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Faire les arts, bien !
Ils ont récemment fait l?actualité, pourtant leur univers semble lointain. Dans leur antre, la nature fait des siennes, mais ils ne s?en inquiètent point, au contraire ils s?en inspirent. Vous ne comprenez rien à mon charabia ? Eh bien figurez-vous que moi non plus ! Cela ferait-il de moi une zarbienne pour autant ?
Les Zarbiens sont de ceux qui nagent à contresens et dont l?imagination fertile n?a pas peur de s?envoler. Ni saumon, ni faucon encore moins mouton, Les Zarbiens sont des humains avant tout. Des humains oui, mais pas tout à fait comme les autres. Avec leur esprit zarbi, comprenez par-là bizarre, tout est possible, rien qu?en y pensant. Et la limite n?existe pas. Pour cause, leur terrain de jeu c?est le fantastique, l?imaginaire, l?Art naturellement ! Le maître-mot, c?est d?aller toujours au-delà ! Cela pourrait s?apparenter à la morale du Petit Prince de St-Exupery qui voit sans le voir le mouton dans la boîte simplement en y croyant.
À en entendre Jouve Pierre Jean, poète du 20ème siècle, « en art, il faut croire avant d?y aller voir », le plus important c?est d?avoir la foi. Et la foi, ils sont aujourd?hui une équipe de huit artistes à l?avoir très forte ! Huit passionnés à faire ce qu?ils font de mieux à leur manière pour faire avancer l?Art. Présentation : Entre fils, fibres et pinceaux, Émilien Jubeau, 23 ans, a matière à penser pour s?exprimer. Il tisse et habille sa toile de zarbien dans le stylisme et la peinture. Il est épaulé par Sonia Nadal, 24 ans, une autre styliste, spécialiste de lingerie. Loin de faire dans la dentelle, ils repoussent à eux deux les frontières de la créativité et de l?esthétique.
Son autoportrait, Nicolas Bastien-Sylva, 24 ans, lui, le trace en deux temps, trois formes. Graphiste, il dessine son monde en croquis et design avec un style ressemblant au dadaïsme. Un trait de crayon ou un clic suffit à faire passer une idée, un concept. Un art subtil qui fait de lui un zarbien hors ligne. Chanteur, comédien, metteur en scène, danseur et chorégraphe, Yannick Gérie, 21 ans, fait sensation. Voix du groupe Evolosiq, il captive par son talent et intrigue par son audace et son jeu.
Mathieu Goinsamy, 25 ans, met l?art en lumière. Éclairagiste et scénographe, il a travaillé avec des artistes de renom, mais ce sont les ombres qu?il veut illuminer. Celles des jeunes talents qui galèrent pour trouver une scène pour s?exprimer. Avec Les Zarbiens, il espère être la lueur au bout du tunnel qui les accompagnera.
Faire dans le décalé et affirmer sa différence
Spécialiste des ressources humaines, Laurent Gordon-Gentil, 25 ans, est le coordinateur de projet des Zarbiens. Sa responsabilité est de gérer chaque projet et de tirer profit des ressources et des talents de chacun. Avec lui, pas question de tergiverser. La preuve après l?entrevue, il demande si tout a été bien compris, les doutes très peu pour lui !
Gavin Poonoosamy, 23 ans, travaille dans la communication. Il se décrit volontiers comme étant un apprenti sorcier, mais plus encore un vrai touche-à-tout. Son domaine, c?est les autres. Polyvalent, il aide ses congénères et apporte un ?il objectif à tout ce qui est fait. Le fin de la fin, c?est Taciturne Prolixe. Le huitième homme est un zarbien à double face. Son côté taciturne fait qu?il adhère au dicton « le silence est d?or » et reste anonyme, tandis que son côté bavard fait qu?il est très en verve. C?est lui qui communique les concepts zarbiens à travers les mots.
Mais revenons à nos moutons. Comment pourrait-on définir le zarbi ?
