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Faire simple
La technologie cellulaire à Maurice passe à une autre étape de développement avec le lancement lundi du système de troisième génération (3G). Emtel, pionnier du téléphone mobile à Maurice, frappe un grand coup. Sur le plan symbolique du moins, la compagnie de téléphonie mobile sera la première à introduire cette technologie en Afrique. Elle devance du même coup des leaders mondiaux des télécommunications, dont Vodacom, également en liste.
Certes, cela prendra du temps avant que la 3G puisse supplanter la technologie existante. Les donnes seront certainement bousculées lorsque les concurrents d’Emtel, notamment Cellplus et la société indienne Mahanagar Telephone Nigam, introduiront “leurs” 3G l’année prochaine, comme ils l'ont promis.
Les téléphones portables ont transformé radicalement la communication dans le monde. La 3G pousse l’“interconnectivité” à un niveau supérieur. Il est question ici de convergence des médias dans le sans-fil. Reste que l’acceptation du nouveau système est tributaire de plusieurs facteurs tant techniques que psychologiques. Beaucoup va dépendre du rythme de l’obsolescence technique, qui sera elle-même tributaire des utilisations possibles que permettent les nouvelles versions de téléphonie.
L’épicentre du pouvoir technologique bascule graduellement vers l’utilisateur. Jusqu’ici, les développeurs et les ingénieurs ont mené le bal dans la conception, la réalisation et la diffusion des technologies de l’information et des communications (Tic). Durant le boom informatique de fin 1990 - début 2000, surtout, beaucoup se sont amusés à mettre sur le marché des produits “hot” avec des applications dont les consommateurs n’avaient pas vraiment besoin. Le battage médiatique autour du high-tech à cette époque n’a fait qu’exacerber ce dysfonctionnement.
Le crash de la bulle Internet a quand même des mérites. Il a amené les “technology rebels” à calmer leurs ardeurs et à se faire plus orthodoxes. Le génie créateur ne peut se contenter d'une avancée technique en faisant fi des besoins réels de l’utilisateur.
La 3G n’échappera pas à ces nouvelles règles. Ce ne seront plus les “early adoptors” qui dicteront son utilisation par la masse. La société assimilera une technologie que lorsque les utilisateurs les plus traînards l'adopteront. C’est seulement quand le consommateur sera convaincu que son portable lui permet d’effectuer ses transactions bancaires, de télécharger de la musique MP3 ou de faire des achats en ligne mieux que n’importe quelle autre technologie, que le fournisseur de service mobile aura réussi son affaire.
Les techno-entrepreneurs ont intérêt à faire simple. Les entreprises et les ménages découvrent que la complexité technologique a un coût économique supplémentaire qu’il convient d’éliminer à terme. Cela se traduira forcément par une compression des budgets consacrés à l’informatique et aux télécommunications. Le fabricant un peu trop fougueux risque alors de se retrouver avec des produits hyperperformants qui ne trouveront hélas peu preneur.
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