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Fabien Loiseau, apôtre du vin

7 octobre 2007, 00:00

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Incroyable pouvoir que possède le vin. Il arrive à chambouler toute une vie, à faire tourner la tête, à rendre joyeux. Un instant passé en son enivrante compagnie peut se transformer en un moment extraordinaire. Gorgée après gorgée, il titille le palais dans une explosion de saveurs tantôt douces, tantôt âcres. Et ils ne sont pas rares ceux qui dépensent des sommes folles pour enrichir leur cave personnelle d?une bonne bouteille. Eh oui, cette boisson blanche, rouge ou aux teintes rosées renferme un véritable pouvoir.

Mais que cache-t-elle ? Comment arrive-t-elle à provoquer tant d?émotions. Voilà le mystère que cherche à élucider le sommelier. Des yeux, du nez et de la langue, il scanne minutieusement chaque verre de vin qu?il tient entre les mains. Et pour les novices qui regardent pour la première fois un sommelier déguster du vin, c?est une scène assez déroutante.

En effet, observer le savoir-faire du sommelier Fabien Loiseau a de quoi donner des complexes à ceux qui ne voient dans un verre de vin qu?un petit coup qui booste le moral et aide à agrémenter une soirée de fous rires. Quelques conseils du pro : avant tout, attention à bien tenir le verre. Puis, tournez-le délicatement. Ensuite, arrive le moment d?enfoncer le nez dans le verre et d?inspirer. Et finalement, de prendre une bonne gorgée. Et le verdict tombe. Le vin devient l?objet d?une fiche technique. À cet instant, ceux qui ne s?y connaissent pas, préfèrent se taire et écouter ces érudits de l??nologie. Parce qu?il y a de quoi se perdre dans tout ce charabia.

« Le métier du vin permet de découvrir un monde secret. Et puis, l?histoire du vin est accompagnée de celle de France. C?est un monde qui évolue tout le temps, j?ai toujours envie de le découvrir », confie Fabien Loiseau.

Passion du voyage

Cela fait près de deux ans que Fabien Loiseau a mis le cap sur Maurice. Il conjugue sa passion pour le vin à celle du voyage. « Je veux surtout faire connaître le vin aux Mauriciens. Et au niveau des hôtels également il y un potentiel pour que le vin ait plus d?importance et qu?il réponde aux demandes d?une clientèle européenne qui a les moyens.

Je veux que Maurice soit connue pour la touche finale du sommelier, comme c?est le cas en France », explique l?expert.

Et des idées, Fabien Loiseau en a plein la tête. Après avoir passé quelques mois dans une compagnie qui commercialise des boissons alcoolisées, il veut maintenant voler de ses propres ailes. « Je veux tout d?abord continuer l?aventure avec le club Femmes et Vin, en collaboration avec le magazine Essentielle. Puis, organiser des soirées de dégustation dans des hôtels ou des restaurants où les Mauriciens pourront découvrir et déguster divers vins. » La machine est déjà en marche et elle semble être bien huilée. Une soirée pour découvrir les grands vins français est déjà prévue pour vendredi, et une autre le 27 octobre avec le club Femmes et Vins.

« Je suis tombé dedans quand j?étais petit »

Ce n?est pas par hasard que Fabien Loiseau a découvert le monde du vin. « Ma famille était déjà dans la restauration. Donc, je suis tombé dedans quand j?étais petit. Et je savais depuis longtemps que je voulais en faire mon métier. » À l?âge de 14 ans, le sommelier fait ses premiers pas dans la restauration. Il fera quatre ans d?apprentissage dans des restaurants français.

Mais à l?âge de 17 ans, Fabien Loiseau préfère cesser sa formation de sommelier. « J?étais trop jeune. Je n?étais pas à l?aise lorsque je présentais une carte de vin. Pour ce métier, il faut une certaine maturité, pour le sommelier comme pour le client qui a souvent du mal à faire confiance à quelqu?un qui n?a pas d?expérience », explique-t-il.

Il décide donc de suivre une formation de deux ans dans un vignoble. « C?est une expérience qui m?a beaucoup apporté. Lorsque je suis allé dans une école de sommelier, j?étais plus à l?aise que les autres élèves. »

Mais sa décision de se tourner vers ce métier vient également de son désir d?apprendre et surtout, de voyager. « C?est un métier qui permet de voir d?autres horizons, de connaître différentes cultures, terroirs et gastronomies. » Et Fabien Loiseau est effectivement devenu un globe-trotter, toujours à l?affût de nouvelles expériences. Il a beaucoup bougé en France.

Né à Angers, non loin de Nantes, il a travaillé et vécu à Bordeaux où, en plus de la gastronomie et du vignoble, il a fait l?expérience de la vinothérapie, des soins corporels à base de pépins de raisin. Le sommelier a ensuite posé ses bagages pendant quelque temps à Paris.

Le désir de faire de nouvelles expériences le pousse à se rendre aux États-Unis où il restera pendant quelques mois. Mais cela a tourné court. « C?était à la même époque que les attentats. Même si j?étais à Atlanta, nous en avons subi les conséquences. Il y avait une psychose autour de nous, tout était fermé, tout était annulé. On croyait qu?on était tombé en plein dans une guerre », raconte-t-il.

Et voilà que s?organise le retour pour la France. Peu de temps après, Fabien Loiseau se rend dans la Loire où il s?occupe de la visite d?un vignoble et anime des repas de dégustation pendant deux ans.

Il s?apprête à reprendre l?avion pour de nouveaux cieux lorsque son ancien chef sommelier lui propose de travailler aux Maldives. Il y restera huit mois. « Le cadre était magnifique, le soleil, le sable, la mer. Mais il faut avouer que je me suis très vite lassé », confie le sommelier. Malgré le décor paradisiaque, il n?y avait pas grand-chose à faire et il s?ennuyait.

« Le vin est comme un être vivant »

Mais une autre proposition tombe à pic. Le groupe Constance lui propose de venir bosser à Maurice. Commence alors une nouvelle aventure pour lui. Là encore, il ne cesse de bouger afin de connaître d?autres expériences professionnelles.

Aujourd?hui Fabien Loiseau désire se mettre à son propre compte et faire connaître le vin à sa manière et partager sa passion. « Le vin est comme un être vivant. Quand il est jeune, il est différent de lorsqu?il vieillit. Il atteint son apogée vers les 40 ans, puis la qualité se décline », philosophe-t-il.

Mais les choses n?évoluent pas comme il le souhaiterait : « Aujourd?hui avec la mondialisation, on essaie de faire des vins trop stéréotypés. Il n?y a plus de différences dans les vins de différentes années », déplore Fabien. Malgré cela, le vin reste la boisson à être dégustée et appréciée.

« Le plus important, c?est de se faire plaisir. On peut boire un petit vin et l?apprécier en bonne compagnie, ou boire de grands crus en compagnie de gens que nous n?aimons pas et ne pas les apprécier. »

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