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?Faire de l?île Maurice une First World Economy?
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?Faire de l?île Maurice une First World Economy?
● Depuis sa mise en place, quelles sont les principales réalisations de l?université des Technologies (UTM) ?
J?ai été nommé directeur général en septembre 2001 au moment des premiers enrôlements. Depuis on s?évertue à devenir une université nationale, régionale et internationale de renom proposant une éducation tertiaire de qualité. Nous voulons nous inscrire dans une orientation générale basée sur la technologie et l?esprit d?entreprise. L?université des Technologies se veut résolument une institution répondant aux normes internationales proposant des activités à temps plein et à temps partiel aussi bien que selon des modalités mixtes afin de répondre aux besoins changeants de Maurice et de conférer une dimension régionale et internationale aux activités du pays.
● Comment l?université a-t-elle évolué depuis sa création ?
De 400 étudiants en 2001, nous sommes passés à 1 500 étudiants en 2005. La moitié de notre population estudiantine consiste en jeunes de 18 à 19 ans qui ont terminé leurs études secondaires. L?autre moitié est constituée de personnes âgées de plus de 20, 30 et 40 ans. C?est dire que nous remplissons pleinement notre mission qui est celle de la formation des professionnels. Si nous voulons devenir une ?first world economy?, nous sommes condamnés à offrir une formation tertiaire aux personnes de plus de 20 et 30 ans. Ce qui explique la flexibilité de nos programmes et, en même temps, les différentes facilités que nous proposons. C?est une nouvelle réalité à laquelle nous nous devons de répondre autant que nous avons à prendre en compte les contraintes principalement financières et professionnelles de nos étudiants. Ceux-ci peuvent ainsi payer les frais de scolarité en quatre tranches durant l?année.
?Avoir à payer une somme responsabilise les étudiants... L?Etat ne peut pas encourir les frais de toutes les institutions académiques publiques.?
● Devoir payer des frais de scolarité, cela ne ferme pas la porte de l?université à un certain nombre d?étudiants ?
Avoir à payer une somme responsabilise les étudiants. D?autre part, l?Etat ne peut pas encourir les frais de toutes les institutions académiques publiques. Le modèle de l?UTM n?est pas rigide puisque nous mettons à la disposition des étudiants certaines facilités. Les sommes récoltées nous permettent également de remplir nos obligations financières. Nous disposons aussi d?une formule d?admission destinée aux étudiants dont les parents ne peuvent garantir les frais de scolarité.
A terme, toutes les institutions tertiaires sont appelées à devenir payantes. Avec le projet de ?knowledge hub?, nous évoluons vers un contexte d?ouverture où l?éducation deviendra un pilier de l?économie. Il s?agira d?assurer une éducation financièrement accessible aux étudiants mauriciens tout en s?ouvrant aux étudiants étrangers. Notre modèle est socialement intégrant aux Mauriciens et une ouverture vers de potentiels étudiants de la région et au-delà.
● Les programmes d?études sont-ils purement académiques ou sont-ils adaptés aux besoins du monde du travail ?
Les programmes enseignés ont été conçus en partie avec des décideurs du monde du travail. Ils sont élaborés afin de préparer nos diplômés à contribuer au développement socioéconomique et à l?avancement technologique de Maurice. Ils s?inscrivent dans le projet global de faire de Maurice une cyber-île. Nos étudiants sont tous équipés pour affronter l?autre palier de développement de Maurice. Soit des compétences permettant de renforcer le secteur financier et celui de l?offshore. Des secteurs qu?il faudra occuper pleinement si l?île Maurice veut devenir une ?first world economy?. C?est la vision que nous sommes en train de promouvoir à l?UTM.
Il faut aussi savoir que nous avons un personnel enseignant composé de 230 professionnels. De ces 230, 120 sont des employés à temps partiel qui viennent de différents milieux professionnels. Ce qui implique qu?ils sont au courant des besoins et des défis à relever pour Maurice. Ils préparent en conséquence nos étudiants à affronter le monde du travail de demain.
● A ce jour, est-ce que les diplômés de l?UTM sont parvenus à trouver un emploi ?
Nous aurions aimé parvenir à un taux de 100 % de diplômés qui ont trouvé un emploi. Mais déjà, nous sommes fiers de pouvoir dire que 90 % de nos diplômés sont arrivés à se faire embaucher. Ce qui n?est pas surprenant lorsqu?on sait l?accent mis sur l?esprit d?entrepreneuriat que nous voulons développer chez nos étudiants. L?objectif est de les mettre en condition pour qu?ils puissent mettre en place leurs propres entreprises, contribuant ainsi à l?économie du pays.
● Le tableau est presque idyllique. Existerait-il quand même des contraintes ?
La principale contrainte est la taille du campus. Nous sommes limités de ce point de vue puisque nous ne pouvons engager des projets d?extension et de développement. Il faudrait espérer que le projet de ?Knowledge hub? à Réduit se concrétise rapidement.
?Nos étudiants sont équipés pour affronter l?autre palier de développement de l?île. Soit des compétences permettant de renforcer le secteur financier...?
● Est-ce que l?UTM est également engagée dans la recherche fonctionnelle ? Une lacune des institutions tertiaires à Maurice jusqu?ici?
Nous mettons effectivement beaucoup d?accent sur la recherche fonctionnelle. Certains de notre personnel et des diplômés entreprennent leur PhD dans des domaines aussi divers que les PME, la simulation du trafic routier, les Mobile Information Systems, les Enhanced Telemetric Systems, les politiques d?investissement dans les économies insulaires? A cet effet, il est aussi bon de faire ressortir que nous travaillons avec des universités anglaises, indiennes et américaines aussi bien qu?avec l?université de Maurice et celle de la Réunion.
Propos recueillis par Nazim ESOOF
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