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En roue libre

7 avril 2007, 00:00

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Le moins que l?on puisse dire, c?est que le timbre de Steve Augustin, proche de celui de Jean-Claude Gaspard, ne laisse pas indifférent. S?il laisse à son aîné des chansons à double sens, Steve Augustin, l?inventeur de l?hymne du défunt Fire Brigade, avec son Koutt Tet mo vini, est devenu lui-même une référence dans l?univers de la chanson locale.

Cet enseignant du primaire qui a la finesse d?une brindille, mais il ne faut pas se fier à sa maigreur, n?est pas transparent. Il a du punch et n?hésite pas à dire ce qu?il pense.

Chanteur également dans le circuit hôtelier, Steve Augustin ne chante pas que du séga et sait, comme il convient de le faire, se mettre au diapason d?un public plus demandeur. « Je peux me permettre de chanter du Ramanisum si tel est le souhait de mon public. Je n?ai aucun scrupule à mettre mes compositions de côté pour interpréter Mike Brant ou Michel Sardou. »

«A quand une radio qui diffuserait 100% de musique locale ? Personne n?osera le faire tant que la musique locale ne sera pas acceptée comme faisant partie intégrante de nos vies et de notre culture.»

Partant de cela, Steve Augustin livre un nouvel opus : Tappé la main. C?est un album travaillé au son près, réalisé avec la complicité d?un ami de longue date, Gérard Louis, connu pour son exigence et sa rigueur lorsqu?il s?agit des arrangements et des mélodies. «Cet album vient du c?ur parce que c?est en quelque sorte l?album de la maturité, » explique l?artiste.

Fidèle aussi à son public réunionnais qui lui fait à chaque fois les faveurs de rencontres au cours de desquelles il est traité en VIP, Steve Augustin a appris la patience et la persévérance. Si chez nous, il reste difficile de gagner sa vie en étant chanteur de séga, Steve Augustin déplore le manque de reconnaissance des artistes locaux. «A quand une radio qui diffuserait 100% de musique locale ? Personne n?osera le faire tant que la musique locale ne sera pas acceptée comme faisant partie intégrante de nos vies et de notre culture ».

Les préjugés locaux dit-il, font encore du tort à notre culture. Avec lui, il ne faut jamais perdre le fil. Loin de se contenter uniquement de vouloir faire danser dans les chaumières, il compose pour la masse, avec ce besoin évident de dire ce qu?il a envie de dire.

A trois ans, nous raconte sa mère Arlette, il chantait pour les lavandières de leur quartier de Rose-Hill avec une fougue qui l?a maintes fois laissée pantoise. Lui, ne s?en souvient pas. En revanche, il se remémore avec le sourire, toutes les fois où il a transformé les boîtes de beurre en aluminium en caisse de résonance pour batterie fait maison.

Passionné par son métier, à l?écoute des enfants qui suivent ses classes à l?école RCA de Case-Noyale, Steve Augustin mène une vie tranquille, ponctuée de vraies valeurs tant humaines que morales. Avec ce nouvel opus, Steve Augustin impose sa singularité. Tant mieux pour le séga mauricien.

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