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Etat - Sucriers : ?condamnés à parvenir à un accord?
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Etat - Sucriers : ?condamnés à parvenir à un accord?
Une rencontre des plus importantes entre l?Etat et les sucriers est prévue aujourd?hui. Car la poursuite de la réforme détermine l?octroi de fonds par la Commission européenne (CE). Or, le progrès de cette réforme sucrière bute sur des dossiers litigieux, telles la politique énergétique, la centralisation et la cession des terres. Ces sujets devraient être à l?agenda de cette réunion prévue à 15 h 30. La rencontre, la troisième, sera présidée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam.
?Nous sommes condamnés à trouver un accord. Entre le gouvernement et les sucriers, on comprend qu?il faut la réforme - il y va de la survie de l?industrie sucrière. Il faut produire beaucoup plus de sucre blanc. On s?entend aussi sur le fait qu?il faut une distillerie. Là où on ne s?entend pas, on discute autour d?une table?, commente Joseph Vaudin, chief executive officer du groupe FUEL.
Par rapport à l?énergie, les sucriers veulent centraliser la production sur Belle-Vue, Médine, Savannah et FUEL. Mais la capacité de production de ces quatre centrales thermiques est sujette à litige.
La cession de terres est un deuxième point à résoudre. L?Etat a fixé comme condition pour la fermeture de trois usines, notamment celles de Mon-Loisir, de Mon-Désert-Mon-Trésor et de Riche-en-Eau, la cession de 1 500 à 2 000 arpents de terres par l?ensemble des sucriers.
L?Equity qui consiste à rendre les petits planteurs et employés actionnaires des activités sucrières est aussi un autre sujet de discorde. Un tel actionnariat aurait pour résultat la participation financière des petits planteurs et artisans dans la production sucrière, mais aussi dans les distilleries et les centrales énergétiques.
Les représentants de l?Etat et les sucriers se sont aussi rencontrés depuis le 1er juin dans le cadre de deux sous-comités. Ceux-ci avaient été instaurés suite à la date butoir du 31 mai, fixée à l?origine par le gouvernement pour que les sucriers se plient aux conditions par rapport à la fermeture des trois usines.
Décaissement de la CE
L?un de ces sous-comités présidé par Rashid Beebeejaun, vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, examine la question d?énergie. L?autre sous-comité, présidé par Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, se penche sur plusieurs questions liées à la réforme sucrière dont la centralisation et la cession de terres. Les rencontres se sont succédé mais n?ont pas encore débouché sur un accord.
Questionnée sur les délais occasionnés par les discussions en cours entre l?Etat et les sucriers, Claudia Wiedey, chef de la délégation de la Commission européenne, a souligné que le rôle de la CE n?est pas d?intervenir dans la réforme sucrière, mais de vérifier que les objectifs fixés sont atteints et de les mesurer. Et ce, afin de recommander le décaissement. Claudia Wiedey donnait hier une conférence de presse à Port- Louis. La chef de délégation se rend à l?étranger pendant les semaines qui suivent.
Suite à un accord financier signé le 10 mai dernier, une tranche fixe de 6,5 millions d?euros a déjà été déboursée par la CE. ?La stabilité macro-économique a été démontrée et le programme gouvernemental de politique énergétique a été soumis. C?était les deux conditions pour le déboursement de cette somme. Ces conditions ont été remplies et nous avons subséquemment recommandé le déboursement?, explique Claudia Wiedey.
Un deuxième accord financier a été signé entre la CE et le gouvernement mauricien. Celui-ci est pour le déboursement d?une tranche variable. Le montant de cette tranche, qui s?élève à un total de 4 557 millions d?euros, dépend du respect de quatre indicateurs, notamment : la fermeture de trois usines dans le cadre de la centralisation, la signature d?accords sur le Voluntary Retirement Scheme pour 1 500 employés, la formation de 1 500 autres participant au VRS, l?épierrage de 300 hectares cultivés par de petits et moyens planteurs. Le pourcentage des fonds octroyés à chacun de ces indicateurs est de 10 %, 40 %, 40 % et 10 % respectivement. ?Cette tranche est une tranche variable, ce qui signifie qu?il y a des étapes très clairement définies?, souligne Claudia Wiedey.
Le décaissement de cette tranche variable doit être fait durant cette année financière. La délégation de la CE à Maurice recommandera ce décaissement suite à une évaluation de la situation par rapport aux quatre indicateurs. Cette évaluation doit, quant à elle, être faite avant la fin de l?année 2007. ?Il n?y a pas de délai spécifique mais, en principe, la demande d?évaluation devrait être soumise vers le milieu de l?année 2007. Nous avons demandé au gouvernement mauricien quand il souhaiterait que nous procédions à l?évaluation pour la tranche variable?, soutient Claudia Wiedey. La CE procédera donc à l?exercice d?évaluation suite à une réponse du gouvernement mauricien.
Une autre proposition financière par rapport aux 18 pays impliqués dans le protocole sucre sera débattue au niveau de la CE ce mois-ci. Cette proposition comportera aussi des tranches fixes et variables dont l?octroi sera fait si des objectifs sont atteints.
?L?évaluation que nous allons faire devra se baser sur ce qui se passe maintenant. Le temps est une forme de pression. L?évaluation du programme courant est difficile car il faudra faire une évaluation continue?, fait ressortir Claudia Wiedey.
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