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En quête de vérité
Si Raj Poontah est toute urbanité au téléphone, il a l?air moins épaté de nous voir en vrai. Nous le comprenons vite : d?habitude, c?est lui qui pose les questions, surtout celles qui fâchent. Pour connaître la vérité. Ou, à défaut, mieux comprendre. Ce qui le met forcément sur la défensive. De peur que lui soit réservé pareil traitement.
Le monsieur est expert médicolégal. C?est en Angleterre qu?il exerce le plus. A Maurice, il est intervenu dans plusieurs affaires, notamment dans la mort de Vanessa Lagesse en 2001. Il ne citera aucune autre affaire sur laquelle il a planché. «C?est confidentiel,» se contente t-il de dire. C?est qu?il veut parler d?ADN. Et d?ADN seulement. Parler d?autre chose serait comme s?égarer du sujet. De cela, Monsieur le Pointilleux ne veut pas. «Je suis très méticuleux dans tout ce que je fais? Vous savez, dans la science médicolégale, vous devez souvent travailler avec des quantités microscopiques. C?est pour cela que j?ai tendance à être le plus concentré possible.»
Parlons donc de son centre d?intérêt : Raj Poontah était à Maurice jusqu?à vendredi dernier, pour une conférence sur l?ADN, aux Casernes centrales, à l?intention de la brigade de la Special Supporting Unit. Il était question entre autres, durant la conférence d?exemples de l?utilisation de l?ADN dans le domaine médicolégal, où le trouver sur un lieu de crime, comment le collecter, comment le stocker pour qu?il préserve son intégrité? Car, rappelle-t-il, «l?ADN est très efficace, mais il faut des gens formés pour travailler avec».
C?est ce qui l?a, entre autres, poussé à faire un tour à Maurice. «Je veux rendre le pays sans danger, ou du moins, je veux apporter ma contribution pour que les Mauriciens se sentent en sécurité.» Et d?ajouter : «Il y a de bons officiers ici. Mais ils pourront mieux faire leur travail grâce à de nouvelles compétences, et avec l?appui de technologies nouvelles. Grâce à cela, il n?est pas nécessaire d?utiliser la violence ou la brutalité pour obtenir les confessions d?un criminel.»
«Il y a de bons officiers ici. Mais ils pourront mieux faire leur travail grâce à de nouvelles compétences, et avec l?appui de technologies nouvelles. Je veux apporter ma contribution pour que les Mauriciens se sentent en sécurité.»
D?autre part, il travaille en freelance pour Astor Law Professionals, un cabinet d?avocats situé à Port-Louis depuis trois ans. Persuadé que «l?expérience que j?ai acquise en Europe pendant les trente dernières années seront profitables aux Mauriciens», il explique aussi que grâce à ses contacts, des tests ADN peuvent être faits dans des laboratoires avec lesquels il a établi des protocoles d?accord. Ce qui promet un bon rapport qualité-prix. A savoir que Raj Poontah est un membre actif de la Société de science médicolégale. Il est aussi un membre actif de l?Institute of Traffic Accident Investigators, un institut qui se veut un forum pour communiquer, éduquer, réglementer le domaine d?investigation dans les accidents de la route, entre autres.
C?est à Rose-Belle qu?il est né 56 ans de cela. Il vivra à Surinam, jusqu'à ses 22 ans, quand il s?envole pour l?Angleterre pour des études en ingénierie automobile pendant quatre ans. «Parce c?est ce que je voulais faire» dit-il, brièvement. Il consent finalement à ajouter. «Il n?y avait pas suffisamment d?ingénieurs dans ce domaine à Maurice.»
Quoique ce n?est pas à Maurice qu?il travaillera finalement, mais en Angleterre. Il s?y trouve depuis 32 années. Après ses études dans l?automobile, il travaille pendant huit ans dans ce domaine, plus particulièrement dans les affaires concernant la sécurité routière ainsi que sur des enquêtes sur les accidents de la route. «Par exemple, il nous faut déterminer où se tenait la victime quand il a eu l?accident: si elle a traversé hors du passage pour piétons, ou si elle y était, mais a été traînée sur une distance quelconque?»
En 1994, il poursuit ses études dans le domaine médicolégal cette fois-ci. Depuis, il est expert médico-légal. Son champ d?activité de prédilection : les accidents de la route et la criminalistique. Cette dernière est l?ensemble des techniques mises en ?uvre par la police et la justice pour établir la preuve d'un crime et identifier son auteur.
Pourquoi est-il passé de l?automobile à la science médicolégale ? «Parce que ce sont là des compétences transposables. Dans la mesure où je travaillais déjà sur la sécurité routière en travaillant dans l?automobile. De plus, il y a souvent la nécessité d?une expertise médico-légale sur le lieu d?un accident de la route.»
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