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Espagne: une jeunesse indignée dans la rue

17 mai 2011, 20:00

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Espagne: une jeunesse indignée dans la rue

La crise économique frappe de plein fouet les moins de 30 ans. Aux élections locales du 22 mai, la gauche, au pouvoir, risque de pâtir de leur désaffection, écrit le quotidien français l’Express dans son édition en ligne ce mercredi. Analyse.

Ils étaient plusieurs dizaines de milliers, le 15 mai, à battre le pavé à travers les grandes villes d''''Espagne, une semaine avant les élections municipales et régionales partielles, le 22 mai prochain.  Ils  réclament des réformes politiques et sociales. Ils sont las du chômage, "de la corruption des politiciens", et "de la crise". A quelques jours des élections locales, ils s''invitent ainsi dans la campagne pour faire entendre leur voix de citoyens.  "On a l''impression d''être une génération sacrifiée, condamnée à la précarité perpétuelle. Il y a 43 % de chômage chez les moins de 30 ans", affirme Andrea Raboso, une étudiante en histoire de 23 ans devenue l''une des porte-parole du collectif qui défilait dimanche à Madrid.L’Espagne compte   5 millions de chômeurs, soit plus de 21 % de la population active.

Les jeunes qui manifestaient dimanche, et aussi mardi,  ne sont en fait que  la partie émergée de l''iceberg d''un ras-le-bol citoyen, ballotté entre le cynisme de la droite et le silence de la gauche: "Tout ce que les hommes politiques trouvent à nous dire, c''est qu''on a bien de la chance d''être chez nos parents. Mais jusqu''à quel âge? s''indigne Carlos Barriga, 29 ans, diplôme d''ingénieur et master en gestion de biodiversité en poche, mais qui travaille comme serveur dans un bar les week-ends. On nous conseille d''empiler les diplômes qui ne serviront à rien ou bien de partir chercher à l''étranger. Il n''y a pas de place pour nous, ici..." 

"Les réformes entreprises depuis un an par le gouvernement socialiste de Zapatero ont sans doute rassuré Bruxelles (Union européenne) et tempéré les attaques des marchés, mais elles ont démobilisé l''électorat de gauche. Les élus locaux risquent de payer les pots cassés (ce dimanche 22 mai)", analyse Fernando Vallespin, Professeurde sciences politiques à l''Université autonome de Madrid.

Les sondages annoncent d’ailleurs une défaite cuisante pour le Parti socialiste, qui pourrait perdre la mairie de Barcelone, au profit des nationalistes catalans de CiU, et de Séville, au profit du Parti populaire (conservateur), donné grand gagnant des scrutins de dimanche.

On a le sentiment d''une fin de cycle, constate l''analyste politique Josep Ramoneda. Zapatero prépare son départ, il a décidé d''essayer de rester dans l''Histoire comme celui qui, durant son second mandat, aura mené à bien les réformes nécessaires à l''Espagne pour entrer renforcée dans une nouvelle phase, explique-t-il.

«  Face aux déçus de la gauche, la droite, elle, joue sur du velours. Elle lira les résultats de dimanche comme un avant-goût des législatives prévues pour mars 2012. Et cette fois, elle compte bien les gagner”, conclut le quotidien français.
Photo : Manifestation de jeunes contre la précarité, le 15 mai, à Madrid.

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