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En mouvement
by Nazim ESOOF
Un nombre record de candidats. Une participation féminine accrue. Une kyrielle de nouveaux candidats. Des indépendants et des petits partis en surnombre venant défier les grands partis traditionnels. Une ambiance de campagne électorale moins primaire que les fois précédentes. Un désintérêt, hormis les inconditionnels, pour le charivari des politiques...
Ce sont quelques traits de la joute électorale en cours qui donnent à penser que la société mauricienne serait en train de passer de l?âge nubile à un âge adulte. Moins de passion donc même si la pyromanie de certains ne nous met pas à l?abri d?éventuels dérives. Ce risque existe du fait que les deux principaux blocs jouent à fond la carte du manichéisme. Certes, ?dans l?intérêt supérieur du pays?, une alliance post-électorale reste une possibilité dans l?éventualité de résultats serrés. Mais il demeure que ces deux blocs se signalent plus par des différences que par des points communs.
La société civile, par la voix des femmes, des jeunes et de certains mouvements associatifs, exerce ainsi une pression constante sur la société politique. Les attentes sont nouvelles. Les exigences moins électoralistes. Ce sont principalement les courants souterrains de la société qui réarticulent les structures politico-sociales dans deux sens principalement. Le premier tend vers le repli extrême. Le conservatisme s?enracine dans ce réflexe de statu quo. Le second exprime une volonté de renouvellement et d?ouverture.
C?est aussi dans la collision de ces deux mouvements contraires que de nouvelles idées sont susceptibles d?émerger. Il faut, à titre d?exemple, s?attendre à ce qu?à l?hymne traditionnel à l?environnement vienne se greffer l?idéologie écologique. D?autres exemples peuvent être cités pour démontrer que la classe politique est arrivée à un tournant et qu?il faudra compter dans les années à venir sur d?autres mouvements, qu?ils soient politiques ou apolitiques.
Afin d?éviter un complet déphasage, les partis opèrent, dans une certaine mesure, un renouvellement de personnel. Mais le système autocratique des partis, régi et commandé par un parlementarisme ambiant, risque de freiner le processus. C?est à une redéfinition des idées qu?ils doivent s?atteler s?ils veulent prévenir leur déliquescence. Une telle affirmation peut paraître grossière mais la rupture entre la classe politique et la conception citoyenne de la vie en société est, elle, bien en cours.
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