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Externalisation : décollage à quel prix ?
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Externalisation : décollage à quel prix ?
Depuis l?an 2000, on a parlé du Business Process Outsourcing (BPO), c?est-à-dire l?externalisation des processus métier qui n?a toujours pas décollé. Ainsi, notre quatrième pilier économique se trouve toujours au sol après le sucre, le textile et le tourisme, aujourd?hui toujours dans le rouge.
Ce n?est pas seulement en mettant en place une infrastructure avec des étages et des ascenseurs qui a coûté des millions ? évidemment payés par les contribuables c?est-à-dire la population mauricienne ? qu?on pourra convaincre l?opinion publique que tout va bien devant la télé ou lors des conférences de presse. Rien n?est fait pour pallier le manque de personnel qualifié, ingénieurs, programmeurs et autres experts, qui devraient être nos ressources humaines indispensables pour faire décoller le BPO.
Cela demande plus d?imagination que de mettre la charrue devant le b?uf. Ce n?est pas en donnant des cours de Word, Excel et PowerPoint à la population qu?on obtiendra l?expertise voulue même pour le low-end BPO. Il faudrait plutôt préparer un calendrier de formation pour des services du domaine BPO bien ciblé.
Certains ne se sont même pas demandé pourquoi certains investisseurs ont choisi de partir en Inde, à Bangalore, après avoir passé quelques jours à Mer-Rouge pour des entretiens et constaté que nos ressources humaines ne sont pas du niveau ou de la dernière technologie requis.
Evidemment, une étude aurait dû être entreprise pour subvenir aux demandes d?autres investisseurs. Les technologies de pointe, tant exigées par ces entreprises européennes et qui coûtent une fortune, ne sont pas à la portée de tous. Ces cours auraient pu être subventionnés par l?Etat pour que davantage de Mauriciens soit formés afin d?acquérir l?expertise nécessaire pour faire décoller le BPO et donner un nouveau souffle à l?externalisation des processus métier. Or, il n?y a eu aucune action dans ce sens.
Maurice se trouve loin derrière l?Inde, la Chine, la Malaisie, le Sénégal, le Ghana et la Tunisie, parmi tant d?autres, qui ont aussi pensé au service d?externalisation pour leur économie avec de meilleures ressources humaines. Si rien n?est fait pour cela, le pays risque d?être confronté à plus de compétition régionale, avec une main-d?oeuvre moins chère. Les responsables de l?Etat feraient mieux de mettre quelques millions dans l?expertise requise pour le BPO avant d?aller de l?avant avec un autre bâtiment comme celui de la Cybertower, payé de fonds publics à travers les fréquentes augmentations des prix.
<B>Rood RAMLOCHUN</B>
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