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Europe élargie : dernière ligne du marathon électoral

13 juin 2004, 20:00

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Du Portugal à la Lituanie, les électeurs d?une Union européenne, forte de dix nouveaux membres, ont pris part hier au plus grand scrutin qu?ait jamais connu le bloc, dans un contexte de désenchantement vis-à-vis des gouvernements en place.

Des pays autrefois séparés de l?Europe occidentale par le Rideau de fer, tels que la Pologne, la Hongrie, et les petits Etats baltes de Lituanie, de Lettonie et d?Estonie, participent ainsi à leur premier scrutin européen.

Etalée sur quatre jours ? certains pays ont voté dès jeudi ? cette élection est considérée davantage comme une expression de la confiance dont jouissent les équipes au pouvoir que comme un baromètre de l?opinion publique à l?échelle européenne.

Près de 350 millions d?électeurs étaient en tout invités à choisir parmi 14 700 candidats leurs représentants au Parlement européen, 732 sièges étant à pourvoir. L?UE a accueilli en son sein le 1er mai dix nouveaux membres issus principalement de l?ancien bloc soviétique.

Six pays ont déjà fini de voter : Grande-Bretagne, Irlande, Letto-nie, Malte, Pays-Bas et République tchèque. Dans certains pays, des résultats provisoires et des sondages de sortie des urnes indiquent que les électeurs ont sanctionné leurs dirigeants en soutenant des partis d?opposition.

Dans deux pays ? la Lettonie et la République tchèque ? le fort taux d?abstention semblait trahir en outre une certaine apathie de l?électorat.

La Lettonie, première ex-république soviétique à participer à un scrutin européen, a enregistré un taux de participation de seulement 39,9 %, soit le plus bas depuis l?indépendance du pays, en 1991, a déclaré le chef de la commission électorale après le dépouillement des bulletins dans 24 des 33 régions.

Inquiètudes

Quant aux électeurs tchèques, seuls un sur quatre sont allés voter, selon un institut de sondage. Les derniers bureaux de vote devaient fermer hier à 20h00 GMT, les premiers résultats étant attendus peu de temps après. Le centre-droit devrait, selon les sondages, confirmer sa prédominance au sein du Parlement européen.

Selon les résultats provisoires du scrutin aux Pays-Bas, où l?on a voté jeudi, la coalition au pouvoir a perdu des sièges, les électeurs exprimant apparemment leur mécontentement vis-à-vis d?une insuffisante croissance économique, d?un chômage élevé et de Bruxelles.

En Grande-Bretagne, le scrutin européen a eu lieu jeudi en même temps que des élections municipales et a permis aux opposants à la guerre en Irak de dénoncer la politique de leur Premier ministre, Tony Blair.

En Italie, le président du Conseil, Silvio Berlusconi, pourrait lui aussi essuyer les plâtres de son soutien appuyé à la guerre en Irak, tandis qu?à l?inverse le nouveau Premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero bénéficiera vraisemblablement de sa décision de retirer les forces espagnoles de ce pays.

En République tchèque, 10 % des électeurs ont accordé leur soutien aux sociaux-démocrates du Premier ministre Vladimir Spidla, selon l?institut de sondage SC&C. Les Démocrates civiques arriveraient en première position avec 30 % des suffrages.

En Lettonie, un sondage de sortie des urnes réalisé par l?agence de presse balte BNS indique qu?aucun des trois partis membres de la coalition de droite au pouvoir n?a remporté de siège au Parlement.

Les partis nationalistes, populistes et d?extrême-droite risquent de profiter d?un contexte d?inquiétudes liées à l?immigration et à la perspective d?un ?super-Etat? européen. Un fort taux d?abstention leur serait en outre bénéfique, selon des analystes.

Le taux de participation était de 13,56 % à la mi-journée, hier en France, un chiffre très faible historiquement quoique quasiment équivalent à celui du précédent scrutin européen, selon le ministère de l?Intérieur.

En 1999, la participation était en effet de 13,76 % à midi (10h00 GMT). Lors des cinq précédents scrutins européens depuis 1979, les Français se sont toujours très peu mobilisés et ont de moins en moins participé, comme dans les autres élections. Le taux de participation final pour ces élections européennes est ainsi passé de 60,7 % en 1979 à 46,8 % en 1999.

Jeremy Smith

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