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Et pan sur le PAN

2 octobre 2007, 00:00

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N?ayant pu terminer la rédaction de son rapport sur les causes fondamentales de la cinglante défaite électorale du 11 juin 1982, et n?ayant pu le présenter à un congrès travailliste anti-vieille garde, le comité, présidé par le Dr Régis Chaperon, chargé de déterminer ces causes, le rend public quelques jours après, lors d?une conférence de presse, en présence de seuls journalistes et en l?absence donc des congressistes rouges surtout les plus remuants.

L?on pouvait s?attendre à un rapport-fleuve, entrant dans les détails de chaque ingrédient d?une défaite aussi mémorable que cuisante, un rapport volumineux exigeant une rédaction et un examen minutieux et laborieux. Point du tout. Les causes de la fin d?un règne de deux décennies de pouvoir travailliste et ramgoolamien absolu ou presque sont expédiées en seulement trois pages.

Sont mises en cause d?abord ?la conjoncture et les graves problèmes politiques et économiques du pays?, et ensuite ?la faiblesse structurelle du parti pour affronter ses tâches depuis l?Indépendance de 1968?. L?on pourrait penser que les problèmes politico-économiques relèvent directement du gouvernement sortant et donc travailliste sinon ramgoolamien. Cela n?est guère souligné et peut-être avec raison car on ne peut rêver camouflet plus cuisant pour le Premier ministre sortant, Seewoosagur Ramgoolam, qui se trouve être le leader à vie d?un PTr, fondé par Maurice Curé. Comme dirait l?autre, on n?est jamais mieux trahi que par les siens.

Le second constat qui s?impose est que le PTr, ou plus exactement son leader, Seewoosagur Ramgoolam, a eu, jusqu?en 1968, une claire vision de ce qu?il convient de faire, étape par étape, pour que la colonie anglaise de Maurice devienne ? avec les Chagos en moins car volées et recelées par UK et USA ? l?Etat indépendant et souverain de Maurice mais avec toujours la Glorieuse et Gracieuse Elizabeth comme reine et cheftaine d?Etat. Le poteau d?arrivée de l?Indépendance franchi, le 7 août 1967 (à moins qu?il ne s?agisse du 22 août de cette année ou encore du 12 mars de l?année suivante) le parti et le gouvernement travaillistes ne savent plus quelle direction donner à ce qu?il leur reste comme énergie et vitalité. Dans un ultime sursaut, avant de sombrer dans la léthargie la plus complète, ils se contentent de faire appel à leurs ennemis préférés (le secteur privé capitaliste et le PMSD de Gaëtan Duval) pour faire avancer le pays sur le plan économique.

Trois pages, tapées à la machine, pour énumérer les causes d?une défaite électorale ayant,dit-on, secoué l?avenir du parti. Même pas une demi-page pour la défaite dans chaque circonscription, y compris celle du No 5 de Pamplemousses/Triolet répétant, il est vrai, le camouflet de septembre 1970 (élection du militant MMM Dev Virahsawmy, alors ami inséparable d?un certain Paul Bérenger).

Le Rapport Chaperon confirme le manque de vision chronique du PTr après l?Indépendance : ?Avant 1967, le mot d?ordre au sein du PTr est d?en finir avec le colonialisme. Pour cela, syndicalisme et conscientisation de la population aux vertus du suffrage universel, du gouvernement responsable, du système ministériel, de la mauricianisation de la direction de la fonction publique et de différents ministères, sont de mises. Mais quoi faire après ??

Du soutien populaire et ouvriériste d?avant 1963, il ne reste plus grand-chose si l?on tient compte des 44% obtenus par le PMSD créole en 1967, par la victoire du candidat MMM, Dev Virhasawmy, dans le fief de Seewoosagur Ramgoolam en 1970 et par les 30 élus mauves et militants du 21 décembre 1976. De plus, l?image du Parti Travailliste s?estompe jour après jour, au sein de la population rurale, sinon en celui de my people, pour laisser la place, pour le meilleur ou pour le pire, à un gouvernement travailliste, se prostituant allégrement avec ses adversaires d?hier, l?IFB de Sookdeo Bissoondoyal ou le PMSD de Gaëtan Duval, pour ne rien dire de ce secteur privé, honni devant les caméras de la NBC mais pas à Touessrok.

Le ronronnement habituel du PTr aurait été encore acceptable, compte tenu de la dégénérescence attendue de l?IFB, du CAM et du PMSD. Le bon et doux PTr doit encore affronter un nouveau venu aux dents longues et débordant de dynamisme et de vitalité, le MMM, alors en pleine ascendance et faisant de nouveau vibrer la fibre idéologique de la jeunesse mauricienne. La situation empire encore pour le PTr car l?amateurisme, prévalant à la demi-victoire du 21 décembre 1976, cède la place à un professionnalisme irréprochable, principale cause du 60-0 du 11 juin 1982.

Le Rapport Chaperon ne le dit pas mais la conclusion qui s?impose est celle-ci : seule une dégénérescence de la vitalité MMM d?avant le 11 juin 1982 peut permettre au PTr de Ramgoolam de reprendre le pouvoir et l?Hôtel du Gouvernement, à moins que d?ici là une nouvelle force politique ne vienne supplanter un MMM, vieillissant, devenu trop débile et trop sénile pour pouvoir retrouver sa jeunesse et sa vigueur d?avant le 11 juin 1982. Il n?y a pas comme un maroquin ministériel pour ramollir le postérieur d?un politicien.

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