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Elizabeth II entretient l?Entente cordiale à Paris
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Elizabeth II entretient l?Entente cordiale à Paris
<B>LA REINE</B> Elizabeth d?Angleterre est attendue lundi en France pour une visite d?Etat de trois jours très symbolique à l?occasion du centenaire d?une Entente cordiale qui n?a pourtant pas toujours très bien porté son nom.
Signé le 8 avril 1904, ce traité a été élaboré pour faire taire les rivalités entre les deux puissances coloniales. Si cette Entente est l?une des plus vieilles alliances politiques au monde ? Français et Britanniques se sont depuis battus côte à côte dans deux conflits mondiaux, ? elle a, jusqu?à la guerre en Irak, été émaillée de multiples accrocs et n?a jamais fait taire la vieille rivalité entre les deux peuples.
Depuis le célèbre ?non? du général de Gaulle à l?entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun, Londres a forgé une relation très étroite avec Washington tandis que Paris n?a cessé de jouer le rapprochement avec Berlin. Mais si les ?Rosbifs? se moquent des ?Frogs? ? et inversement ? des millions d?entre eux n?en franchissent pas moins chaque année le tunnel sous la Manche dans les deux sens.
Après les accrochages presque quotidiens l?année dernière sur le dossier irakien, responsables français et britanniques cherchent à soigner l?image de leur relation. Malgré les conflits, sur le dossier de la Politique agricole commune (Pac) notamment, le président français Jacques Chirac et le Premier ministre britannique Tony Blair ont également cherché à peaufiner leur relation. Certains, comme Dominique de Villepin, ministre français des Affaires étrangères au moment de la crise irakienne, positivent en estimant que les deux pays partagent ?un sens aigu de l?indépendance, un certain orgueil national, le refus du renoncement et une foi absolue en la justice et la liberté?.
Katinka Barysch, économiste du Centre pour la réforme européenne, basé à Londres, considère qu?au fond, la Grande-Bretagne et la France se rejoignent sur un grand nombre de questions de politique étrangère, des Balkans à l?Iran en passant par la conception du rôle central des gouvernements nationaux dans la construction européenne. ?Je crois que Blair et Chirac ne se font pas confiance mais ils savent qu?ils doivent s?accommoder de l?autre.?
Paul Majendie
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