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Essence et diesel plus chers dès samedi

29 septembre 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les automobilistes s?attendaient que cela soit fait lundi mais les prix des produits pétroliers seront révisés à la hausse deux jours plus tôt. Ils pourraient ne pas apprécier non plus le fait que des stations-service ferment plus tôt cet après-midi, comme l?ont laissé entendre des opérateurs. Ces derniers expliquent qu?ils auront à recalibrer leurs compteurs. Ce qui pourrait contrarier ceux qui souhaitaient faire le plein avant l?augmentation de prix.

Les autorités ont pris les dispositions pour éviter toute pénurie artificielle. Le ministère du Commerce dépêchera ses inspecteurs pour veiller à ce que les opérateurs de stations-service ne trichent pas en refusant la vente au public. Un haut cadre du ministère met en garde que toute action dans ce sens est susceptible d?être sanctionnée sous le Consumers Protection Act.

Les prix seront connus demain après-midi, après la réunion trimestrielle du comité sur l?Automatic Pricing Mechanism (APM). Il semblerait que le seuil maximal de 15 % ? la hausse peut varier entre 2,5 et 15 % ? sera appliqué en raison des augmentations successives du coût à l?importation de ces commodités intervenues ces trois derniers mois.

La dernière hausse remonte à juillet alors que le prix du baril se vendait à $44,92 sur le marché londonien, dont les cours servent de référence à la State Trading Corporation (STC), unique importatrice des produits pétroliers à Maurice. Le baril a aujourd?hui franchi le seuil de $50.

Si la hausse maximale prend effet, l?essence se vendra à Rs 28,55 le litre, soit Rs 4 plus cher. Le prix d?un litre de diesel augmentera de Rs 2 pour passer à Rs 17. L?on peut s?attendre à une ruée dans les stations-service aujourd?hui et demain. La STC assure qu?il y a assez de stock pour répondre à la demande. ?Nous avons le niveau de fourniture qu?il faut pour faire face à la situation. Par ailleurs, il y a un tanker qui accoste vendredi?, rassure Ranjit Singh Soomarooah, le General Manager de l?organisme.

Le marché mondial des produits pétroliers ne montre aucun signe d?apaisement. Les cours du brut (excluant l?inflation), se rapprochent du niveau atteint lors du choc pétrolier de 1973-74. Des perturbations géopolitiques et climatiques ont compliqué davantage l?approvisionnement des marchés. La dernière source d?instabilités en date, la tension au Nigeria, cinquième producteur de pétrole de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et septième exportateur mondial. Une rébellion menace de déclarer une ?guerre totale? demain.

L?Arabie saoudite fait une offer

La région du delta est le théâtre d?affrontements entre rebelles et administration politique portant sur l?autodétermination du territoire. Les séparatistes demandent aux compagnies pétrolières de cesser leurs activités dans cette zone qui fournit l?essentiel de la production nationale, soit 2,3 m de baril par jour.

De plus, l?insécurité en Irak continue à mettre en danger les installations pétrolières qui ne peuvent produire selon leur meilleure capacité. La situation au Moyen-Orient nourrit encore plus les instabilités au niveau de la fourniture. Les catastrophes naturelles viennent s?ajouter aux foyers de tension. Le cyclone Ivan a causé de gros dégâts aux infrastructures pétrolières américaines dans la région. Les réparations sont lentes, ce qui entrave une reprise normale des activités de ces raffineries.

Les Etats-Unis, le plus gros consommateur du pétrole, puisent de leurs réserves stratégiques. Il s?agit toutefois d?une mesure exceptionnelle destinée à aider les raffineries à rattraper leur retard. Pas question d?utiliser les réserves stratégiques pour faire baisser les cours mondiaux, insiste l?Administration Bush.

Il existe peu de chances de voir un retournement de la situation dans l?immédiat. Le marché a ignoré une offre faite mardi par l?Arabie Saoudite, un des plus gros producteurs pétroliers du monde, en vue d?augmenter la fourniture par 11 m de barils par jour. Les cours maintiennent leur niveau record de $50. L?Opep, qui contrôle plus de la moitié des exportations de pétrole, produit actuellement 30 m de barils par jour. Il s?agit d?un volume jamais atteint depuis la fin des années 70.

L?arrivée de l?hiver dans l?hémisphère Nord met plus de pression sur la demande en énergie. Les difficultés auxquelles fait face le géant pétrolier russe Yukos n?arrangent pas les choses. La flambée continue des prix du brut peut mettre en péril la croissance économique mondiale. Ces craintes sont exprimées par des baisses notables dans les taux de rendement des obligations en Europe et aux Etats-Unis. Les retours sur les instruments obligataires sont à leur niveau le plus bas en six mois.

A Maurice, l?inflation sera de l?ordre de 4,5 % pour l?année en cours contre 3,9 % en 2003. La hausse dans les prix des produits pétroliers compte pour beaucoup dans cette remontée de la ten-dance inflationniste.

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