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Entre l?acte éducatif et les réalités culturelles
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Entre l?acte éducatif et les réalités culturelles
La revue catholique Marye Pike sort un nouveau numéro dans lequel il est question d?inculturation. Cet ?enracinement de l?évangile dans les réalités socioculturelles?, comme le définit Alain Romaine, en liminaire, doit permettre de ?renforcer l?éducatif?.
Dans le dernier numéro de Marye Pike, des acteurs éducatifs locaux partagent leur expérience et leur réflexion. Pour Alain Romaine, prêtre et directeur de la revue, l?éducation ?contribue à la germination d?un monde nouveau?.
Dans le premier article, Jimmy Harmon, recteur adjoint au collège Notre Dame, rappelle ?la mauricianisation des manuels scolaires?, post mai 1975. On est ainsi loin des textes ?nos ancêtres les Gaulois?, des histoires de Robin et Rita et de Rémi et Marie. ?Une pédagogie inculturée n?est pas tout simplement une prise en compte ou une adaptation de la culture de l?apprenant en milieu scolaire. Elle est plutôt une pédagogie de maturation qui privilégie l?exercice du dialogue, de la sagesse, de la finesse, du souci de la responsabilité et de l?ouverture?, écrit Jimmy Harmon.
Pour Désiré Farla, animateur à l?école de catéchèse de Rose-Hill, ?l?inculturation est le passage obligé de la catéchèse?. Pour lui, l?inculturation permet à l?évangile de pénétrer dans les différentes cultures des jeunes Mauriciens. Il cite notamment des chansons du groupe Negro pou la vie, ans lesquelles il décèle l?influence de l?évangile.
De son côté, Marjorie Desvaux, enseignante, fait un vibrant plaidoyer pour la filière pré-vocationnelle. Elle estime que l?arrivée sur la scène éducative de cette filière, destinée aux recalés du primaire, ?est une aubaine?. Pour elle, le milieu pré-vocationnel est un secteur ?d?une richesse immense? avec la vitalité de ses élèves, et des enseignants enthousiastes. ?Voilà pourquoi nous devons tout mettre en ?uvre pour que le pré-vocationnel fonctionne?, plaide Marjorie Desvaux.
Carl de Souza, écrivain et directeur d?école, est, lui, ?pour un projet éducatif qui irait plus loin que l?école?. ?Laisser autour du terme éducation un flou artistique et nostalgique et ne pas préciser les projets pédagogiques permet à chacun d?y aller de son couplet?, souligne Carl de Souza. Il fait remarquer que l?éducation, à Maurice, demeure largement académique. Pour lui, il ne s?agit cependant pas de réformer la seule école mais, bien plus, ?notre idée de la société et notre vision?.
?Tout Mauricien vit dans un bain interculturel depuis sa naissance?, soutiennent Linda Charles et Maryse d?Espaignet. Ces deux enseignantes catholiques mentionnent la ?tension qui existe à l?intérieur? de chacun. Une tension qui aboutit souvent à des situations de conflit mais qui, si elle est bien canalisée, peut, selon elles, ?contribuer à un enrichissement personnel et mutuel?. ?Prendre en compte l?aspect culturel dans l?éducation des jeunes au sein des collèges catholiques contribue à façonner une identité mauricienne ouverte?.
Pour clore la revue, Daniel Merven, directeur du Centre de formation pour éducateurs, évalue les impacts du concept de mixed ability sur la réalité socioculturelle des collèges catholiques. Marcel Chapeleau, directeur d?école, parle de l?enseignement de Louis-Marie de Montfort, prêtre du 18e siècle et de celui des frères de St-Gabriel, entre autres thèmes.
C?est le sixième numéro de Marye Pike. La revue publie également des extraits de la thèse de doctorat en théologie de Jean-Claude Véder, axée essentiellement autour de l?inculturation intellectuelle dans la société plurielle mauricienne. La revue est éditée par l?Institut catholique de l?île Maurice qui est basé au Thabor, à Beau-Bassin.
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