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En attendant le boom

23 octobre 2005, 00:00

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Si la Petite et moyenne entreprise (PME) va bien, l?économie va bien. Ce nouvel adage semble convaincre beaucoup de monde depuis quelques années. En appliquant le raisonnement à Maurice, on pourrait dire que si l?économie va mal, c?est aussi parce que nos PME vont mal. L?aide à la création d?entreprises et le soutien aux PME sont un pan important de la politique de démocratisation de l?économie préconisée par le gouvernement. Au Parlement, en août dernier, le ministre des Finances a accordé une grande importance à la relance des PME en annonçant des mesures pour les aider. Mais il y a du chemin à faire?

La tache d?aider et d?encadrer les PME est actuellement dévolue à deux agences : la Small Enterprises and Handicraft Development Authority (Sehda) et Enterprise Mauritius (EM). Mais avant d?aider, il faut se rapprocher de ses interlocuteurs. EM a déjà pris les devants. « Nous avons contacté près de 200 entreprises, y compris des PME, durant les quatre derniers mois. Nous travaillons avec elles pour savoir quels sont leurs besoins et dans quels domaines nous pouvons les aider. »

Le gouvernement souhaite également désenclaver la SEHDA de son siège social de Coromandel. Ainsi, ce seront les trente-cinq Citizens Advice Bureau (CAB) qui seront prochainement appelés à jouer le rôle de première interface entre les petits entrepreneurs et les services publics. Au CAB, un personnel formé sera chargé de les renseigner et de les aiguiller.

Mais se rapprocher de ceux qu?on veut aider ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir fournir aux entrepreneurs des aides pour se payer les services de consultants en entreprises, souvent indispensables pour redresser une société en difficulté ou aider un business à démarrer ses activités en ayant recours aux bonnes techniques de production ou de commercialisation. Le Consultancy Services Scheme dédié aux PME et administré par la SEHDA pourrait ainsi enfin voir le jour dans quelques semaines.

Comme le dit Rama Sithanen, « les PME qui ont recours à des consultants sont plus efficientes et enregistrent de meilleures performances. » Cette formule de prise en charge partielle des coûts de consulting devrait être disponible dans les semaines à venir.

Parallèlement, EM ficelle son Enterprises Development Fund, un fonds d?aide aux entreprises qui leur permettra de retenir les services de consultants dans des domaines d?expertise précis comme le marketing. Lance Wickman, le Chief Operating Officer d?EM, apporte une note d?optimisme par rapport au textile.

« Ce service est étendu aux entreprises textiles. Et nous affirmons aux entrepreneurs qu?il y a de l?avenir dans le textile, pourvu qu?ils se positionnent sur les créneaux porteurs. »

Projet pilote pour la région

S?il y a bien un créneau porteur, ce sont les services. Un secteur d?activités dans lequel les entrepreneurs rechignent toutefois à se lancer. Ainsi EM, en collaboration avec l?International Trade Centre de l?Organisation mondiale du commerce, prépare une National Services Sector Strategy. Cet exercice permettra de dégager une série de mesures ainsi que des aides précises pour soutenir les entreprises existantes mais aussi les entrepreneurs qui souhaitent se lancer dans les services. Maurice sert un peu de projet pilote pour la région Afrique dans les services. Les recettes qui marcheront ici seront ensuite dupliquées dans la région pour aider le développement des entreprises dans le secteur des services.

Toutefois, proposer le meilleur produit ou service ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir les vendre. À ce chapitre, EM et la Sehda effectuent un forcing. Participation aux foires internationales, organisation de salons locaux, tous les moyens sont bons pour faire connaître les entreprises locales à leurs futurs clients. Seul hic, les petits entrepreneurs n?accordent pas suffisamment d?importance à ce genre de manifestations. Même si les choses semblent en train de changer. Il ne sert à rien d?offrir le meilleur cadre possible aux PME si ces dernières ne vont pas au-devant de leurs clients.

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