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Erreur d’objectif
Pour reprendre un cliché, il y a la loi et l’esprit de la loi. La création de l’ “Automatic Pricing Mechanism” (APM) en avril 2004 avait pour principal objectif de mettre fi aux pertes chroniques qu’enregistrent la State Trading Corporation (STC), et en définitive, l’État pour l’importation de produits pétroliers.
Cela faisait des années que le Fonds monétaire international (FMI) insistait inlassablement sur la mise en place d’un mécanisme automatique et transparent d’ajustement des prix des produits pétroliers. Dans son compte rendu des “Article IV Consultations” en octobre 2003, le FMI réitère sa recommandation “in order to address the financial situation of the STC”.
Lorsqu’il avait présenté le projet de l’APM lors du discours du budget 2002-2003, le ministre des Finances d’alors, Paul Bérenger, avait en tête le même objectif. Il avait défini l’APM comme étant “un mécanisme de prix transparent et automatique pour les produits pétroliers qui sera introduit pour éviter que la STC n’encoure un trop grand déficit. Ce mécanisme permettra ainsi d’éviter de grandes fluctuations au niveau du prix des produits pétroliers.”
Un des arguments de vente du FMI, repris ensuite par l’ancien régime, pour faire accepter l’APM auprès des consommateurs, est, qu’avec le nouveau système, des baisses de prix aussi seront possibles, chose qu’on n’avait jamais vu auparavant. Mais l’objectif premier est d’assainir les finances de la STC en pratiquant avec rigueur une politique qui vise à faire payer aux consommateurs un prix qui reflète la réalité du prix mondial.
Il y a aujourd’hui une dangereuse déviation. Le moyen – la répercussion de la réalité des prix à travers un système automatique – est devenu la finalité. Ce qui n’était qu’un emballage de marketing pour rendre l’APM acceptable et crédible est devenu aujourd’hui une préoccupation centrale.
Les milieux proches de l’APM arguent que pour respecter le mécanisme et asseoir sa crédibilité, on ne pouvait faire autrement que de réduire le prix de l’essence de 10 %. Ainsi, ceux à qui on a confié la mission de gérer l’APM pour atteindre l’objectif économique de réduire les pertes du STC seraient donc prisonniers du mécanisme. Si tel est vraiment le cas, modifions l’APM pour qu’il soit plus en phase avec la mission qu’il sert.
Il est totalement inacceptable de prétendre que puisque les pertes sur l’essence ont été réduites, on peut fermer les yeux sur les Rs 2 milliards de pertes globales de la STC. Le gouvernement cite la “consolidation fiscale” comme une de ses priorités absolues et Navin Ramgoolam en a même fait un de ses arguments devant les patrons du Medef à Paris mercredi dernier. De la parole aux actes…
Les automobilistes auraient été soulagés que l’essence n’augmente pas. D’ailleurs, à en croire les chiffres de la STC, ils sont insensibles aux augmentations de prix puisqu’ils sont capables de consommer davantage après une hausse de 20 %. En tout cas, ils pourront faire le plein pour aller montrer leur appréciation au meeting de l’Alliance sociale le 1er Mai.
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