Publicité

Elle se fait violer en tentant d?échapper à la vente à la barre

18 octobre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Difficultés financières, employés impatients, institutions financières d?aucun secours, vente à la barre? Christiane Rousseau, 58 ans, est prise, selon ses dires, dans un horrible engrenage depuis environ neuf ans. Et un homme sans scrupule n?aurait pas hésité, en prétendant pouvoir l?aider, à la violer. Elle a fait le récit de ses mésaventures lors d?un meeting contre la vente à la barre organisé par Harish Boodhoo, samedi, à La Louise.

En 1994, l?époux de Christiane, feu Pierre Rousseau, décide de construire une usine sur un terrain de 470 toises lui appartenant, à Pailles. Il est âgé de 57 ans et veut, en ce faisant, assurer l?avenir de ses enfants. Il contracte un emprunt de Rs 6,6 m à la Development Bank of Mauritius (DBM). Mais en dépit de l?investissement, l?usine ne marche pas comme prévu. Et trois ans plus tard, Pierre Rousseau se voit contraint de confier ses soucis à son épouse : il est dans l?incapacité de rembourser l?emprunt.

La même année, l?homme meurt d?un cancer en laissant en tout et pour tout Rs 7 000 sur son compte en banque. C?est la descente aux enfers pour Christiane. Les employés de son mari veulent leur lump sum tandis que la DBM veut récupérer son argent. Ses tentatives de vendre l?usine s?avèrent vaines. Elle propose conséquemment un deal à la DBM pour que cette dernière prenne l?usine contre de l?argent qui servirait, entre autres, à payer les employés de son défunt mari.

Découvert de Rs 500 000

Mais la DBM l?informe que l?usine ne peut être vendue. Ce qui suscite des interrogations de la part de Christiane Rousseau. ?Kouma aster la DBM pe loue lizinn la e pe gagn kass lor la, alor ki avan ti pe dir ki pa pe kapav vande ??

Le 28 octobre 1999, une première tentative de vendre l?usine à la barre aurait, en effet, été faite. Mais la démarche se serait avérée vaine.

Entre-temps, la MCB annonce à Christiane Rousseau qu?elle a un découvert (overdraft) de Rs 500 000. Une somme qui devait atteindre les Rs1,7 million avec les intérêts. Mais la banque devait accepter de la ramener à Rs 500 000 à condition que Christiane lui verse la somme avant le 7 septembre 2005. Elle aurait, pour ce faire, demandé l?aide de la DBM. En vain.

Les ex-employés de l?usine, de leur côté, perdent patience. Fâchés de n?avoir pas touché leur dû, ils auraient saisi les meubles de Christiane Rousseau pour les vendre devant le poste de police de Beau-Bassin. Son concubin, Mario, en est révolté. ?Kouma zot inn kapav gagn papie lakour pou pran kitsoz dan nou lakaz ??

Alors que Christiane est confrontée à tous ces soucis, elle fait la rencontre d?un homme qui semblait, selon elle, pouvoir l?aider. La première fois qu?elle l?a vu, dit-elle, il était dans une voiture, en compagnie d?une de ses connaissances. Depuis, l?homme serait venu chez elle à plusieurs reprises. Histoire de lui apporter son soutien. L?année dernière, toutefois, il aurait fait montre de beaucoup moins de ?compassion?.

Il aurait alors invité Christiane à l?accompagner à la MCB sous prétexte que ?li konn enn dimounn ki pou kapav write off mo det?. Mais en chemin, non loin de chez elle, à Beau-Bassin, il aurait feint d?avoir oublié son portable. Une manière d?emmener Christiane chez lui, où il aurait abusé d?elle. Cet épisode finit d?achever Christiane. Elle ne voulut cependant pas témoigner contre celui qui l?aurait agressée. ?Monn plein al lakour.? Tout ce que Christiane attend de la cour aujourd?hui, c?est qu?elle mette fin à son calvaire. ?Fer nevan sa pe ale koumsa.?

Elle souhaite aussi rencontrer les représentants légaux de la DBM et de la MCB simultanément, et ce en présence du juge. Car, explique-t-elle, elle ne cesse de faire le va-et-vient entre les deux avocats.

Publicité