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?Faire Maurice profiter de la croissance indienne?
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?Faire Maurice profiter de la croissance indienne?
● <B>Quels sont les objectifs de votre affectation en Inde ? </B>
Le bureau du BOI à Mumbai aura désormais une dimension régionale, chargé de promouvoir l?investissement des zones sous ma responsabilité : le Sud-Est asiatique, le Pakistan, l?Inde, le Sri Lanka et la Chine, entre autres.
● <B>Avec l?émergence de l?Inde et de la Chine comme puissances économiques, c?est une affectation d?importance stratégique que d?avoir la responsabilité de cette région ? </B>
C?est une région émergente. L?Inde est notre premier partenaire commercial. Il y a de grosses acquisitions et d?importantes alliances stratégiques des Indiens en Europe et ailleurs.
● <B>En quelque sorte vous allez positionner Maurice dans cette mouvance ? </B>
L?Inde s?attend à une croissance économique moyenne de 8 à 10 % par an pour les dix prochaines années. Il y a une confiance extraordinaire et cela se reflète dans le monde des affaires. Ma mission, c?est de faire Maurice profiter au maximum de cette croissance et la placer dans leur jeu mondial.
● <B>Quels sont les secteurs qui pourraient attirer les investisseurs ?
Ma première priorité c?est d?attirer des investissements indiens mais les autres régions ont aussi un potentiel intéressant. Ce sont des priorités déjà définies par le gouvernement. Nous voulons surtout évoluer dans le secteur des services. Il y a beaucoup d?intérêt des investisseurs indiens dans le secteur de l?éducation, notamment dans la mise en place des universités indiennes. Ces universités visent principalement une clientèle d?Afrique orientale et aussi des étudiants indiens qui viendraient étudier à Maurice.
● <B>Pourquoi cet intérêt pour le secteur de l?éducation ? </B>
Pour deux raisons principales. Premièrement, il y a des demandes d?étudiants qui n?arrivent pas à trouver de la place dans les universités indiennes. Les responsables indiens considèrent que si leurs étudiants viennent à Maurice, ils se retrouvent dans un environnement qui ne leur est pas totalement étranger. Il y a aussi le fait que nous sommes bilingues et que Maurice est connue comme le pays de la région qui a un niveau d?éducation et d?alphabétisation assez élevé.
● <B>Et aussi le tourisme médical ? </B>
L?Inde est en train de développer assidûment ce secteur. Les Indiens ont maîtrisé la haute technologie médicale et essaient d?attirer des Européens à y venir subir des opérations. Mais il y a un préjugé qui demeure auprès des Européens quand il s?agit de leur vendre l?Inde comme une destination de traitement médical et pour se faire soigner.
● <B>Et ce préjugé vis-à-vis de Maurice n?existe pas ? </B>
Exactement. Si nous arrivons à attirer cette technologie médicale indienne, avec notre maîtrise du marché touristique européen, une très bonne synergie peut se dégager entre ces deux atouts, mauricien et indien. Cela peut aider à créer une industrie du tourisme médical. Apollo Hospital de l?Inde arrive incessamment et il y a aussi d?autres hôpitaux qui ont démontré un vif intérêt dans ce domaine. Vu que ce préjugé n?existe pas vis-à-vis de Maurice, la synergie Inde-Maurice dans le tourisme médical peut être très intéressante.
L?hôtellerie représente également de gros potentiels. Maurice veut attirer deux millions de touristes en 2015. Cela signifie la construction d?hôtels additionnels de 1 800 à 2 000 chambres, soit six à sept hôtels de 250 à 300 chambres. Donc, je voudrais qu?il y ait au moins deux ou même trois gros groupes indiens qui viennent investir dans ces hôtels à Maurice.
● <B> La nouvelle classe moyenne est semble-t-il intéressée à voyager ? </B>
Il y a moins de cinq ans de cela, seulement 2 000 à 3 000 touristes indiens venaient à Maurice par an. En 2005, on a eu 25 000, soit 3 % à 4 % du nombre total des 700 000 ou plus de touristes qui visitent Maurice. Sur les prévisions de deux millions de touristes pour 2015, ce pourcentage devrait passer à 10 % ou 12 %, soit environ 200 000 à 250 000 touristes indiens, voire plus. Lors d?une récente conférence à laquelle j?ai assisté, un intervenant a dit que chaque mois environ 1,2 million de gens, soit l?équivalent de la population de Maurice, se joignent à la nouvelle classe moyenne.
Il y a aussi le secteur du seafood. L?Inde est un gros exportateur de fruits de mer au Japon. Si l?Inde peut satisfaire les normes phytosanitaires japonaises, on peut bénéficier de l?expertise et de la technologie indienne dans ce secteur. L?investissement direct étranger, c?est aussi le transfert des technologies et des connaissances.
Nous allons aussi essayer d?attirer des Indiens à venir utiliser la plate-forme du port franc mauricien pour exporter vers l?Afrique.
● <B>Cela fait quand même longtemps qu?on parle de Maurice comme une plate-forme pour la réexportation vers l?Afrique des produits venant d?Asie, mais cela n?a pas véritablement décollé?</B>
Cela n?a pas décollé comme on l?aurait souhaité. Il y a une ou deux contraintes qu?il faudra résoudre, notamment une maîtrise et une connaissance du marché africain. Une fois cette maîtrise des marchés africains développée, nous allons pouvoir encourager des Indiens à passer par Maurice pour réexporter de gros volumes de marchandises vers l?Afrique. Il nous faut développer une expertise. Ce sera cette valeur ajoutée que nous allons apporter dans cette chaîne.
La deuxième contrainte se situe au niveau de la liaison maritime entre Maurice et l?Afrique. Il y a une étude qui est faite et qui est financée par l?Union européenne pour voir les possibilités de développer une marine marchande au niveau des îles et pays de l?océan Indien.
● <B> Une délégation d?hommes d?affaires indiens vous accompagne. Dans quels secteurs opèrent-ils ? </B>
Je suis effectivement accompagné des représentants de deux groupes indiens. Ils sont venus prospecter les possibilités d?investissements dans les secteurs de l?éducation, de l?hôtellerie, du foncier, de l?Integrated Resorts Scheme . J?espère que les projets vont se concrétiser.
● <B> Le gouvernement chinois a donné son aval pour la création d?une zone de coopération économique et commerciale à Maurice. Est-ce que la même chose pourrait intéresser l?Inde ? </B>
C?est un concept très intéressant qui a été proposé par les Chinois. Pourquoi ne pas essayer de vendre ce même concept aux Indiens pour la création d?une telle zone à Maurice ? On pourrait probablement penser à un village industriel axé sur une branche industrielle particulière, par exemple, la fabrication des produits pharmaceutiques. Il y a aussi la recherche médicale. C?est un concept qu?il faudrait commencer à développer auprès des Indiens.
● <B>C?est vrai qu?il y a eu de gros investissements indiens, Indian Oil, Ajanta Pharma, Shanti Ananda Spa, Life Insurance Corporation of India, la Banque Baroda? Mais il y a eu au moins deux départs?
S?il y a une vingtaine d?entreprises établies à Maurice et que deux seulement sont parties, le bilan reste quand même extrêmement positif. Il y a eu l?arrivée cette semaine de la Financial Technologies (India) Ltd, qui démontre la montée en gamme de la destination Maurice parmi les Indiens. Je m?efforcerai d?attirer d?autres prestigieux groupes indiens à Maurice, comme Tata et Birla.
Propos recueillis par <B>Alain BARBé</B>
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