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Expertise sud-africaine pour la ferme laitière à Salazie
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Expertise sud-africaine pour la ferme laitière à Salazie
Le lait local est en ébullition. La marmite se trouve à Salazie où la firme indienne Creambell Mauritius aménage sa ferme laitière. L?objectif est ambitieux. Les promoteurs visent une production journalière de 100 000 litres de lait frais. Ce faisant, ils satisferont 22 % de la demande locale. Les marques mises en vente sur le marché auront pour nom : Bon Lait, Creambell et Fresh Dairy.
Pour s?assurer de la viabilité du projet, l?entreprise ouvre son capital au premier producteur sud-africain, qui opère dans la région du Cap.
Un accord a été conclu, la semaine précédente, entre la partie étrangère et Creambell représentées par Ravi Jaipuria, président du Board et Rajiv Sant, le directeur Creambell. Le nouveau partenaire qui entre à 50 % dans le capital, gère et dispose d?une dizaine de fermes qui produisent, en moyenne, 100 000 litres de lait par jour. L?expertise sud-africaine sera mise à contribution pour la construction d?étables, la traite et la collecte du lait.
Sise sur un terrain à bail de l?Etat faisant 172 arpents, l?entreprise coûtera Rs 380 millions. La ferme sera réalisée en trois phases : (i) production du lait pasteurisé et mis en sachet, (ii) lancement de dérivés à valeur ajoutée, tels le fromage, le beurre (ghee) et le yaourt, et (iii) mise en place du réseau de distribution pour que les produits puissent être accessibles au plus grand nombre de consommateurs.
Méthodes modernes
Sur papier, l?aboutissement du projet est porteur pour le secteur dominé par les importations. Car les producteurs locaux ne fournissent le marché qu?à hauteur de 3 % uniquement. Avec 100 000 litres additionnels sur le marché, la facture annuelle, de Rs 1 milliard, s?allégera. ?En termes très crus, le pays paye en euros et en dollars pour une produit qu?on peut avoir à partir des pâturages?, commente Rajiv Sant. Et les devises ne quitteront pas le pays.
En attendant, la direction s?attelle à trouver les vaches laitières et l?agencement de l?étable. Il est question d?acquérir celles de la race Frisiean Holstein pour sa production élevée. Des contacts ont été établis en Afrique du Sud, en Australie, en Israël et en Nouvelle-Zélande. Le premier contingent sera de 600, pour passer subséquemment à 1 000 et 3 000 à terme. Pour la collecte, Rajiv Sant affirme que 120 vaches pourront être traites d?affilée.
Selon le directeur de Creambell, le projet est fédérateur. ?Nous sommes le catalyseur dans le secteur. Sur le très long terme, nous voulons absorber la production des autres unités du pays, et répondre à 100 %, à la consommation quotidienne équivalente à 450 000 litres de lait?, fait-il ressortir. Ce faisant les gens seront de plus en plus enclins à se lancer dans la production de lait, selon des méthodes modernes.
Cette ambition de Creambell, par ailleurs, est en phase avec le concept de village laitier que promeut l?Etat. D?ailleurs, le projet-pilote, qui a démarré à Nouvelle-Découverte, à proximité de Salazie, vise à vendre sa production à l?entreprise. Dépendant du succès de la première étape, cinq autres villages seront créés, dotés de toutes les structures et services de soin et de conseil.
L?expert français, le Dr Michel Vaucoret, dans un rapport sur le village laitier soumis à l?Etat, vante les bienfaits économiques de la relance de la production. Elle absorbera la main-d??uvre rurale qui sera sur la touche après la réforme de l?industrie sucrière. Ce processus aboutira à la libéralisation de 12 000 à 15 000 hectares de terres, dont une partie sera disponible pour la culture du fourrage, dont les vaches laitières en consomment par des milliers de tonnes.
Reste à savoir si ce projet, et d?autres en gestation, pourront effectivement réduire la dépendance sur l?importation et redonneront le goût du lait frais aux Mauriciens. Car la production locale n?a pas cessé de chuter ces dernières années, à l?opposé des pays africains tels que l?Afrique du Sud, l?Ouganda et le Kenya qui disposent d?un secteur laitier dynamique tant au niveau de la production et celui de la transformation. ?Je pense qu?avec le développement qu?a connu le pays, l?élevage de vaches a disparu. La situation a perduré, pour des raisons commerciales, en faveur de l?importation du lait en poudre?, fait ressortir l?expert.
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