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Enjeux énergétiques
Le dossier de l?énergie préoccupe de nouveau le gouvernement, comme dans tous les autres pays d?ailleurs, depuis la flambée du cours du pétrole. Le débat a été relancé depuis la fin de l?année dernière et s?est poursuivi avec la hausse des tarifs d?électricité effective depuis le 3 janvier. Le Central Electricity Board (CEB) avait justifié cette majoration principalement par la hausse du prix des produits pétroliers et par la nécessité de redresser sa situation financière.
Aujourd?hui, le CEB lance une nouvelle offensive pour renégocier les contrats des générateurs privés d?énergie électrique, soit les centrales de l?industrie sucrière qui assurent 40 % des besoins en électricité du pays.
La justification de cette démarche reste floue. Le président du CEB, Patrick Assirvaden, se contente de répéter qu?il y a des clauses dans les contrats entre le CEB et les centrales électriques privées qui sont ?en déphasage avec les réalités économiques?. Il faudra bien qu?un jour, qu?il se décide à préciser sa pensée afin que l?on puisse juger de sa pertinence.
En attendant, force est de constater que ce n?est pas la première fois que l?Etat veut remettre en cause ces contrats énergétiques. Le précédent gouvernement Mouvement socialiste mauricien-Mouvement militant mauricien avait également essayé sans grand succès.
Aussi, en attendant de pouvoir juger du bien-fondé de la démarche de l?actuelle administration du CEB, on ne peut que s?aligner sur la position des responsables des centrales électriques privées qui soutiennent que la viabilité financière de leurs projets de même que le soutien des banques internationales qui les ont financées, étaient basés sur les prix et conditions établies.
Vouloir les remettre en cause aujourd?hui ne sera pas sans conséquence pour ces centrales et pour la réputation du gouvernement de Maurice auprès des bailleurs de fonds internationaux. Ce n?est certainement pas ainsi qu?on encouragera l?investissement étranger et local.
Par ailleurs, sur la base des déclarations de Patrick Assirvaden et du ministre des Services publics, Abu Kasenally, il n?est pas dit que ce sont les paiements aux centrales électriques privées ? environ Rs 2 milliards annuellement selon Jack Bizlall ? qui sont la principale cause du déficit accumulé de Rs 2 milliards du CEB.
Les responsables de l?organisme parapublic et du gouvernement citent effectivement le service de la dette pour un emprunt de Rs 2 milliards auprès de l?ADF (institution française de financement), des pertes de Rs 420 millions sur les fluctuations du taux de change, des abus au niveau du paiement des heures supplémentaires, les vols de matériaux, des stocks exagérés de matériaux et pièces de rechange et évidemment un gonflement de la note pétrolière.
S?il est vrai que le CEB est victime de la hausse du cours mondial du pétrole, il est tout aussi vrai qu?il y a eu une mauvaise gestion. On ne peut pas comprendre qu?un organisme qui achète pour Rs 2,4 milliards de produits pétroliers annuellement n?ait pas encore mis en place une politique de ?hedging? pour se prémunir contre les fluctuations des taux de change ! C?est de l?amateurisme caractérisé.
Par ailleurs, on a du mal à réconcilier l?état désastreux des finances du CEB avec sa volonté annoncée de financer la construction d?une centrale thermique brûlant uniquement du charbon à Montagne-Jacquot.
De l?avis du ministre Kasenally, le potentiel de la bagasse pour générer de l?énergie électrique sera bientôt épuisé d?où la nécessité de penser au-delà de 2010. Il est un fait que le charbon a de nouveau la cote dans de nombreux pays telle l?Angleterre depuis la hausse du coût du pétrole.
Mais faut-il que ce soit le CEB qui finance une éventuelle nouvelle centrale à charbon ? Le ministre des Finances parle de la nécessité de revoir les priorités concernant les investissements de l?Etat et évoque une plus grande participation du secteur privé. Ce n?est pas en tentant de renégocier les contrats passés que le gouvernement arrivera à attirer les capitaux du privé.
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