Publicité

Eric Triton <i>Quand l?artiste se balade</i>

2 avril 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?express-samedi était, dimanche dernier, en compagnie d?Eric Triton, de Philippe Capponi, son manager, Jacques Dambreville, directeur de l?Office Départemental de la Culture (ODC) de la Réunion, dans Le chant des îles, émission animée par André Maurice. L?occasion d?une rencontre mémorable avec le chanteur qui a chanté en live.

Le chant de gorge d?Eric Triton, encensée par sa guitare qui se ballade, qui blues et qui swingue, a été une douce caresse. Une fantaisie musicale unique. On est porté, transporté. Eric Triton est libre. Libre de son art, libre de ses errances.

Il ne s?est jamais soumis aux règles du marché. Et c?est tant mieux. «Rencontrer Eric Triton, ça a été comme un flash. Je me suis tout de suite pris d?affection pour lui. Il n?est pas un produit commercial. Sa musique m?a tout de suite plu. Il a un jeu de guitare qui est mature et qui devient de plus en plus fin et précis,» explique Philippe Capponi, le manager devenu l?ami depuis dix ans.

Notre patriote vient d?assurer la première partie d?Eddy Mitchell sur la scène de l?Olympia. Son agenda est surbooké (voir hors-texte plus loin). Notre fierté est grande. A le voir courir ses mains sur sa guitare qu?il tient sur le côté gauche, on se rappelle soudain les mots de Miles Davis, l?ange noir du jazz : «Joue ce que tu sais et joue au-dessus de ce que tu sais.» C?est ce que fait Eric. «J?ai grandi. Aujourd?hui, je sais ce que c?est que d?être un pro. C?est du boulot !» explique-t-il.

A l?antenne, comme en studio, on boit ses mots. On est admiratif. De l?autre côté de la vitre, c?est le ramdam. Le studio réunionnais de la rue Jean Chatel a rarement connu pareille animation un dimanche matin. Techniciens, animateurs et même quelques curieux accourent pour voir le bluesman se produire.

A le voir si brillant et si détendu, on a du mal à croire que quelques minutes plus tôt, il ingurgitait café sur café pour éloigner la nuit blanche qu?il vient de passer. La veille, ses amis réunionnais lui ont fait fête, avant son retour, le soir même sur Paris, son nouveau port d?attache.

Autodidacte de la musique, Eric Triton n?a rien à envier à d?autres musiciens. «J?ai fait l?école buissonnière musicale. On dit que je joue à l?envers, ça me vexait jadis,» confie le chanteur de trente-huit ans. De ce «handicap», il en a fait une force.

D?abord, cette rencontre providentielle avec Jacques Higelin, auprès de qui il a été guitariste, le temps de son escale musicale à Maurice. Aujourd?hui, le gamin de la cité Père Laval a fait du chemin.

Blues dan mwa, le premier album, édité par la maison Yellow Moon à la Réunion, lui a ouvert les portes qu?il pensait inviolables. Des

premières parties de Luther Allison, de Calvin Russel jusqu?à celle de Gérald de Palmas, Eric Triton s?est imposé petit à petit. Porté en triomphe de New York à l?Australie, Eric Triton est devenu une référence.

Avec Nation, cet album distribué sur toute la France, la Réunion, incluse, Eric Triton s?installe. Il a d?ores et déjà signé pour quatre autres albums. Sa musique métisse va enfin être entendue.

Refusant de renier ses origines, Eric Triton y chante son île dans ce créole qu?il aime tant et jongle également avec le français.

L?éloignement d?avec son île, la séparation d?avec ses nombreux frères et s?urs, son installation à Paris, n?ont rien changé à son sentiment d?appartenance à Maurice. Mais il est loin d?être dupe. Il n?ignore pas certaines de nos réalités. «Il est important de casser les barrières. C?est l?heure de créer une vraie culture mauricienne parce que l?unité c?est la seule solution pour créer le paradis,» explique-t-il.

Avant de conclure avec Mari nissa swing, un morceau riche et entraînant, sur lequel Eric Triton caresse et crie, Jacques Dambreville, directeur de l?ODC de la Réunion, l?a invité à participer au Festival de la Guitare, prévu en août à l?île s?ur.

Malgré la chaleureuse invitation, la présence d?Eric Triton à ce festival d?envergure, ne sera possible que suivant les contraintes de son emploi du temps.

«Gérer un développement de carrière n?est pas une mince affaire. Les contraintes sont énormes,» précise Philippe Capponi. C?est la rançon de la gloire. Quoi qu?il en soit, chapeau bas Eric.

«Il est important de casser les barrières. C?est l?heure de créerune vraie culture mauricienne parce que l?unité c?est la seule solution pour créer le paradis.»

«Eric Triton n?a rien à envier à d?autres musiciens. J?ai fait l?école buissonnière musicale. On dit que je joue à l?envers, ça me vexait jadis.»

UN AGENDA REMPLI

Eric Triton sera en concert à la Réunion du 1er au 3 septembre. Auparavant, notre compatriote sera en promotion sur France Inter, France Bleu, Europe 1, RTL et RFI. Il participera à plusieurs émissions de télé, notamment celles de Patrick Sébastien et de Pascal Sevran. Il sera également sur le plateau du journal télévisé de France 2 et de France 3.

Avant de faire la tournée des festivals, il assure également une promotion presse dans les magazines Rolling Stone et Vibration, avant de participer dans diverses campagnes promotionnelles assurées par la Fnac et Showcase. Sa tournée française sera lancée en octobre. Eric Triton sillonnera les villes et les campagnes françaises jusqu?à décembre.

Publicité