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Elle se bat pendant 40 ans contre l’insalubrité

10 juin 2006, 00:00

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Son combat dure depuis plus de 40 ans. Une habitante de Curepipe se bat pour qu’un minimum de salubrité règne dans l’impasse où elle vit, près de la route du Jardin botanique. Ce qui lui pourrit la vie ? Deux maisons aux cours délaissées et une rivière bouchée par «une centaine de bouteilles en plastique». Comble de l’ironie, les deux maisons appartiennent au ministère de la Santé et de la Qualité de la vie !

Lorsque cette résidente de l’impasse Ulcoq contacte un représentant du Health Centre de Curepipe pour réclamer qu’on nettoie la rivière qui longe sa cour et celles des maisons du ministère, celui-ci lui répond que les autorités sont trop débordées. Elles sont occupées à faire la guerre au chikungunya… Que la rivière en question pullule de larves de moustiques ne semble les interpeller outre mesure.

Si l’habitante de Curepipe concède qu’il arrive que la municipalité daigne intervenir, au rythme d’un nettoyage par an, elle précise aussi que tous les déchets qui sont enlevés de la rivière sont ensuite simplement abandonnés sur les berges. Un jour elle a décidé d’exprimer son ras-le-bol de la plus belle manière qui soit : en allant déposer «deux grands sacs- poubelle remplis de bouteilles en plastique dans le bureau de l’inspecteur de la municipalité» !

Ce parcours du combattant est truffé d’exemples du manque de cohérence entre les discours des autorités et leurs actions. Elle avait, par exemple, contacté Rajesh Bhagwan lorsqu’il était encore ministre de l’Environnement. Elle lui avait fait part de ses doléances par rapport aux jardins des maisons du ministère de la Santé où règnent en maître branches cassées et haies de bambous incontrôlées.

Le ministre avait dépêché la Police de l’environnement sur les lieux. Il n’y a toutefois pas eu de suite. Il faut aussi mentionner l’épisode de l’inspecteur de la municipalité avouant son impuissance face à la situation. Il a déploré ne pas avoir l’autorité requise pour sanctionner le gouvernement.

Opération de nettoyage

Le maire de Curepipe, Christian Hurhangee affirme trouver cette situation «bizarre». « Si la dame est venue, j’estime que le chef inspecteur aurait dû consigner une déclaration par écrit. Si elle n’a pas eu satisfaction, nous pouvons essayer de contacter le ministère et faire le nécessaire.» Il fait également ressortir que la municipalité, de concert avec le ministère de l’Environnement, a récemment entrepris une grande opération de nettoyage.

Cette habitante de la Ville -lumière a, elle, milité inlassablement auprès des autorités : la municipalité, le Health Centre et la Police de l’environnement, en vain. «Cela fait 42 ans que je me bats pour que les maisons soient entretenues et la rivière nettoyée régulièrement.»

Même en temps normal, il n’est pas agréable de vivre à proximité de foyers de moustiques. Mais quand une épidémie comme le chikungunya sévit et qu’on attend une recrudescence du virus vers la fin de l’année, les enjeux augmentent de façon considérable. Il serait peut-être temps pour que toutes les parties concernées mettent la main à la pâte et fassent en sorte que l’impasse Ulcoq retrouve un peu de dignité et, surtout, d’hygiène.

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