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Exigences citoyennes

4 février 2008, 00:00

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Et dire qu?il était l?étranger. Cet autre aux droits restreints. Cet homme venu d?ailleurs sous des conditions très précises. Lui, l?homme de passage qui choisira de ne pas passer son chemin. Mais de s?établir. D?enfouir ses racines en terre mauricienne sans jamais couper le cordon ombilical avec la Chine mère.

Et dire qu?il était l?étranger. From alien to citizen, the integration of the Chinese in Mauritius. Histoire de réussite sociale, d?efforts, de sacrifices, d?âpres négociations avec les autorités coloniales britanniques. C?est tout cela, mais aussi l?histoire contemporaine des Mauriciens d?origine chinoise que nous racontent Huguette Ly Tio Fane-Pineo et Edouard Lim Fat. Cet ouvrage dédié à la mémoire des immigrants indiens a été lancé cette semaine. Il est publié aux Editions de l?océan Indien.

C?est la suite de Chinese Diaspora in western Indian ocean, qui s?arrêtait lui avant la deuxième guerre mondiale. Le présent ouvrage va chercher dans les documents historiques pour nous fournir le clés de l?histoire contemporaine.

Comprendre les trois essais infructueux d?utiliser des chinois comme travailleurs engagés pour labourer les champs de canne dès 1760 et enfin en 1840. Si des contingents de laboureurs allant jusqu?à 3 000 entre 1840 et 1843 ? débarquent régulièrement, ces laboureurs signent rarement pour le renouvellement de leur contrat après la période initiale d?engagement. Le nombre de travailleurs engagés chinois disparu progressivement.

<B>Regroupement associatif</B>

From alien to citizen nous fait visiter Chinatown, vénérable quartier portlouisien avec un regard avisé. Ses codes, sa structure d?origine divisée entre les Fukien (les premiers arrivés), les Cantonais et les Hakka. Des fenêtres s?ouvrent sur les «kwon», regroupement associatif qui caractérise les premiers immigrants et leurs descendants. Personne ne semble exister en dehors d?un clan, d?une association. C?est d?ailleurs une reproduction du modèle politique, social et même religieux de la Chine-mère. Elle forme partie de leur identité. Elle est partie intégrante du développement à la fois individuel et communautaire du mauricien d?origine chinoise.

Nous allons derrière les comptoirs des laboutik sinoi, dans l?intimité des mariages souvent mixtes. Nous suivons divers membres influents de la communauté, qui modelèrent sa destinée. Il y a Hayme, soutenu par Farquhar, qui, en 1821, obtient la permission de recruter des artisans à son propre compte. Ou encore Affan Tank Wen, personnage central du changement de statut de l?immigrant chinois, car il eu voix au chapitre dans l?élaboration de la nouvelle constitution de 1886. Il était d?ailleurs accrédité auprès du gouverneur comme chef officiel de la communauté chinoise à Maurice. pour que le chinois soit avant tout Mauricien.

*Disponible en librairie à Rs 475

EXTRAIT

<B>The early phase of immigration: an exclusively male community </B>

■ ?It is a well ascertained fact that the practice of emigration is contrary to the old and fundamental laws of the Chinese empire. Hence has arisen the generally received opinion, that this practice is actually at variance with the wishes and commands of its government, a doctrine which we have every reason to believe is true as far as regards one sex, but erroneous with respect to the other?.

It was with those words that the Governor Farquhar confirmed the unwillingness of Chinese women to emigrate at the beginning of the XIXth century.

On the contrary at that period the emigration of free Chinese men towards Mauritius had already been organized by Hayme, who had spent the years 1821-1826 in China. As a result of his mission, Chinese immigrants were regularly arriving in Port-Louis fourteen years later. The newcomers were select men picked by Hayme?s agent in China. Hayme took charge of them as soon as they landed on Mauritian soil, provided them with lodging quarters in Eastern suburbs of Port-Louis, allowed them some time for rest, until they could be taken over by an older immigrant in need of aid. This first period of ?apprenticeship? was usually spent in a shop in the country district.

At that early period, only a few Chinese had married local women, hence the majority of the immigrants had to evolve a mode of life devoid of the soothing presence of womenfolk, and yet police registers have no record of immoral acts committed by Chinese.

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