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Egypte: «Il n''y a pas de péril mortel à court terme pour Israël»
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Egypte: «Il n''y a pas de péril mortel à court terme pour Israël»
Depuis trois semaines maintenant, la population égyptienne continue de demander le départ du président Hosni Moubarak. Ils étaient des centaines de milliers mardi, au Caire. Ce soulèvement  pourrait inquiéter son voisin israélien, selon Frédéric Encel, maître de conférences à Sciences Po et auteur de l’ouvrage Regards croisés sur le Proche-Orient, éd. Yago.
Dans une interview accordée à Bérénice Dubuc,de 20 Minutes.fr,  Encel estime qu’Israël a des raisons d’être inquiet. « Le problème le plus important pour Israël est celui de sa sécurité. Or, l''''Egypte est l’un des deux seuls pays arabes à avoir signé un accord de paix avec l’Etat hébreu, en 1979. L’objectif d’Israël est de maintenir l’accord de paix en l’état, car c’est une paix extrêmement intéressante pour lui. Et si un gouvernement islamo-nationaliste devait prendre le pouvoir en Egypte, cela remettrait en cause l’équilibre des relations entre les deux pays », soutient-il.
Avant d’ajouter qu’un éventuel gouvernement  dirigé par les Frères musulmans ne s’attaquerait pas à Israël. Il serait de toute façon dans une très mauvaise posture pour le faire, puisque l’entraînement des troupes égyptiennes et  la fourniture de matériel par les Etats-Unis dépendent  du respect de l’accord de Camp David. « L’ennui, c’est plutôt que l’avènement d’un gouvernement islamo-nationaliste amènerait forcément un changement de prérogatives »,  poursuit l’invité de 20Minutes.fr.
« Cependant, il y a peu de chance que les Frères Musulmans prennent le pouvoir. Ils sont plutôt intéressés par des problématiques sociales, de mœurs, pas par la géopolitique. Mais il y a malgré tout un risque. Comme Nasser en 1967, le gouvernement pourrait utiliser l’exaspération de la population pour tendre le doigt vers l’étranger, et provoquer un regain de tension avec Israël. Mais il y a très peu de chance qu’un changement de régime advienne. On peut changer d’homme, Moubarak est le symbole de ce régime, mais les principaux cadres demeurent. Et le vice-président, Omar Souleimane, est soutenu par Israël. Si Israël devait choisir un successeur à Moubarak, ce serait lui qu’il choisirait. C’est la meilleure solution pour lui », affirme Frédéric Encel.
Et de conclure : « Israël a raison de s’inquiéter de la remise en cause de l’accord de Camp David, mais il n’y a pas, selon moi, de péril mortel à court terme. Israël peut craindre les petits changements, mais pas plus».
Source : 20minutes.fr
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