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Elle meurt après l?ablation de son utérus

29 octobre 2005, 20:00

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«Misier Jean pu vine tay seve la. » Debout dans son salon d?une autre époque, à Pointe-d?Esny Road, Beau-Vallon, Baboo Marday le coiffeur attend calmement la venue de son vieux client.

Rien sur son visage ne trahit sa peine. Dimanche, à 55 ans, il a enterré Saroj, celle qu?il avait épousée en secondes noces. Elle n?avait que 44 ans et il pensait vivre le restant de ses jours à ses côtés.

Saroj est morte dans la soirée de samedi à l?hôpital Jawaharlal Nehru, terrassée par une septicémie ? une infection générale due à la présence dans le sang de bactéries pathogènes ? provoquée par un intestin perforé.

L?intestin aurait été troué par inadvertance lors de l?ablation de l?utérus de Saroj, quelques jours auparavant à la clinique Medpoint. Malgré les soins des médecins de Rose-Belle, il était déjà trop tard. Des matières fécales avaient déjà envahi son abdomen.

Baboo ne sait plus trop quoi faire. N?étant pas instruit, il ne sait pas s?il doit poursuivre la clinique ni s?il doit écrire au ministère de la Santé afin qu?une enquête soit ouverte sur les circonstances de la mort de son épouse.

D?ailleurs, il ne peut même pas lire la cause du décès de Saroj sur le document que les autorités lui ont fourni. « Dokter la pa pou poursuiv mwa ? » se demande-t-il.

Cela faisait trois ans que Saroj suivait des traitements dans cette clinique. Pour Baboo, il valait mieux dépenser un argent durement gagné dans une clinique privée plutôt que de faire confiance aux hôpitaux publics qui ont mauvaise réputation.

Depuis que le couple s?était marié, son seul rêve était d?avoir un enfant. Mais Saroj n?était plus toute jeune. Il lui fallait suivre un traitement d?un montant de Rs 30 000 afin de réunir les conditions idéales pour la conception d?un bébé.

Le curetage effectué à la clinique n?a rien donné et la grosseur qu?on lui a enlevée a vite refait son apparition. Il n?y avait plus rien à faire. Les fibromes ont commencé à envahir son utérus et la seule chose à faire, c?était de le lui enlever. Coût de l?opération : Rs 35 000. Pour Baboo, il n?y avait pas de raison de ne pas renouveler sa confiance en la clinique.

Perforation de l?intestin

Le 16 octobre, Saroj a donc subi son hystérectomie. Elle a pu rentrer chez elle deux jours après, malgré un début de fièvre, signes avant-coureurs d?une infection. On lui a prescrit quelques médicaments, les médecins pensant sans doute qu?elle souffrait de l?ablation.

Pourtant, dans la soirée du mercredi 19, elle a commencé à se sentir très mal avec l?impression d?étouffer. Elle a été emmenée le lendemain matin à l?hôpital de Rose-Belle.

Les médecins décèlent une perforation de l?intestin en l?emmenant en salle d?opération. Il n?y avait presque plus rien à attendre car le mal était fait. Saroj est morte deux jours après d?une péritonite et d?une septicémie, d?après le médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin.

Comme la patiente est décédée à l?hôpital, une enquête a immédiatement été ouverte par le ministère de la Santé. « Tout laisse croire qu?on a affaire à un cas de négligence. Le dossier sera transmis au Medical Council », laisse-t-on entendre au ministère.

Du côté de la clinique Medpoint, l?on ne comprend toujours pas ce qui s?est passé. « The operation was successful. There was no problem when she was discharged. The patient was absolutely ok when she left the clinic. I really have no idea what happened », fait ressortir son directeur, le Dr Krishna Menon.

D?après lui, c?était une intervention de routine pour le gynécologue qui a opéré Saroj. Baboo, lui, ameute déjà ses neveux qui sont à l?école pour lui rédiger une lettre de demande d?explication?

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