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Enquête sur un faux document visant à faire libérer un trafiquant

21 septembre 2006, 00:00

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Douteux stratagème que celui employé pour faire libérer sous caution Ashraf Abdul Hamid Sheik Hassen Mohamed Ali, détenu à la prison de Beau-Bassin pour trafic de drogue. Une télécopie parvenue, la semaine dernière, au tribunal de Mahébourg fait, en effet, sourciller. Le document, un ruling émanant du Bail & Remand Court (BRC), fait état de la liberté sous caution accordée à Ashraf Mohamed Ali. Le hic : la signature y figurant est fausse.

Le quartier général de l?Adsu, aux Casernes centrales, et le Master and Registrar de la Cour suprême, Gérard Angoh, ont été informés de cette affaire. Une enquête policière a été ouverte. Elle a établi qu?il y a eu usage de faux pour cette requête.

Aux Casernes centrales, on laisse entendre que l?enquête du Central Criminal Investigation Department (CCID) pourrait aboutir à des premières interpellations d?ici la fin du mois. Trois policiers affectés au BRC ont déjà été interrogés. Les enquêteurs comptent bientôt entendre des clerks de cette cour et ceux du tribunal de Mahébourg. Les magistrats Moutou et Ramano seront également appelés à donner une déposition.

Dans le ruling, en deux pages, figure une demande de caution de Rs 200 000 et une reconnaissance de dette de Rs 500 000 du BRC pour faire libérer le détenu. Il y est également précisé que l?homme doit se présenter au poste de police de sa localité trois fois par semaine. Celui qui en est à l?origine a pris soin d?y mentionner tous les détails de l?affaire. Le nom de Me Raouf Gulbul est ainsi cité comme le défendeur du suspect. L?objection de la police à la libération sous caution y figure également : elle met en avant la gravité du délit, selon l?article 4 du Bail Act.

Lorsque le magistrat Denis Moutou, du tribunal de Mahébourg, prend connaissance du document, il réclame vérification auprès du BRC, où siège la magistrate Asha Devi Ramano. Il obtient confirmation qu?il s?agit d?un faux ruling, non daté, et portant une fausse signature. Le District Clerk Ghoorbin, du tribunal de Mahébourg, et le Police Prosecutor, l?inspecteur Logaretnon Veerabudren, apprennent, en outre, qu?au BRC, le dossier d?Ashraf Mohamed Ali a disparu. Devant la tournure de cette affaire, le magistrat Moutou décide de ne pas émettre de court order autorisant la libération du détenu.

Paiement de la caution

Auparavant, soit avant même que ne soit reçue la télécopie, deux personnes se présentant comme des proches de Mohamed Ali étaient venues pour payer la caution du détenu. La police soupçonne que les intentions des individus ayant imaginé ce plan étaient de s?attaquer au véhicule de la police devant transporter le prévenu de la prison au tribunal. Cela, dans le but de ne pas laisser le temps aux autorités de faire les vérifications nécessaires avant qu?il ne soit libéré.

Ashraf Mohamed Ali, 31 ans, avait été interpellé le vendredi 25 novembre 2005 dans le sillage de l?arrestation de l?Australienne Susan Dalziel, une enseignante d?anglais de 52 ans. Elle avait été appréhendée en possession de 3,5 kilos d?héroïne, dont la valeur marchande est estimée à Rs 35 millions, dissimulés dans le double fond de sa valise.

Outre Mohamed Ali, l?Anti-Drug & Smuggling Unit avait aussi procédé à l?arrestation de Mohsin Hussein Khan Allykhan, 37 ans. Ce dernier est en liberté sous caution depuis le 21 avril. Mohamed Ali avait déjà eu des démêlés avec la police et n?en était pas à sa première condamnation pour trafic de drogue.

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