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Le directeur général de la Mauritius Film Development Corporation, Selven Naidu, a été limogé sans façon lundi après-midi. Pratiquement en même temps, Harry Booluck et Neerunjun Gopee entraient en fonction respectivement à titre de directeur général de la CWA et de chef technique du ministère de la Santé. Ainsi, 15 mois après l?installation du nouveau gouvernement, les va-et-vient continuent dans les hautes sphères publique et parapublique. Toutefois, maintenant que la lune de miel entre le gouvernement et l?électorat est terminée, ce ne sera pas aussi facile aux dirigeants de donner l?ordre de ?lev paké allé? sans expliquer la logique de leurs décisions.
Certes, il est dans l?ordre normal des choses qu?une majorité fraîchement élue place dans les postes clés des hommes et des femmes en qui elle a totalement confiance. Il faut une parfaite entente entre tous les décideurs publics pour que les rouages de l?administration soient bien huilés. En revanche, si l?opération de chaises musicales ne vise qu?à caser des membres de la coterie qui attendent leurs ?bouttes? et à récompenser des candidats manqués ou battus, il y a lieu de s?inquiéter.
C?est visiblement au mépris de considérations liées à la compétence que Selven Naidu a été prié de partir. Ce réalisateur de talent est contraint de quitter son poste sans qu?aucun reproche spécifique ne lui soit adressé. On peut seulement spéculer sur les raisons de son départ forcé. Le soupçonne-t-on de proximité avec un ministre de l?ancien gouvernement? En tout cas, contrairement au président de la MFDC, Selven Naidu n?a jamais réalisé des clips pour une quelconque alliance politique.
Le départ d?un autre professionnel hautement qualifié, annoncé pour décembre, est tout autant aberrant. Techniquement, il s?agit du non-renouvellement d?un contrat qui arrive à expiration. Mais, en vérité, le gouvernement ne veut pas de lui : Kushan Naik, directeur général de la State Informatics Limited (SIL), une des entreprises d?Etat les plus prospères, est indésirable. Et, c?est probablement parce qu?il a refusé de limoger son ?managing director?, que le président de la SIL, Sanjit Teelock, a lui-même été évincé. Kushan Naik, cheville ouvrière de la SIL pendant la majeure partie de ces treize dernières années, est le neveu de Prem Nababsing, conseiller de l?ancien Premier ministre.
La vague de licenciements, passés ou à venir, de gestionnaires ou de techniciens dont les capacités professionnelles ne sont nullement mises en cause inquiète. Elle peut faire fuir des Mauriciens compétents et intègres qui ne veulent pas se travestir en partisans zélés pour pouvoir aspirer à des postes de responsabilité. Déjà, les sondages révèlent qu?une majorité de parents souhaitent que leurs enfants émigrent.
Les nominations politiques qui font fi des critères de transparence et de méritocratie ont toujours existé chez nous. Mais les précédents gouvernements se gardaient de transgresser certaines traditions. Depuis juillet 2005, les normes ont évolué. Il est possible de nommer aujourd?hui un candidat battu à la direction du MES, alors que ce poste doit être occupé par une personne au-dessus de tout soupçon. Il ne suffit pas que Lucien Finette soit totalement impartial. Encore faut-il qu?il soit perçu comme tel. Surtout que la formule bâtarde de ?ranking? déguisé pour l?attribution des places au collège Royal et au QEC n?inspire pas confiance.
Les réformes de Rama Sithanen ont le mérite de prôner l?ouverture aux étrangers, mais prévenons d?abord l?exode des locaux de grande valeur.
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