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Europe : y a-t-il des raisons d?être optimiste ?
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Europe : y a-t-il des raisons d?être optimiste ?
Les marchés financiers pourraient paraître unanimes. L?Europe serait-elle sur la voie de la reprise économique ? Les rendements sur les obligations, les marchés actions et surtout l?euro ne cessent de progresser, ce qui renforce le scénario d?une croissance mondiale forte en 2004 et 2005.
Les chiffres 2003 affichés par l?Europe sont pourtant peu encourageants, pour dire le moins : croissance négative de 0.1 % en Allemagne, seulement 0.2 % de croissance positive en France, la Suède (+1.6 %) et surtout l?Espagne (+2.4 %) étant des exceptions. La moyenne européenne est de 0.5%, à comparer avec 3.2% aux Etats-Unis, 2.1 % au Royaume-Uni, 8.4 % en Inde, 9.9 % en Chine.
Pour 2004, les prévisionnistes estiment la croissance européenne à 1.9 %, l?Allemagne et la France, qui sont les deux moteurs de l?Europe, devant se trouver à peu près dans cette moyenne.
Les marchés actions ont largement anticipé ce retour à la croissance en Europe : le DAX, c?est-à-dire la principale Bourse d?Allemagne, a gagné 42 % en 2003, contre 20 % pour le CAC40 français. Mais l?Allemagne était vraiment au bord du gouffre début 2003, avec plusieurs grandes entreprises et institutions financières proches de la faillite.
Les marchés obligations anticipent une hausse des taux d?intérêt par la Banque centrale européenne, puisque les rendements sont en hausse depuis quelques mois : les obligations d?Etat à 10 ans sont à 4.09 %, contre 3.91 % il y a un an.
L?euro ne cesse de franchir des paliers face au dollar, titillant depuis le début de l?année les 1.30. Cependant, nous sommes en droit de considérer cette hausse comme ?par défaut?, étant due à la faiblesse intrinsèque du dollar. Le dollar produit en effet des taux d?intérêt extrêmement bas, facteurs d?excès de liquidités.
C?est cet excès de liquidités qui pose problème : traditionnellement, jusqu?en 1999 précisément, les marchés actions américains et européens ont été très peu corrélés entre eux. Par contre, depuis l?année 2000, ces bourses évoluent de façon quasi-strictement identique. Ceci pourrait vouloir dire que ce sont les excès de liquidités qui sont responsables des hausses indiquées ci-dessus.
Les marchés n?ont donc peut-être pas vraiment changé leur opinion sur la croissance européenne. Trop de problèmes cernent l?Europe pour qu?ils soient convaincus d?une reprise : croissance très faible comparée au reste du monde, chômage incompressible, déficits publics, coût des acquis sociaux, élargissement vers l?Est, opinions publiques mécontentes et dissensions politiques à prévoir : les nuages ne cessent de s?amonceler à l?horizon, ce qui ne donne que très peu de bonnes raisons aux marchés d?être optimistes quant à l?avenir économique de l?Europe.
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