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Eurofly renvoie Maurice et l?Italie aux négociations

8 septembre 2005, 20:00

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La dolce vita de Maurice sur le marché italien s?est transformée en montagne russe. Alors que les arrivées chutent, la destination recherche une bouffée d?oxygène : la venue d?un troisième transporteur pour épauler Air Mauritius et Air Europe sur la ligne Italie-Maurice. Si Alitalia hésite toujours, une autre compagnie italienne se montre très intéressée à desservir Maurice. Eurofly, un transporteur basé à Milan, a déjà soumis une demande formelle au gouvernement.

A ce jour, Air Mauritius effectue deux vols hebdomadaires sur l?Italie et compte en ajouter un troisième en janvier. Depuis ses déboires financiers de décembre dernier, Air Europe a réduit sa capacité sur Maurice de moitié. La compagnie italienne a remplacé son Boeing 777 par un Boeing 767 de plus petite taille et n?effectue qu?un vol hebdomadaire au lieu de deux. La chute d?Air Europe a fragilisé l?image de Maurice en Italie, mais les autorités sont confiantes que l?arrivée d?un deuxième transporteur italien changera la donne.

La préférence de l?Etat et d?Air Mauritius va à Alitalia. La compagnie nationale italienne, qui ne respire pas la santé financièrement, risque toutefois de se faire coiffer au poteau par Eurofly. Fondée en 1989, cette compagnie a initialement été la filiale charter d?Alitalia. Depuis juillet 2004, Eurofly appartient totalement au groupe luxembourgeois Effe et se spécialise dans les vols loisirs.

Le demande d?Eurofly lève le voile sur un imbroglio diplomatique au niveau de l?accès aérien. L?accord actuel entre Maurice et l?Italie se limite à la mono-désignation. Ainsi, chaque pays ne peut désigner qu?une compagnie aérienne. C?est ainsi que Air Mauritius et Air Europe ont été choisies pour effectuer les vols Italie-Maurice. L?arrivée d?un deuxième transporteur italien n?étant pas prévue dans l?accord, Maurice et l?Italie auront à retourner à la table des négociations.

Les dernières discussions, qui ont eu lieu en septembre 2004, s?étaient terminées dans une impasse. L?Italie avait imposé une formule qui suivait à la lettre les recommandations de l?Union européenne (UE) en matière d?accès aérien. Maurice avait accepté la pluri-désignation mais ne voulait pas de l?ownership clause de l?UE. Celle-ci aurait permis à n?importe quelle compagnie enregistrée dans les 25 Etats européens d?effectuer des vols entre l?Italie et Maurice.

L?Etat mauricien n?est toujours pas prêt à accepter cette clause. Il craint que des opérateurs peu sérieux ne desservent Maurice, ce qui pourrait compromettre l?image de la destination. À l?exception de l?Italie, tous les pays européens se sont montrés indulgents envers Maurice sur l?ownership clause.

Le gouvernement italien pourrait toutefois adoucir sa position lors des prochaines négociations. Son attitude vis-à-vis de Maurice a changé depuis décembre. Les autorités italiennes avaient publiquement remercié Air Mauritius d?avoir volé au secours des passagers d?Air Europe quand celle-ci avait temporairement arrêté ses vols.

Selon l?accord actuel, chaque transporteur désigné a droit à 800 sièges par semaine sur la desserte Italie-Maurice. Une renégociation de cet accord verrait une augmentation de cette capacité et la pluri-désignation. La compagnie mauricienne compte profiter de la révision de l?accord bilatéral pour obtenir de nouveaux droits. Elle veut avoir l?option de desservir Milan, d?où proviennent 85 % de ses passagers italiens, sans être obligée d?aller aussi à Rome. De plus, elle veut avoir le privilège de desservir la route Milan-Rome-Maurice comme Air Europe. A ce jour, Air Mauritius est obligée de desservir Rome si elle veut atterrir à Milan. Elle doit également desservir les deux aéroports séparément, y compris en période creuse.

La renégociation de l?accord pourrait bien raviver le désir d?Alitalia pour Maurice. Eurofly ne se laissera toutefois pas faire. Les arrivées italiennes, qui se chiffraient à 39 700 l?an dernier, devraient chuter cette année. Maurice espère trouver une solution au plus vite. L?Etat veut d?un opérateur ?sérieux et solide? pour ne pas revivre le cauchemar Air Europe. Mais avant, il faudra passer à la table des négociations. Le menu est aussi embrouillé qu?un bol de spaghettis?

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