« Le zarbi, c?est l?esprit qui habite chaque artiste, chaque créateur. Ce côté imaginatif qui fait toute la magie et qui fait que l?artiste a l?esprit décalé », avance Taciturne Prolixe. « Le zarbi, c?est tout ce monde imaginatif où évolue l?artiste qui lui permet de créer et de faire les choses différemment. C?est la capacité de voir voler un mouton en laissant voler son imagination », explique Émilien Jubeau.
En clair, ce serait donc ce petit plus qui distingue l?artiste des autres personnes et qui le rend à part. « Les artistes ont une certaine sensibilité, ce qui fait qu?ils fonctionnent différemment. À travers le décalé, ils arrivent à voir la vraie réalité », poursuit-il. « Être zarbien, c?est montrer qu?on est unique et dévoiler sa vraie identité au lieu de suivre la tendance », déclare Yannick Geri.
Faire dans le décalé et affirmer sa différence, cela pourrait surprendre voire choquer. Pourtant, Les Zarbiens affirment n?avoir rien inventé. « Certains pourraient nous trouver bizarres, mais nous ne sommes que des artistes. Nous n?avons pas peur d?exposer la beauté que nous avons en nous », ajoute-t-il. « On n?a pas la prétention de dire qu?on est venu révolutionner les choses. Nous n?avons rien inventé, nous nous inspirons de toutes nos influences. On puise du passé pour construire le présent et le futur », assure Taciturne Prolixe et pour cela, rien de mieux que l?interrogation. « Ce à quoi on s?adonne, c?est simplement la culture de la contradiction. Mais on peut faire dans les styles même les plus classiques tout en n?étant pas creux. Derrière chaque mot, chaque image, il y a une raison d?être », ajoute-t-il. Objectif : faire que l?abstrait devienne concret !
Mais le zarbi n?est rien sans le zarbien. Chaque zarbien se doit donc d?apporter sa contribution pour faire évoluer l?Art. Les zarbiens sont des êtres complémentaires.
« Le zarbi, on l?a en soi. Nous étions comme des petits ruisseaux qui coulaient dans des directions différentes. En créant le collectif Les Zarbiens, c?est en fait un canal qu?on a mis en place. Et ce canal coule maintenant dans une seule et même direction », affirme Nicolas Bastien-Sylva.
« Promouvoir la créativité »
Et comme dirait l?anglais « Sky is the limit » dans leur monde fantasmagorique. « Le zarbien évolue dans un monde qui s?appelle le ZarOsphère et écoute la zanzik comme musique », confie Émilien Jubeau. Aucune limite aussi dans leurs réalisations actuelles ou futures. De vrais exploits ! Après la soirée Vole, mouton vole de vendredi dernier qui alliait plusieurs styles artistiques contemporains sur une même plate-forme et peint la gare de Rose-Hill, ils visent encore plus haut. « Les Zarbiens, on sait où cela a commencé mais pas où cela va finir. Moi, je me vois demain animer une émission de radio, monter une pièce de théâtre et un défilé, éditer une publication artistique? », affirme Nicolas Bastien-Sylva.
Mais leur but premier est de promouvoir l?Art. « L?Art a toujours une grande importance dans les autres pays. Ici, il y a un manque d?éducation artistique. Sur les bancs de l?école, on apprend le dessin, mais après cela ne sert à rien ! On voudrait plus d?encouragement de la part du gouvernement pour encadrer les jeunes talents », dit Laurent Gordon-Gentil. Voilà ce à quoi se destinent Les Zarbiens : « Promouvoir la créativité et donner l?occasion à tous les jeunes artistes de montrer leur potentiel », précise Mathieu Goinsamy.
Et selon Taciturne Prolixe, « se donner des opportunités d?explorer l?esprit » afin de dépasser ses propres limites, car comme le dit si bien Simone de Beauvoir « C?est dans l?Art que l?homme se dépasse définitivement lui-même ».
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