parties concernées, à Maurice et à Rodrigues. Cette formule est impartiale et équitable. Elle fait appel à l?évaluation scientifique de l?état de la mer faite par la météo sur l?ensemble de l?île, qui a été divisée en quatre zones. Son application ne de-vrait pas occasionner de traitement de faveur d?une région côtière par rapport à une autre, comme c?était le cas auparavant. Elle tient également compte de la sécurité du pêcheur et n?entre en vigueur que dans les cas où toute sortie constitue un risque pour le pêcheur.
<B>Au fil des ans, cette compensation s?est transformée en véritable allocation mensuelle. Est-il juste de s?en débarrasser sans tenir compte des conséquences que cela va entraîner dans le budget des bénéficiaires ? </B>
Le gouvernement a examiné le secteur de la pêche dans son ensemble et par rapport aux perspectives de ce secteur à moyen et long termes surtout dans des secteurs émergents tels que le seafood hub et l?aquaculture. Nous avons un plan de développement pour le secteur de la pêche qui est soutenu par un cadre institutionnel et légal. La décision de revoir la formule de compensation doit être envisagée dans ce cadre précis. La liste des possibilités est longue. On peut mentionner, entre autres, l?institution prochaine d?un Fishermen Investment Trust qui permettra aux pêcheurs d?être partie prenante dans des projets de pêche sur les bancs et à St-Brandon. On peut citer aussi les programmes de formation du Fisheries Training and Extension Centre de Pointe-aux-Sables axés sur l?acquisition de nouvelles techniques de pêche en haute mer. Le pêcheur qui suit un cours de formation reçoit Rs 300 par jour.
<B>Que se passera-t-il si les deux parties ne s?entendent plus ? </B>
Le statu quo n?a jamais mené quelque part. Je crois dans le dialogue et dans la nécessité de rechercher un consensus. Je persiste à penser qu?il existe une réelle volonté de dialogue qu?il faut exploiter. D?ailleurs, une réunion avec les représentants des pêcheurs est prévue mardi. Je lance un appel au bon sens des pêcheurs pour qu?ils considèrent ce secteur sur la base de ses opportunités et de ses perspectives.
<B>Et si Rodrigues rejette l?application de la nouvelle formule ? </B>
La spécificité de Rodrigues mérite, certes, d?être prise en compte. Au risque de me répéter, le problème du secteur de la pêche doit être examiné dans sa globalité. La République de Maurice est un État de droit. Cela entraîne des devoirs et des obligations. Le gouvernement a pris des décisions courageuses et parfois pénibles, dont les bénéfices s?inscrivent sur le long terme. Toutes les instances démocratiques qui sont parties prenantes de la République doivent souscrire à la politique élaborée par le gouvernement.
<B>Non
Jack Bizall négociateur du syndicat des pêcheurs</B>
<B>Pourquoi l?allocation ne devait-elle pas être revue ? </B>
Cette formule a été changée sans consultation préalable avec les pécheurs, ce qui est contraire aux pratiques démocratiques de notre société. C?est un manquement grave. Presque tous les pêcheurs sont privés d?une aide essentielle pour leur survie. La majorité d?entre eux vit dans des conditions précaires. Ils vont s?enfoncer encore plus dans la misère. Priver les pêcheurs de plus de 60 ans de cette allocation est anticonstitutionnel. La pension de vieillesse n?a rien à voir avec l?allocation en période de mauvais temps.
<B>Quelle est votre proposition ? </B>
Le syndicat des pêcheurs a soumis un mémoire au Premier ministre et au ministre des Finances, dans lequel il réclame le retour à l?ancienne formule. Il a été précisé que les propositions du ministre de l?Agro-Industrie, Arvin Boolell, soient référées au comité consultatif prescrit par la loi. Il faut que les propositions alternatives à la pêche dans les lagons soient concrétisées avant d?envisager toute autre décision.
<B>Le gouvernement dit qu?il veut rationaliser l?attribution des allocations en se basant sur le rapport du directeur de l?Audit. Les pécheurs, eux, veulent le maintien de l?ancien système. Que se passera-t-il si les deux parties campent sur leur position ? </B>
Il n?y a pas de rationalité dans le système appliqué de façon conspiratrice. Je peux le démontrer devant n?importe quelle instance indépendante. Ce système ne comporte que des mesures discriminations qui sont inacceptables dans une société qui veut maintenir un État providence accessible à tous. Que le directeur de l?Audit s?attaque au vrai gaspillage et aux pratiques corruptrices et frauduleuses qui vampirisent, sous toutes ses formes, les ressources de l?État. Il est évident qu?il faut trouver une solution si on veut éviter une confrontation qui va se transformer en affrontement à Rodrigues et en attaque contre les touristes à Maurice. Quand Arvin Boolell déclare qu?il ne compte pas changer de décision, c?est plutôt lui qui jette de l?huile sur le feu. C?est une démarche irresponsable.
<B>Quelles sont les conditions préalables à un consensus ou à un compromis ?</B>
La condition incontournable, c?est un retour à l?ancien système. Les négociations qui se tiennent dans le respect des droits des pêcheurs peuvent ensuite être enclenchées. Les pêcheurs sont disposés à engager des négociations à la seule condition que celles-ci ne soient pas précédées de décisions imposées.
<B>Les pêcheurs sont-ils prêts à faire des concessions face à un gouvernement qui s?est fixé des objectifs exigeants ? </B>
Le budget ne doit pas exiger la privation d?une allocation qui fait partie des revenus mensuels des pêcheurs. Il est hors de question de faire des concessions avant toute remise en question de la formule imposée par le gouvernement.
Il faut prendre des mesures concrètes pour permettre aux pêcheurs de gagner convenablement leur vie. Plusieurs options ont été acceptées sur le principe. Le gouvernement est plus rapide quand il s?agit d?effectuer des coupures. Pour le reste, il est d?une lenteur inacceptable. Quand l?enjeu est la survie de personnes, il n?est pas possible de donner du temps au temps.
<B>Le gouvernement a fait des coupures budgétaires, notamment dans le secteur public. Doit-il faire une exception pour les pêcheurs ? </B>
Les pêcheurs ne demandent pas l?aumône, et se battent pour le respect de leurs droits. S?il n?y avait pas de raisons valables qui justifient cette lutte, ils ne se seraient pas mobilisés. Nous allons nous rencontrer aujourd?hui. Nous passerons en revue la situation pour élaborer un plan d?action. Une manifestation est prévue le 1er septembre. Les pêcheurs vont se battre.
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